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Dans la démarche de calcul de rentabilité d’une production de volailles, on prend en compte la marge Poussin-aliment de laquelle on déduit les charges variables pour aboutir à la marge brute. L’enquête avicole Chambres d’Agriculture de l’Ouest a permis de regrouper les critères de rentabilité financière de 1 900 poulaillers dans la campagne 1998-1999. Cet échantillon est suffisamment représentatif pour analyser l’incidence des frais vétérinaires sur les élevages.
UNE AUGMENTATION DE 13 % EN DEUX ANS
Pour la campagne 1998-1999, en production de poulets standard avec 1 enlèvement, les charges variables ont atteint 13,60 F/m2/lot. Dans ce total, les frais vétérinaires et de désinfection ont représenté 3,70 F soit 27 % des charges variables. En deux ans, l’augmentation est de 0,42 F soit + 13 %. Par contre en dinde, la charge est plus stable : 7,72 F/m2/lot contre 7,57 F il y a deux ans.
Dans cette enquête, les frais vétérinaires regroupent les dépenses de prévention (vaccination) et de traitement. On ne connaît donc pas la nature exacte des médicaments. S’agit-il d’antibiotiques ou de produits de confort ? Il est difficile de répondre. Chez un certain nombre d’éleveurs, les deux dépenses ont pu être séparées (voir tableaux pour le poulet léger et la dinde).
Christian Delabrosse, conseiller avicole de la Chambre d’Agriculture du Morbihan a regroupé les résultats de 3 années d’enquête pour essayer de mieux cerner les causes des écarts dans la répartition des frais vétérinaires.
UN CUMUL DE PLUSIEURS CAUSES
Quand on compare les productions lot par lot, on constate en effet des écarts importants. Cette variabilité s’explique partiellement par la présence de problèmes sanitaires. “Il y a un lien évident entre les problèmes sanitaires signalés par l’éleveur et les dépenses médicamenteuses. Mais la fréquence de ces problèmes n’explique que très partiellement les écarts dans les frais vétérinaires”.
Il peut également y avoir un petit “effet bâtiment”. En poulet, les dépenses vétérinaires sont un peu plus importantes en bâtiment de type Louisiane. En dinde, les dépenses seraient plus élevées en bâtiments dynamiques, surtout pour les bâtiments âgés.
Par contre, il n’y a pas de relation très nette entre les frais vétérinaires et :
- la densité - les frais de vaccins. Avec des frais élevés, l’indice a tendance à s’améliorer. - les frais de désinfection
“Le nombre d’élevages dans un rayon de 1 000 m doit être très élevé pour avoir un effet sur les frais vétérinaires. La relation ne semble pas non plus très évidente entre les frais vétérinaires et les frais de chauffage ainsi que la durée du vide sanitaire”, poursuit C. Delabrosse.
LE PROGRAMME SANITAIRE DU GROUPEMENT
Par contre, la politique de prévention et de traitement propre à chaque entreprise permet d’expliquer en partie les écarts. Ainsi, les frais vétérinaires vont d’un groupement à l’autre :
- de 2,60 F à 3,60 F/m2/lot en poulet - de 4 F à plus de 9 F/m2/lot en dinde - de 12 à 18 F /m2/lot en canard.
“Une partie de ces écarts s’explique par les vaccinations-couvoirs parfois comptées dans les frais vétérinaires, parfois affectées au prix du poussin donc directement comptabilisées dans la marge PA. Il n’empêche que les écarts restent très importants entre les éleveurs de groupements différents. Certains plans de prohylaxie sont-ils trop standardisés avec des traitements trop systéma-tiques ?”, questionne C. Delabrosse
DES INTERROGATIONS
Cette analyse débouche sur beaucoup d’interrogations. Quels types de médicaments sont-ils réellement utilisés ? Quelle est la part de la propylaxie réelle et celle des autres médicaments ? Ne recourt-on pas trop souvent aux traitements systématiques de réassurance ?
Comment travaillent les éleveurs qui utilisent moins de produits médicamenteux ? Une meilleure connaissance des pratiques permettrait sans doute d’éclaircir ces questions.
A frais égaux de désinfection, un éleveur peut avoir un meilleur ou un plus mauvais résultat qu’un autre. Quelle est la meilleure manière de procé-der ? A frais égaux de chauffage, on peut avoir de bonnes ou moins bonnes performances, plus ou moins de frais vétérinaires et de pertes d’élevage.
DES OUTILS DE CONTRÔLE
Des études complémentaires devraient permettre, dans les années qui viennent d’approfondir les relations entre le montant des frais vétérinaires et les pratiques réelles dans les élevages. D’où l’utilité de mettre en place des outils de contrôle comme : - les analyses d’eau pour cerner la qualité du nettoyage des circuits d’abreuvement - les boîtes de gélose pour vérifier la bonne désinfection des parois du poulailler - l’utilisation de colorants pour vérifier que la technique de vaccination est efficace.
Il n’est pas facile de cerner les causes d’un montant élevé ou pas de frais vétérinaires. En fait, c’est le savoir-faire de l’éleveur qui contribue le plus souvent à minimiser ces frais. L’expérience permet, progressive- ment, d’affiner les pratiques quotidiennes et d’obtenir de bonnes performances techniques et économiques.
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