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Comme dans de nombreuses exploitations, les Brunes ont débarqué chez Pierre Corre en jouant de leur séduction. C'est vrai qu'avec leur robe souris, leur mufle cerné de blanc, elles ont du chien ces vaches.
"Il m'arrivait souvent de m'arrêter sur des articles de presse qui parlaient des Brunes. Puis, une année j'ai rencontré deux éleveurs, dont Jean-Michel Favennec, du Cloître-Pleyben, qui exposaient des vaches au Festival de l'élevage de Quimper. J'ai été séduit par la race", raconte cet éleveur de Saint-Urbain.
Achat d'embryons et de génisses
C'était en 1998. Le troupeau de Prim'Holstein a alors commencé à se teinter d'une deuxième couleur. Par l'achat de génisses amouillantes, mais aussi par des veaux nés de transplantation embryonnaire. "J'ai constitué la moitié de mon noyau par achat d'embryons de bonne valeur génétique que je plaçais sur mes Prim'Holsteins. Certains éleveurs trouvent que cette technique coûte cher, mais il faut aussi comparer au prix d'achat des génisses amouillantes : autour de 1 500 euros pièce. D'autre part, la transplantation permet de gagner du temps en s'assurant d'une bonne valeur génétique".
Sept ans plus tard, le troupeau compte 14 vaches Brunes sur un total de 45 laitières. "L'objectif est d'atteindre la moitié de l'effectif en Brunes, soit 20 à 25 vaches. Pas davantage. Car je considère que les vaches Prim'Holstein qui sont présentes sur l'exploitation sont aussi d'un bon niveau et me satisfont pleinement".
Avec l'introduction de cette nouvelle race, P. Corre confirme une progression des taux. "J'ai amélioré le prix de vente du lait", observe-t-il. "Cette vache est réputée produire un lait plus riche de 2,5 à 3 points de plus de TP qu'une noire, même avec une ration à base d'herbe. C'est une vache qui valorise très bien les fourrages grossiers", assurent les éleveurs de Brunes, en visite sur cet élevage lors de l'assemblée générale du syndicat de la race.
Les adhérents au syndicat appuient également sur sa longévité. "C'est une vache qui fait moins de lait en 1ère lactation, mais qui produit bien sur une longue carrière. Le pic de lactation est également moins élevé qu'en Prim'Holstein".
La Brune des Alpes est aussi réputée pour sa fertilité. Un aspect qui ne tranche pas sur cet élevage de Saint-Urbain : "Ici, les résultats sont similaires entre les deux races", constate l'éleveur. Il faut dire aussi que les taux de réussite en première insémination (IAP) atteignent des performances très respectables : 74 % en 2004 et 72 % en 2003.
Dernier argument avancé par les promoteurs de la race : "Dans la plupart des troupeaux où on l'introduit, la Brune, qui reste très douce et curieuse, domine presque toujours sur les vaches des autres races". Déterminée et têtue comme les Bretons en quelque sorte ? C'est peut-être aussi ce trait de caractère qui séduit les éleveurs de la région
Vente de gémissons
Le syndicat de la race Brune des Alpes organise une vente promotionnelle de 5 génissons, lors du prochain Festival de l'élevage de Quimper (du 18 au 20 mars à Penvillers). Objectif de l'initiative : séduire de nouveaux éleveurs finistériens. Avec cette volonté d'accroître les effectifs sur le département qui, en janvier 2005, se montaient à plus de 800 vaches et près de 700 génisses.…
D. Le Du
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