
SOMMAIRE DU DOSSIER
- Maladies des céréales : Un climat breton propice aux maladies
- Reconnaître les maladies des céréales
- Fusariose et qualité sanitaire : Un développement lié au climat et aux facteurs agronomiques
- Matières actives : Gérer les résistances aux fongicides
- STRATÉGIE DU BLÉ : PRIORITÉ À LA SEPTORIOSE ET À LA FUSARIOSE
- Stratégie sur triticale : Un risque modéré, mais la fusariose est à surveiller
- Stratégie Orge d’hiver : Les strobilurines restent incontournables
- Gaec de Kerstrat Séglien (56) : « Des céréales de bonne qualité sanitaire pour la fabrication d'aliment »
Stratégie sur blé : Priorité à la septoriose et à la fusariose
Dans le cas général, deux traitements suffiront, un troisième peut être nécessaire pour la fusariose.
L’approche économique conduite depuis plusieurs années par Arvalis en Bretagne a permis de préciser l’investissement fongicide nécessaire en fonction de la sensibilité de la variété aux maladies foliaires.
Une stratégie liée
à la variété
On observe que pour les variétés sensibles aux maladies et à la septoriose en particulier, l’investissement pour prendre en compte les maladies foliaires doit se situer entre 70 euros/ha et 90 euros/ha (pour un blé à 9,5 euros/q.). On trouve dans cette catégorie les principales variétés cultivées en Bretagne : Altria, Apache, Soissons, Tremie, Isengrain, Orvantis, Sponsor, Charger…
Pour les variétés peu sensibles (Oratorio, Hamac , Caphorn, PR22R28,Virtuose…), le coût peut être plus limité, et l’investissement pourra se situer entre 60 euros/ha et 70 euros/ha. Le choix de ces variétés permet plus de souplesse dans la protection : positionnement et dose. Ainsi, un défaut de conduite aura moins de conséquences que sur variétés sensibles.
La prise en compte du piétin verse augmente le coût fongicide de 15 euros/ha sur une base de 450 g/ha de prochloraze. De même, la prise en compte de la fusariose conduit à l’application de 3 traitements et augmente également le coût de l’ordre de 10 euros/ha. En moyenne, on observe une économie de 20 euros/ha entre une variété « très sensible » et une variété «peu sensible».
Intégrer la résistance aux strobilurines
Les essais réalisés par Arvalis ont montré qu’en 2004, dans les situations avec présence de résistance, les strobilurines conservaient leur intérêt économique. La progression des résistances – y compris dans nos régions – ainsi que l’érosion de la performance des strobilurines seules ou associées constatée dans les essais, invite en effet à renforcer la dose de triazole, quitte à baisser la dose de strobilurine pour maintenir le coût de la protection à un niveau raisonnable.
Pour déterminer le niveau de protection adapté, il convient de considérer la hiérarchie entre les matières actives :
– pour les strobilurines : pyraclostrobine > trifloxystrobine >pycoxystrobine > azoxystrobine > kresoxim-methyl;
– pour les triazoles : epoxyconazole > fluquinconazole >= metconazole = cyproconazole > tebuconazole.
L’intérêt du chlorothalonil sera d’autant plus net qu’il sera utilisé tôt en programme T1 (éventuellement T2 en programme à 3 traitements). En 2004, les gains de rendement procurés par l’ajout de chlorothalonil étaient peu élevés et pas systématiques.
Adapter le nombre
de traitements
• Cas général : 2 traitements
Le programme à 2 traitements permet de contrôler efficacement la septoriose. Les produits choisis en T1 comme en T2 devront être efficaces sur septoriose. Le positionnement des traitements aux stades 2 à 3 nœuds, et début épiaison constitue le meilleur compromis pour réussir à protéger les 2 dernières feuilles et l’épi qui contribuent le plus au rendement. Il faut veiller à respecter un délai de 4 à 5 semaines maximum entre 2 traitements même avec les produits les plus performants.
• 3 traitements pour prendre en compte la fusariose
Aujourd’hui la prise en compte des aspects sanitaires liés aux risques de fusariose impose la réalisation d’un programme à 3 traitements de manière à positionner le troisième traitement au début de la floraison des blés. Ces 3 traitements sont réalisés toutes les 3 semaines.
– Le premier traitement est réalisé au stade 2 à 3 nœuds du blé. Il permet de limiter les attaques de septo-riose et éventuellement d’oïdium et de piétin verse. En cas de risque piétin verse, il sera avancé au stade 1 à 2 nœuds. En cas de faible pression et de temps sec, il peut être décalé.
– Le second traitement est réalisé au stade sortie de la dernière feuille. Le traitement de la dernière feuille est le pivot de la protection. A lui seul, ce deuxième traitement représente l’essentiel du gain de rende-ment procuré par la protection fongicide.
– Le troisième traitement est réalisé au tout début de la sortie des étamines. Ce traitement est réalisé pour assurer la protection la plus efficace possible contre les attaques de fusariose. Il est réalisé avec des produits à base de tébuconazole (Horizon…) ou de metconazole (Caramba Star…). Rappelons que le risque de présence de fusariose augmente dans les situations sans labour, avec les précédents maïs, les variétés sensibles (Charger, Tremie, Royssac, Oratorio, Shango, Isengrain). Pour maîtriser les atta-ques de fusariose, il est nécessaire d’appliquer au minimum 75 % de la dose homologuée
Dans tous les cas, le premier traitement peut être décalé lorsqu’on est en présence d’une période sèche en début de montaison des blés comme ce fut le cas en 1997 et en 2003. Dans ces conditions les risques de présence de septoriose sont faibles.
Eric Masson
Alain Morel
Arvalis