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Trois témoignages d’agriculteurs ont été proposés lors des réunions locales des adhérents du Cergiv. Ils illustraient différentes réponses à l’adaptation rendue nécessaire face au marché de plus en plus mondial, à la demande des consommateurs et à la modification de la Pac.
Le réglementaire est de plus en plus omniprésent, qu’il s’agisse de l’environnement, des aides Pac avec les droits à paiement unique (DPU) ou encore la conditionnalité. Petit rappel de Laurent Hirtzmann, conseiller de gestion sur le secteur de Rennes, « les aspects réglementaires ne doivent pas faire oublier l’économique. Ils représentent des contraintes, mais aussi des opportunités ».
Tous ces éléments seront à intégrer au niveau de l’exploitation. Ils auront des incidences sur le maintien, le développement ou l’arrêt des productions (découplage par exemple). Ils interféreront sur la taille, sur les coûts, le choix de filières…
Trois cas différents
Anne-Marie et Gérard Garault du Grand-Fougeray avec 66 ha et 280 000 litres de lait représentent l’exploitation moyenne du Cergiv. Ils ont investi dans du bâtiment pour limiter leur travail et anticiper les contraintes liées à une zone de captage. Aujourd’hui, l’objectif est d’optimiser le système. Reprendre du lait ? Oui, mais si possible sans terre (litrage/ha faible dans le secteur) pour éviter d’ajouter du travail et des charges de mécanisation. Mais combien de lait faudra-t-il demain pour rester compétitif ? Commentaires du conseiller : « Ils ne sont pas attentistes, ils ont des contraintes qu’ils essaient de contourner ».
L’agrandissement a été la solution retenue par la famille de la Morinière à Saint-Brieuc-des-Iffs (Gaec à 3 associés). Aux 75 ha, 290 000 litres de lait et 1400 m2 de poulaillers, ils ajoutent 38 ha et 165 000 litres de lait. Conséquence directe, il faut investir en bâtiment, mais l’idéal se heurte à l’économique, l’investissement doit être réduit. Ils limiteront donc le nombre de vaches avec une optique de productivité maximale. Dans ce projet sont aussi prises en compte une meilleure organisation du travail, une optimisation de la mécanisation (techniques simplifiées) et une meilleure maîtrise des intrants. « La main-d’œuvre disponible pour cette augmentation de production me paraît être le point faible », souligne un participant à la réunion de Pacé.
À Balazé, chez Mickaël et Véronique Levesque, la priorité a été donnée aux bâtiments dès l’installation pour des questions de travail et d’environnement. Un CTE a été la formule pour répondre aux objectifs de diversification (vente directe). Aujourd’hui l’objectif est de consolider l’existant (240 000 litres) par du lait sans terre, l’installation de Madame peut être une opportunité. Le développement progressif de la vente directe (poulaillers de 500 m2) répond à l’attrait pour l’accueil et la proximité de Vitré. Investir n’est pas la priorité.
Dans chaque situation, le travail, le foncier, les bâtiments, la mécanisation représentent des atouts et aussi des contraintes. Lesquels ont des conséquences sur l’efficacité et donc sur le revenu et la trésorerie. À chacun de d’adopter la stratégie la mieux adaptée.
Fiscalité agricoles, quelques nouveautés
Chaque année la loi de Finances votée par le Parlement modifie quelques règles fiscales. On retiendra :
- L’imputation des déficits agricoles sur les autres revenus s’ils ne dépassent pas 60 000 euros.
- L’abattement sur le bénéfice des jeunes agriculteurs est étendu aux exploitants qui souscrivent un Contrat d’agriculture durable entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2008.
- Le remboursement de 4 euros par hectolitre de gazole acquis entre le 1er juillet 2004 et le 31 décembre 2004.
- La possibilité d’opter à la TVA à l’exercice pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2005.
Plusieurs stratégies possibles
Avec les modifications de la Pac, les questions environnementales et l’évolution du contexte économique dans les différentes productions, les réactions seront diverses. Ainsi on peut rester sans modifier quoi que ce soit et attendre le dernier moment. Cette situation est fréquente vis-à-vis de la mise aux normes. Certains souhaitent arrêter certaines productions (lait) pour éviter d’investir et poursuivre avec d’autres moins contraignantes.
Des agriculteurs avec plusieurs productions vont se recentrer ou se spécialiser sur une seule. Ils peuvent ainsi résoudre des questions d’investissement et d’environnement, tout en conservant le bénéfice de certaines primes (abattage, jeunes bovins…). La solution peut passer par le regroupement avec un voisin pour mieux maîtriser les moyens de production (bâtiments, matériels, terres, main-d’œuvre). Il ne faut cependant pas attendre des économies d’échelle substantielles. On peut aussi adapter le système de production, agrandir, diversifier. Les stratégies sont nombreuses.
Paul Chauvin
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