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Les chiffres et résultats des vaches au Contrôle laitier permettent d'avoir une photographie assez précise de l'élevage laitier du département. Ce sont en effet 80% des vaches qui sont contrôlées. Il faut toutefois rester parfois prudent dans les comparaisons entre races car si le nombre important d'élevages en Prim'Holstein (2068) permet des résultats très fiables, le nombre plus limité en Normande (89) et surtout en Pie Rouge (27 élevages aux résultats "exploitables") peut entraîner des variations très importantes liées à quelques élevages.
On peut faire remarquer au passage que le nombre de vaches contrôlées n'a pratiquement pas baissé depuis l'instauration des quotas et se maintient au-dessus des 100 000 pour le département.
La part des Prim'Holsteins a un peu diminué
Avec plus de 93 000 vaches contrôlées, la part des Prim'Holsteins reste toujours écrasante dans le département. Pourtant, sa part a un peu baissé ces dernières années (voir graphiques). Cette baisse relative s'est faite au profit de la Normande et surtout de la Montbéliarde. La part de la Pie Rouge est restée stable alors que les autres races (Brune, Jersiaise, Bretonne) demeurent marginales.
Pour les races minoritaires, le nombre de troupeaux en pures (à plus de 80%) demeure faible. Il n'est ainsi que de 1,2% en Pie Rouge (32 élevages) et 0,7% en Montbéliarde (19 élevages).
Ce sont par contre les éleveurs de Pie Rouge qui ont les plus gros effectifs moyens (48,7 vaches grâce à quelques élevages importants) et aussi les plus gros quotas.
Concentrés comparables au kg de lait
Pour la production par vache en lait brut (voir tableau), le tiercé est bien connu avec la Prim'Holstein qui produit 1 200 kg de plus que la Pie Rouge et 2 000 de plus que la Normande. Pour les taux, c'est naturellement l'inverse, mais il n'y a que la Normande qui se démarque nettement. Ce qui explique aussi que les éleveurs de cette race voient d'un mauvais oeil la remise en cause du paiement des grammes différentiels de matières grasses et protéiques.
Si les quantités de concentrés par vache sont inversement proportionnelles à la production, on constate qu'au kilo de lait produit elles sont assez comparables. Ce qui montre que les litres de lait supplémentaires par vache ne coûtent pas obligatoirement plus cher à produire.
On constate aussi que les âges au vêlage ne sont pas si éloignés et que les numéros moyens de lactation ne sont pas très différents d'une race à l'autre (de 2,5 à 2,7) et que le nombre de lactations par vache reste relativement faible. Quelle que soit la race, ces chiffres montrent que la longévité des vaches est plus entendue dans les discours que vue dans les faits.
Fortes différences de fertilité
S'il est un domaine où les différences entre races sont particulièrement nettes, c'est celui de la fertilité et de la fécondité (voir tableau). Tous les critères vont dans le même sens et la Normande se distingue particulièrement sur ce plan alors que les résultats de la Prim'Holstein sont mauvais. Ainsi le taux de réussite à la 1ère IA en Prim'Holstein est à peine à plus d'un tiers. À noter que les résultats de fertilité sont plus mauvais en Morbihan que dans les autres départements bretons (conséquence de l'utilisation de certains taureaux anciens lorsque l'index fertilité n'existait pas ?).
Par contre, en génisses les différences sont sensiblement moins accentuées entre les races, ce qui évidemment accrédite, au moins partiellement, la thèse de la mise en cause du niveau de production effectif sur la fertilité des vaches.
Jean Louis Le Rest
(source Contrôle laitier 56)
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