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Le raisonnement de la fertilisation azotée des grandes cultures est basé essentiellement sur l’estimation des quantités d’azote que le sol pourra fournir à la plante. Ces fournitures du sol sont comptabilisées à partir d’une période repère : la sortie d’hiver. Le stock d’azote présent dans le sol à ce moment est bien sûr disponible pour les plantes, et il peut se mesurer.
Un grand nombre d’analyses de reliquats a été compilé par les Chambres d’agriculture de Bretagne de façon à évaluer le stock d’azote du sol dans l’ensemble des parcelles, quelles que soient leurs caractéristiques, y compris dans celles où aucune mesure n’a été faite. L’analyse de ces données permet de donner des conseils précis aux agriculteurs.
Pour le Finistère, voici les résultats. La pluviométrie hivernale 2004-2005 a été particulièrement faible au regard des autres années. Les précipitations s’élèvent à 384 mm d’eau à Quimper, entre octobre 2004 et janvier 2005, mais surtout la pluie est tombée en automne et peu en décembre et janvier.
(Voir figure 1)
La moitié des parcelles à plus de 50 uN/ha
La conséquence directe de ces faibles pluies est un reliquat azoté moyen relativement élevé par rapport à une année plus conforme à la moyenne, avec quelques cas de reliquats très élevés.
En fin d’hiver il reste couramment autour de 30 unités d’azote par ha dans nos sols, dans un horizon compris entre 0 et 90 cm. La médiane des observations de cette année est de 52 unités par hectare.
(Voir figure 2)
On remarque également un certain nombre de cas à moins de 20 unités par hectare. Ces situations sont en grande partie liés à la présence d’un couvert végétal. Un certain nombre de parcelles présentent des reliquats compris entre 60 et 120 unités. On peut parfois les relier à un précédent particulièrement favorable, comme une pâture par exemple, ou un bilan de l’azote particulièrement excédentaire sur le précédent cultural.
20 uN/ha de moins à apporter aux grandes cultures
Conséquence logique de ces résultats, il est tout à fait possible de réduire la fertilisation azotée des grandes cultures 2005 de l’ordre de 20 à 25 kg par hectare en moyenne par rapport aux autres années.
L’estimation du reliquat pour les parcelles sans analyse peut se faire grâce au tableau
(Voir figure 3)
Cette estimation est particulièrement importante à prendre en compte dans le calcul prévisionnel de fumure pour la campagne à venir.
Plus d’azote accessible aux racines dès le stade tallage
Lorsqu’on regarde une image de la répartition de l’azote selon la profondeur de sol, on peut constater que les racines peuvent trouver dans les 60 premiers centimètres une quinzaine de kg d’azote de plus en moyenne que les autres années. Si dans le cas général c’est insuffisant pour envisager de supprimer le premier apport d’azote, on peut toutefois prévoir de le retarder, et de le réduire à son strict minimum : 25-30 uN/ha par exemple.
Au stade épi à 1 cm les racines prospectent déjà le 3ème horizon. Ainsi, pour les situations particulièrement favorables (précédent cultural prairie par exemple) il est envisageable de ne pas apporter d’azote avant ce stade épi à 1 cm. Mais il faut alors éviter tout retard à ce stade et donc être certain que le sol de la parcelle permettra de passer avec le matériel.
En effet les besoins du blé ne deviennent important que durant le montaison. Même si les pertes par lessivage sont peu probables à partir de fin janvier, les risques de réorganisation de l’azote apporté dans le sol ne sont pas négligeables quand l’apport est fait très précocement par rapport aux besoins de la plante.
Daniel Hanocq
Conseiller agronomie productions végétales Chambre d’agriculture
du Finistère.
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