Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Au Gab 56, des actions plus orientées vers les débouchés
 
Après une croissance rapide jusqu'en 2000, le nombre de producteurs en agriculture biologique stagne depuis 3 ans dans le Morbihan avec un peu plus de 200 exploitations. Soit un peu moins de 2% des fermes et des surfaces. Dans les prochaines années, on risque même une diminution car le nombre de reconversions actuelles est faible. Et, en général, c'est plutôt avec de la transformation et de la vente directe.
Cette stagnation est naturellement due à la conjoncture plus difficile pour l'agriculture et la bio n'y échappe pas : "C'est vrai que les producteurs bio sont eux aussi un peu gagné par la sinistrose", reconnaît Jean Noêl Le Quintrec, le président du Groupement des Agriculteurs Biologiques (GAB), qui tenait dernièrement son assemblée générale.
Une rémunération
de reconnaissance
Ce n'est pas la mise en place de la réforme de la Pac qui va redonner le moral aux producteurs puisqu'elle les pénalise beaucoup par rapport aux agriculteurs conventionnels. Ce qui est quand même un comble alors que l'un des objectifs essentiels est la préservation de l'environnement.
C'est aussi pour cela que le Gab adhère à la demande de la fédération nationale pour demander une "rémunération pérenne de reconnaissance" après la reconversion, comme cela se pratique dans d'autres États membres. Rémunération qui serait liée au nombre de travailleurs et non aux hectares.
Les producteurs se posent aussi beaucoup de question sur l'intérêt de l'Agence Bio nationale : "Il y a beaucoup d'argent qui transite mais on ne sait pas pour quoi faire. Le pouvoir des producteurs y est pour le moins limité". L'an dernier, les producteurs ont d'ailleurs été invités à une "rétention" de documents administratifs pour faire simplifier certaines déclarations à cette agence.

Des circuits courts
Ces dernières années, la production biologique a beaucoup augmenté (surtout dans certaines productions comme le lait) alors que la consommation, bien qu'en progression, n'a pas suivi. Une des raisons est liée aux circuits de distribution, et en particulier aux GMS : "Les produits bio y sont sensiblement plus cher que les autres alors que ce n'est pas le cas dans les magasins spécialisés ou sur les marchés".
D'où l'objectif de revenir à des circuits plus courts (ce qui ne veut pas forcément dire vente directe). Pour étudier ces questions le Gab a constitué un groupe de réflexion. Elle pourrait aboutir à proposer différentes formes de vente, que ce soit des magasins de producteurs, des paniers, des tournées, des contrats avec des associations de consommateurs .... Quelques initiatives ont déjà été prises en ce sens. À côté de la vente directe qui existe déjà, il s'agirait ainsi de démarches collectives, avec une promotion et une communication commune. Cela ne ferme pas du tout la porte à une distribution plus classique, le Gab se proposant même de contribuer à la formation d'une interprofession départementale qui associerait les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, pour avoir un interlocuteur unique et faciliter ainsi les démarches de la distribution.
La deuxième orientation importante est le développement du bio dans la restauration collective. En ce domaine, le Morbihan est à la pointe, avec l'an dernier plus de 150 000 repas 100% bio fournis par les producteurs (organisation de producteurs "Manger Bio 56"). Cela est dû au démarrage de nouveaux projets, mais surtout des opérations ponctuelles auparavant deviennent plus régulières.
En 2005, mais au plan régional, le Gab va également participer à la création ou la consolidation de filières longues (blé meunier, sarrasin, orge de brasserie ...) : "Il faut monter des filières avec des intervenants régionaux car tant qu'elles ne seront pas spécifiques bio, ce sera difficile ..."
Et bien sûr, les actions d'information et de promotion auprès des consommateurs vont continuer. C'est ainsi que le "Printemps de la bio" pourrait se transformer en "Les quatre saisons de la bio".
Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 4 Mars 2005
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