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La valorisation des énergies renouvelables, le thème est d’actualité. La table ronde organisée lors de l’assemblée générale de la Fdcuma 22 mardi dernier au Lycée agricole de Kernilien à Plouisy a permis d’aborder plusieurs aspects : valorisation du bois, utilisation de l’huile de colza comme carburant ou encore les céréales dans les poêles et chaudières.
Des matériels plus performants
Ainsi Michel Rault, associé du Gaec de la Vallée à Plouguenast a présenté l’investissement réalisé au sein du Gaec, dans une chaudière bois énergie à alimentation automatique pour le séchage de foin en grange ainsi que le séchage des céréales. Une chaudière de 150 kw qui a permis de réaliser sur 2004 (avec un prix de fioul élevé) une économie de 50 % sur la facture énergétique.
Il s’agit d’abord pour le Gaec de valoriser le bois produit sur l’exploitation transformé en plaquettes qui sont ensuite séchées et brûlées. Il explique : « Au départ nous avons utilisé une petite machine nécessitant beaucoup de personnel pour un rendement relativement faible : 10 m3 par heure avec 5 à 6 personnes. En 2004, nous avons utilisé une machine beaucoup plus performante permettant des rendements de plus de 25 m3 heure avec peu de personnel et surtout moins pénible puisque l’approvisionnement de la machine est mécanisé (grappin) ». Il fait partie de ceux qui ont créé la Cuma Breiz énergie pour répondre aux besoins de mécanisation de chantiers de déchiquetage. D’autres projets sont à l’étude sur le département, en Centre-Bretagne, sur le Trégor et le Goëlo.
Les biocarburants peinent à se développer
L’utilisation des céréales comme source d’énergie dans des chaudières ou des poêles a aussi quelques adeptes. Utilisée en dessous de 15 % d’humidité, cette matière première qui peut être issue de la jachère énergétique est simple d’utilisation et supporte aussi la comparaison avec le fioul en terme de coût, dans la mesure où l’investissement ouvre droit à un crédit d’impôt. Par contre, sur le plan éthique, la combustion d’un produit jugé noble comme le blé, n’est pas toujours appréciée.
La filière des biocarburants pourrait aussi être développée. Alain Bourgouin, professeur au Lycée de Redon a rappelé que sous certaines conditions et avec quelques réglages, l’utilisation de l’huile de colza ne présentait pas de difficultés particulières. Même si les nouvelles générations de moteurs sont moins adaptées. Charles Marchand, agriculteur en Ille et Vilaine a témoigné de son expérience. Il a acquis une presse, et utilise l’huile pour son tracteur et le tourteau pour la complémentation des vaches laitières. C’est selon lui la condition pour qu’un agriculteur ait intérêt à se lancer dans le pressage de graines de colza.
Jean Le Floc’h, vice-président du Conseil général a conclu le débat, en rappelant les engagements des Etats au travers de l’Agenda 21 pour aboutir à terme à 22 % d’énergies renouvelables : Eolien, biomasse… Il a insisté sur le fait que dans le monde rural, l’utilisation de la biomasse devait être encouragée et citant quelques exemples de réalisations concluantes comme sur la commune de Plounevez-Moëdec, qui a investi dans une chaudière bois énergie pour chauffer plusieurs bâtiments communaux. La Communauté de communes de Lanvollon réalise actuellement une étude de besoins et de faisabilité dans le même esprit.
Pierre Dénès
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