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Chaque année, à la Camia comme dans toutes les autres coopératives d'insémination, le constat est le même : le nombre d'insémination diminue régulièrement (- 2,5% l'an dernier). À la Camia, le nombre d'inséminations premières n'est même plus à 170 000, en chute de près de 50% depuis l'instauration des quotas. Le nombre d'adhérents (4 600 actuellement) a quant à lui été divisé par quatre.
Cette diminution d'activité est partiellement compensée par la progression sensible des constats de gestation (plus de 100 000 l'an dernier) mais, au niveau du résultat financier, c'est pour la deuxième année consécutive un exercice largement déficitaire (- 200 000 euros). Certes une partie de ce déficit est liée à la ferme de Kérel. Un déficit qui n'existera plus puisque la Camia se désengage, l'atelier porcin devant être vendu et les bâtiments bovins loués (en priorité au Centre de formation si celui-ci le souhaite). "C'est avec une certaine amertume qu'on en arrive là. Il ne s'agit pas pour nous de faire une opération financière, ni non plus de dilapider le capital", affirmait le président Gilles Thomazo
Si ces résultats négatifs étaient prévus et ne remettent pas en cause la solidité de la structure financière de la coopérative, il faudra, comme le dit le président "tendre vers l'équilibre et trouver des moyens pour peser sur les charges si nous voulons conserver le niveau de service aux adhérents". Un service qui demain sera peut-être plus concurrencé avec la probable disparition des monopoles.
De plus en plus
de partenariats
Une des solutions pour la diminution des coûts (ou plutôt au maintien) passe par des accords avec d'autres unités de sélection, au moins pour la création génétique. C'est entre autres ce que sont venus dire à l'assemblée générale de la Camia, Vincent Rétif et Thierry Simon, les président et directeur général de l'Oger.
Quelle que soit la race, l'Oger travaille en partenariat avec d'autres unités de sélection. C'est particulièrement vrai en Prim'Holstein, mais aussi en Normande, Pie Rouge, Charolais. Si les partenariats les plus forts sont évidemment avec Midatest et l'Urcéo, il y en a sur un plan ou un autre avec presque toutes les unités de sélection.
Le partenariat en Prim'Holstein avec Midatest et plus récemment avec l'Urcéo va de plus en plus loin. Il y avait déjà depuis plusieurs années des échanges de semences, depuis 2001 des accords pour les achats d'embryons à l'étranger. Maintenant les accords vont encore beaucoup plus loin puisqu'ils vont de la définition commune des objectifs de sélection, passent par la mise en testage commune et iront (à partir de juillet prochain) jusqu'à la mutualisation complète des semences et des recettes. Le tout sous l'oeil d'une commission de mise en testage et d'un Comité de pilotage et de surveillance du "programme commun". Cette mutualisation se retrouvera également en Normande.
Le "groupe" Oger-Midatest et Urcéo-Ualc est ainsi le plus important en France avec 74 000 éleveurs, 1,9 millions d'IAP (dont plus de 1 million en Prim'Holstein) et 260 taureaux testés par an. Ponctuellement, il se retrouve avec 7 taureaux dans le "Top 10" français, dont les 5 premiers.
Sur le plan international, il se place en 6ème position mondiale, loin derrière Select Sires ou ABS. Par contre, en nombre de taureaux testés il ne se situe qu'à la 9ème place, et a donc une pression de sélection un peu moins forte que d'autres.
Réflexion au niveau
des coopératives
Pour le président de l'Oger, Vincent Rétif (éleveur dans le Maine et Loire), tous ces accords vont permettre de faire des économies significatives au niveau de la création génétique, rappelant aussi au passage que cela ne se faisait pas sans coût social (licenciements).
Si sur le plan de la sélection les évolutions sont effectives, les coopératives elles mêmes devront évoluer. Elles devront faire face à la baisse continue de l'activité, la restructuration des élevages, le désencadrement légal, la concurrence, les demandes diversifiées des éleveurs...
Une réflexion est en cours au niveau des différentes coopératives de l'Oger et à l'Oger elle même. Pour V. Rétif "quand on arrive à une taille critique, on ne peut plus s'offrir seul les moyens nécessaires. La mise en place doit rester ancrée aux coopératives, mais certains aspects doivent être abordés au niveau du groupe".
Repères
L'activité insémination a baissé de 2,5% l'an dernier (170 000 IAP) après une chute de 4% l'année précédente et au total 47% depuis les quotas. Elle ne fait que suivre l'évolution du cheptel morbihannais.
C'est en Prim'Holstein que la baisse est la plus forte (- 3,5%). Le bilan génétique à l'IAP montre que les éleveurs s'orientent plus vers la morphologie et les caractères fonctionnels, mais sans trop diminuer sur les index de production.
Pour les autres races laitières, les IA en Normande et Pie Rouge sont stables, avec même une petite tendance positive pour la base de sélection. La Montbéliarde est la seule race à connaître à nouveau une progression des IAP (+ 9%).
Le croisement viande sur femelles laitières est en diminution avec moins de 13% et seulement 8,8 en base de sélection. Limousin (qui reste en tête), Charolais et Blond diminuent sensiblement alors que le Blanc Bleu Belge progresse (2ème race utilisée) et, dans une moindre mesure, l'Inra 95.
Les inséminations en femelles allaitantes sont stables mais à un niveau qui reste beaucoup trop faible avec seulement un peu plus de 5 000 inséminations premières.
La fertilité a continué à se dégrader, avec seulement 47,7% de non retour en vaches et 68,9% en génisses. Les différences raciales sont importantes et les résultats sont globalement plus mauvais en Morbihan que sur le reste de la zone Oger.
La transplantation embryonnaire continue à diminuer avec 178 collectes l'an dernier (- 10%) et n'est plus guère utilisée que pour les besoins du schéma de sélection. Avec 7,4 par collecte, le nombre d'embryons viables est par contre en progression.
Jean Louis Le Rest
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