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Après avoir
travaillé dans une station de sélection porcine, Bernard Guégan s'est
installé en 1978 avec son épouse Dominique. Mais, alors qu'il avait
toujours rêvé de faire du porc, les circonstances ont fait que ce soit en
production laitière qu’il s’est installé.
Le porc ne viendra que bien plus tard, en 1993, quand les époux Guégan
s'associeront en Gaec avec Philippe Le Bot, un ancien contrôleur laitier.
L'occasion naturellement de lui confier le troupeau laitier et de créer un
autre atelier sur les conseils du centre de gestion. Pour Bernard, ce ne
pouvait bien sûr être que du porc.
Jusqu'en fin 1995, l'élevage sera seulement naisseur, avec la partie
gestantes en plein air. Cette année là il y aura aménagement d'un
post-sevrage (dans l'ancienne étable à taurillons) et construction de
bâtiment d'engraissement pour la moitié des porcelets, l'autre moitié
venant en 1997. En 1998 enfin, la partie gestante se fera aussi en
bâtiments. Le tout pour un élevage d'une centaine de truies et même moins
maintenant compte tenu de l'augmentation sensible de la productivité en
porcelets.
Des cochettes bien soignées
Tous les reproducteurs sont achetés au groupement, qui travaille dans le
cadre du Gie ADN (les cochettes Adénia sont des LW x LR et les verrats des
LW x Piétrain). Les cochettes sont achetées en fonction des besoins par
bandes de 6 à 8 (vers 5 mois et demi à 110 - 115 kg) mais en veillant bien
à ne pas être en rupture. Elles sont reçues en quarantaine sur paille
"avec alimentation et caresses à volonté. Les cochettes doivent être en
bon état pour avoir par la suite une bonne ovulation".
Auparavant, elles restaient 6 semaines en quarantaine. Maintenant elles y
restent moins longtemps et passent plus de temps en local gestantes (avec
la ration des gestantes) pour acquérir le microbisme de l'élevage. Mais,
avant comme maintenant, la saillie ou l'insémination ne se fait jamais
moins de 9 semaines après l'arrivée.
En pratique, elles ont été en chaleur 2 ou 3 fois avant l'insémination ou
la saillie : "Elles se font 9 à 10 semaines après l'arrivée. Je fais le
moins possible de "Régumate" et j'arrive à les rentrer dans les bandes
sans trop de problèmes".
Trois inséminations ou saillies
La préparation des truies pour la reproduction démarre dès le lundi avant
le sevrage qui a lieu le jeudi. Dès le lundi la ration diminue pour
descendre à 3 kg le mercredi et le jeudi. Ce jeudi, les truies reçoivent
une injection de vitamines AD3E (7 cc) et le jeudi soir les jeunes truies
(1ère portée) reçoivent une demi-dose de PG 600 pour être en chaleurs le
lundi. Dès le vendredi la ration remonte pour être à volonté le samedi et
le dimanche. Quant à l'eau, elle n'est jamais rationnée.
La détection des chaleurs se fait dès le lundi matin. Toutes les truies
passent en ring avec un verrat souffleur. En pratique, à peu près 80% sont
détectées en chaleurs. Pour celles qui sont les premières en chaleurs (ou
supposées telles), c'est la saillie naturelle dès le lundi matin et elles
seront inséminées le mardi matin. Les autres seront inséminées le lundi
soir puis le mardi soir (ou saillie pour celles qui ont une insémination
moins facile).
Ce même lundi soir les 20% non en chaleurs le matin seront à nouveau
détectées. Celles en chaleurs seront inséminées le mardi matin puis 24
heures après. Le mercredi matin il y a une nouvelle détection des truies
toujours en chaleurs et pour celles-là, nouvelle insémination ou saillie :
"En pratique, une bonne partie des truies ont trois IA ou 2 IA et une
saillie".
Dans le local des gestantes les truies gardent toujours la même place
pendant une quinzaine de jours: "C'est important de ne pas les bouger les
15 premiers jours et de garder les mêmes voisines pour éviter les
énervements. Ensuite je les déplace dans un autre bâtiment mais toujours
dans le même ordre". Pendant les 15 premiers jours elles reçoivent
également une alimentation à volonté. Les vaccinations nécessaires sont
aussi bien sûr réalisées pendant la gestation.
Trois semaines après les inséminations, il y a une surveillance des
retours éventuels en chaleurs, mais sans verrat. Par contre, il n'y a pas
d'échographie pour détecter les gestations : "J'en ai fait pendant deux
ans pour détecter 2 truies sans petits..."
Des mises bas surveillées
Les truies rentrent en maternité le mercredi, une semaine avant la mise
bas. Le bâtiment a bien sûr été lavé et désinfecté auparavant. Dès leur
rentrée, les truies reçoivent un anticoccidien (Baycox) et l'aliment
allaitantes : "Elles ont ainsi une meilleure consommation à la mise bas".
Le mercredi matin avant la mise bas, les truies ont une injection de
prostaglandines. Les premiers porcelets naissent le mercredi soir parfois
mais surtout le jeudi matin : "Ce jour là je suis dans la maternité à
partir de 5 heures du matin, la très grande majorité des truies mettant
bas entre 5 heures et 16 heures. Toute la journée, il y a quelqu'un dans
la maternité pour surveiller, même si nous intervenons le moins possible
(pratiquement jamais d'Ocytocine par exemple)".
A la mise bas, toutes les truies reçoivent 30 à 50 cc de calcium en intra
musculaire et en fin de mise bas elles ont 4 à 5 cc de "Sergotonine" pour
favoriser la délivrance. Le jeudi soir elles ont en plus une injection d'anti
inflammatoire et 24 à 36 heures après la mise bas 2 cc de prostaglandines
("Dinolytique") pour bien nettoyer les cornes utérines.
Le jeudi soir, les truies reçoivent une alimentation normale puis la
ration augmente assez rapidement en fonction de l'appétit mais jamais de
plus de 500 g par jour.
Des porcelets chouchoutés
À la naissance, les porcelets sont essuyés et dans l'heure qui suit, ils
reçoivent un antibiotique. En fin de mise bas les portées sont allotées
pour les homogénéiser sauf si chaque porcelet a sa tétine. Le lendemain
ils reçoivent du fer et les queues sont coupées. Par contre, sauf cas
particulier les dents ne le sont pas.
Le lundi, ils ont une vaccination mycoplasme (avec rappel trois semaines
après) et ont à disposition une augette avec de la tourbe. Les mâles sont
castrés dans la semaine. A huit jours les porcelets reçoivent un aliment
démarrage et un "1er âge" à quinze jours.
Quinze jours avant sevrage, les truies sont vaccinées contre le rouget et
la parvovirose (le lundi comme pour toutes les vaccinations). Le sevrage a
lieu à 28 jours et une truie prévue pour l'abattoir "adopte"
éventuellement les plus petits porcelets de la bande.
Des résultats exceptionnels
Toutes ces attentions portées aux truies et aux porcelets permettent des
résultats assez exceptionnels et en progression permanente (voir
tableaux). Sur un an, le nombre de porcelets sevrés par truie productive
est de 28,4 et sur les six derniers mois, il dépasse 29.
Pour Bernard Guégan, un des problèmes à résoudre pour progresser encore
est celui des pertes après la naissance : "Pour les truies, il faudrait un
minimum de 14 tétines car le nombre de porcelets nés a augmenté
considérablement. Il faudrait aussi améliorer les qualités maternelles (le
schéma génétique va proposer une introduction d'un peu de sang chinois
dans ce but) et trouver une solution pour récupérer les porcelets en
surnombre".
Mais, avant tout cela, pour les éleveurs, "la réussite de l'élevage c'est
du temps et de la passion pour ce que l'on fait". Les échanges entre
éleveurs ont aussi beaucoup apporté à Bernard qui fait partie d'un groupe
Porc. Il lui reste maintenant à espérer des cours d'un autre niveau pour
concrétiser financièrement les efforts et les résultats techniques d'un
élevage relativement récent.
Le Gaec en bref
Associés :
• Bernard Guégan
(responsable atelier porc)
• Dominique, son épouse
• Philippe Le Bot
(responsable atelier lait)
SAU : 115 ha dont :
- céréales 30 ha
- Maïs fourrage 20-22
- Herbe 65 ha env.
Productions :
- 65 VL et la suite
- 95-100 truies et
l’engraissement avec
la Cecab. |