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Ille et Vilaine (35)
Améliorer les matières grasses du lait est possible
 
Les industriels du lait ont les yeux rivés sur leurs clients : les consommateurs. Ceux-ci expriment plus ou moins des besoins nouveaux en matière de santé (matières grasses, cholestérol, allergies…), d’environnement (respect des paysages et des animaux) ou encore de proximité du producteur. C’est l’analyse de Marc Belhomme (Triballat) devant les adhérents de Coopédom lors de l’assemblée générale. « Les matières grasses d’origine animale sont dans le collimateur des diététiciens », rajoute Gérard Maréchal (Lactalis).
C’est toute la question de la consommation de beurre qui se trouve posée. Comment enrayer son déclin, surtout s’il n’est plus soutenu (aides aux beurres industriels) ? Il y a bien quelques propositions pour fournir des produits laitiers qui mettent en avant les oméga 3. « Cela restera une niche. Les consommateurs achètent d’abord en fonction du prix », analyse Joël Adam de Coralis. Des fabrications de ce type exigent des collectes et des transformations distinctes que les transformateurs ne sont pas prêts à mettre en place pour des questions de logistique et de coût. Toutes les laiteries ont cherché depuis plusieurs années à rationaliser la collecte, difficile de revenir en arrière. Le lait doit donc être apte à toutes les fabrications. Inutile de préciser que les laiteries veulent que la charte des bonnes pratiques constitue un minimum pour chaque producteur.
L’alimentation joue sur la composition du lait
Il est cependant possible d’améliorer les qualités intrinsèques du lait. Des essais ont montré qu’avec une ration intégrant de l’ensilage d’herbe au lieu du seul maïs, le beurre est plus jaune, plus tartinable, le camembert plus onctueux. La plus forte proportion d’acides gras insaturés l’expliquerait. Et si on remplace le tourteau de soja par du tourteau de colza, on obtient des résultats semblables à celui d’une ration avec une part d’ensilage d’herbe.
À l’inverse, Gérard Maréchal considère que « l’utilisation de tourteau de palme ou d’isomères d’huiles végétales contribue à dégrader la qualité des matières grasses du lait. Ces produits sont à exclure des rations des laitières. Notre objectif est d’obtenir des matières grasses de bonne qualité afin que la consommation de produits laitiers se maintienne ». Il reste à informer et à impliquer les éleveurs dans cette démarche. Cependant la traduction au niveau du prix du lait n’est pas pour tout de suite, ne serait-ce qu’au regard au seul coût des analyses de la composition des matières grasses.
Discours positif
Parler de matière grasse du lait conduit à demander aux industriels du secteur pourquoi ils s’intéressent à d’autres créneaux comme les matières grasses végétales ou le soja. « C’est une activité récente de Lactalis qui nous permet de mieux connaître toute cette filière ». « Les produits à base de soja sont une réponse à l’instauration des quotas qui a limité les volumes à traiter. Ils correspondent à des attentes de certains consommateurs et ne sont pas concurrents des produits laitiers », explique Marc Belhomme.
Que ce soit Agrial, Coralis, Triballat ou Lactalis, chaque entreprise tient un discours positif. « La France a un savoir-faire dans les produits laitiers et avec des produits innovants (qualité, plaisir) il est possible de dégager des marchés ». « La région dispose d’une densité laitière intéressante pour les producteurs et les transformateurs, évitons la déprise ». « L’élargissement de l’Union européenne n’a pas déstabilisé le marché ». « Australie et Nouvelle-Zélande ne sont pas à craindre, ils ont le marché chinois à proximité ». Pour le président de Coopédom, Joseph Lebrun, « il y a de l’angoisse en production laitière, mais il faut continuer d’avancer pour tirer la qualité vers le haut ». La coopérative s’y emploie.

Paul Chauvin




Coopédom a déshydraté plus de 40 000 t
Bonne année pour Coopédom, le tonnage de fourrages déshydratés produits en 2004 a fait un bond de 14 %. Avec 40 343 tonnes, la progression dépasse les 5000 tonnes. « La bonne année fourragère 2004 explique cet accroissement », explique-t-on à la coopérative.
Avec 4500 tonnes supplémentaires, l’herbe et la luzerne sont les principales responsables de ce surcroît d’activité. La luzerne reste le fourrage de base avec 45 % des tonnages de fourrages protéiques. Elle augmente de 19 %, le trèfle violet de 7 %. Les fétuques (y compris brome et dactyle) percent très largement avec +44 %. Seuls les mélanges graminées-légumineuse sont en retrait. On notera que les tonnages en RGI dérobé, graminées, fétuque, trèfle violet tourne chacun entre 3000 et 3500 tonnes. Si le maïs plante entière continue d’être majoritaire en tonnage (7287 tonnes), il régresse au profit du maïs épi (6703 tonnes) qui connaît une progression de 22 %.
Les chiffres 2004 mettent en relief la progression du coût de la tonne : 28 euros contre 21 l’année précédente. Une étude va être menée pour optimiser encore mieux le poste énergie (27 % des charges).
S’il y a toujours des agriculteurs qui souhaitent intégrer la coopérative, la nouvelle Pac modifie le régime des aides. Coopédom percevra moins d’aides qu’auparavant, lesquelles sont transférées aux agriculteurs. Conséquence directe, le montant de la prestation facturée va augmenter, ce qui peut freiner le recours à la déshydratation.

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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Mars 2005
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