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Reproduction porcine, les bons gestes à reproduire
 

GAEC DU ROCH VALAN À MALGUÉNAC (56)
L'une des meilleures productivités par truie

Avec 28 à 29 porcelets sevrés par truie productive, le Gaec du Roch Valan est l'un des plus performants de son groupement (la Cecab)et même très certainement de l'ensemble des éleveurs de porcs. Pour Bernard Guégan, le responsable de l'élevage d'une centaine de truies, c'est le résultat de la passion et du temps passé.

Après avoir travaillé dans une station de sélection porcine, Bernard Guégan s'est installé en 1978 avec son épouse Dominique. Mais, alors qu'il avait toujours rêvé de faire du porc, les circonstances ont fait que ce soit en production laitière qu’il s’est installé.

Le porc ne viendra que bien plus tard, en 1993, quand les époux Guégan s'associeront en Gaec avec Philippe Le Bot, un ancien contrôleur laitier. L'occasion naturellement de lui confier le troupeau laitier et de créer un autre atelier sur les conseils du centre de gestion. Pour Bernard, ce ne pouvait bien sûr être que du porc.

Jusqu'en fin 1995, l'élevage sera seulement naisseur, avec la partie gestantes en plein air. Cette année là il y aura aménagement d'un post-sevrage (dans l'ancienne étable à taurillons) et construction de bâtiment d'engraissement pour la moitié des porcelets, l'autre moitié venant en 1997. En 1998 enfin, la partie gestante se fera aussi en bâtiments. Le tout pour un élevage d'une centaine de truies et même moins maintenant compte tenu de l'augmentation sensible de la productivité en porcelets.

Des cochettes bien soignées

Tous les reproducteurs sont achetés au groupement, qui travaille dans le cadre du Gie ADN (les cochettes Adénia sont des LW x LR et les verrats des LW x Piétrain). Les cochettes sont achetées en fonction des besoins par bandes de 6 à 8 (vers 5 mois et demi à 110 - 115 kg) mais en veillant bien à ne pas être en rupture. Elles sont reçues en quarantaine sur paille "avec alimentation et caresses à volonté. Les cochettes doivent être en bon état pour avoir par la suite une bonne ovulation".

Auparavant, elles restaient 6 semaines en quarantaine. Maintenant elles y restent moins longtemps et passent plus de temps en local gestantes (avec la ration des gestantes) pour acquérir le microbisme de l'élevage. Mais, avant comme maintenant, la saillie ou l'insémination ne se fait jamais moins de 9 semaines après l'arrivée.

En pratique, elles ont été en chaleur 2 ou 3 fois avant l'insémination ou la saillie : "Elles se font 9 à 10 semaines après l'arrivée. Je fais le moins possible de "Régumate" et j'arrive à les rentrer dans les bandes sans trop de problèmes".

Trois inséminations ou saillies

La préparation des truies pour la reproduction démarre dès le lundi avant le sevrage qui a lieu le jeudi. Dès le lundi la ration diminue pour descendre à 3 kg le mercredi et le jeudi. Ce jeudi, les truies reçoivent une injection de vitamines AD3E (7 cc) et le jeudi soir les jeunes truies (1ère portée) reçoivent une demi-dose de PG 600 pour être en chaleurs le lundi. Dès le vendredi la ration remonte pour être à volonté le samedi et le dimanche. Quant à l'eau, elle n'est jamais rationnée.

La détection des chaleurs se fait dès le lundi matin. Toutes les truies passent en ring avec un verrat souffleur. En pratique, à peu près 80% sont détectées en chaleurs. Pour celles qui sont les premières en chaleurs (ou supposées telles), c'est la saillie naturelle dès le lundi matin et elles seront inséminées le mardi matin. Les autres seront inséminées le lundi soir puis le mardi soir (ou saillie pour celles qui ont une insémination moins facile).

Ce même lundi soir les 20% non en chaleurs le matin seront à nouveau détectées. Celles en chaleurs seront inséminées le mardi matin puis 24 heures après. Le mercredi matin il y a une nouvelle détection des truies toujours en chaleurs et pour celles-là, nouvelle insémination ou saillie : "En pratique, une bonne partie des truies ont trois IA ou 2 IA et une saillie".

Dans le local des gestantes les truies gardent toujours la même place pendant une quinzaine de jours: "C'est important de ne pas les bouger les 15 premiers jours et de garder les mêmes voisines pour éviter les énervements. Ensuite je les déplace dans un autre bâtiment mais toujours dans le même ordre". Pendant les 15 premiers jours elles reçoivent également une alimentation à volonté. Les vaccinations nécessaires sont aussi bien sûr réalisées pendant la gestation.

Trois semaines après les inséminations, il y a une surveillance des retours éventuels en chaleurs, mais sans verrat. Par contre, il n'y a pas d'échographie pour détecter les gestations : "J'en ai fait pendant deux ans pour détecter 2 truies sans petits..."

Des mises bas surveillées

Les truies rentrent en maternité le mercredi, une semaine avant la mise bas. Le bâtiment a bien sûr été lavé et désinfecté auparavant. Dès leur rentrée, les truies reçoivent un anticoccidien (Baycox) et l'aliment allaitantes : "Elles ont ainsi une meilleure consommation à la mise bas".

Le mercredi matin avant la mise bas, les truies ont une injection de prostaglandines. Les premiers porcelets naissent le mercredi soir parfois mais surtout le jeudi matin : "Ce jour là je suis dans la maternité à partir de 5 heures du matin, la très grande majorité des truies mettant bas entre 5 heures et 16 heures. Toute la journée, il y a quelqu'un dans la maternité pour surveiller, même si nous intervenons le moins possible (pratiquement jamais d'Ocytocine par exemple)".

A la mise bas, toutes les truies reçoivent 30 à 50 cc de calcium en intra musculaire et en fin de mise bas elles ont 4 à 5 cc de "Sergotonine" pour favoriser la délivrance. Le jeudi soir elles ont en plus une injection d'anti inflammatoire et 24 à 36 heures après la mise bas 2 cc de prostaglandines ("Dinolytique") pour bien nettoyer les cornes utérines.

Le jeudi soir, les truies reçoivent une alimentation normale puis la ration augmente assez rapidement en fonction de l'appétit mais jamais de plus de 500 g par jour.

Des porcelets chouchoutés

À la naissance, les porcelets sont essuyés et dans l'heure qui suit, ils reçoivent un antibiotique. En fin de mise bas les portées sont allotées pour les homogénéiser sauf si chaque porcelet a sa tétine. Le lendemain ils reçoivent du fer et les queues sont coupées. Par contre, sauf cas particulier les dents ne le sont pas.

Le lundi, ils ont une vaccination mycoplasme (avec rappel trois semaines après) et ont à disposition une augette avec de la tourbe. Les mâles sont castrés dans la semaine. A huit jours les porcelets reçoivent un aliment démarrage et un "1er âge" à quinze jours.

Quinze jours avant sevrage, les truies sont vaccinées contre le rouget et la parvovirose (le lundi comme pour toutes les vaccinations). Le sevrage a lieu à 28 jours et une truie prévue pour l'abattoir "adopte" éventuellement les plus petits porcelets de la bande.

Des résultats exceptionnels

Toutes ces attentions portées aux truies et aux porcelets permettent des résultats assez exceptionnels et en progression permanente (voir tableaux). Sur un an, le nombre de porcelets sevrés par truie productive est de 28,4 et sur les six derniers mois, il dépasse 29.

Pour Bernard Guégan, un des problèmes à résoudre pour progresser encore est celui des pertes après la naissance : "Pour les truies, il faudrait un minimum de 14 tétines car le nombre de porcelets nés a augmenté considérablement. Il faudrait aussi améliorer les qualités maternelles (le schéma génétique va proposer une introduction d'un peu de sang chinois dans ce but) et trouver une solution pour récupérer les porcelets en surnombre".

Mais, avant tout cela, pour les éleveurs, "la réussite de l'élevage c'est du temps et de la passion pour ce que l'on fait". Les échanges entre éleveurs ont aussi beaucoup apporté à Bernard qui fait partie d'un groupe Porc. Il lui reste maintenant à espérer des cours d'un autre niveau pour concrétiser financièrement les efforts et les résultats techniques d'un élevage relativement récent.

Le Gaec en bref

Associés :
• Bernard Guégan
(responsable atelier porc)
• Dominique, son épouse
• Philippe Le Bot
(responsable atelier lait)

SAU : 115 ha dont :
- céréales 30 ha
- Maïs fourrage 20-22
- Herbe 65 ha env.

Productions :
- 65 VL et la suite
- 95-100 truies et
l’engraissement avec
la Cecab.

Jean-Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 9 Juin 2000
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