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Le parc de gîtes en Ille-et-Vilaine s’est accru de 42 en 2004 pour atteindre 469, même tendance pour les chambres d’hôtes avec 16 supplémentaires sur un total de 544. C’est avec l’implication et la solidarité des propriétaires la note d’optimisme. Pierre Masson le président des Gîtes de France pour l’Ille-et-Vilaine constate avec amertume que la moitié des nouvelles réalisations n’ont pas obtenu de subvention : la Région a les supprimées, le département les a maintenues. Les propriétaires ont ainsi vu le taux de subvention baisser de 50 % entre 2003 et 2004. « Le discours est de consolider le tissu économique en milieu rural, de mettre en valeur le patrimoine. Il y a là une contradiction », fait-il remarquer.
Morose, le président l’est aussi car « nous avons l’impression de ne pas être traités comme des partenaires du tourisme à part entière. Nous demandons à bénéficier des mêmes aides que les autres acteurs ».
Et puis, il y a eu l’épisode Loisirs Accueil. L’association s’est retirée de Haute Bretagne Vacances, une société commerciale commune mise en place pour commercialiser des produits de vacances. Les parts ont été rachetées les Gîtes. Pourtant après intégration des activités de Loisirs Accueil dans le Comité départemental du tourisme, ce dernier a édité un catalogue qui reprend les produits commercialisés par Haute Bretagne Vacances au mépris des règles et des accords. « Nous allons être contraints de prendre les mesures qui s’imposent », déclare le président.
Des améliorations possibles
Et puis il y a les remarques désagréables des clients reçues au relais. La propreté vient en premier lieu, une cinquantaine de plaintes, c’est trop. Seulement 85 % des clients sont satisfaits sur ce plan, fait-on remarquer. Parfois l’accueil, les équipements (chauffage) ne sont pas satisfaisants. Une préoccupation pour les Gîtes qui s’engagent à fournir un produit fiable.
Malgré ces aspects négatifs, 2004 a été une bonne année avec 8723 contrats (+ 1000) se traduisant par une occupation moyenne de 25 semaines au lieu de 21. Explications : la Bretagne a bénéficié de la canicule de 2003, quid de 2005 ? Le développement des courts séjours a joué dans le même sens.
Plus inquiétant est la baisse de 30 % à 15 % en trois ans des réservations de la clientèle étrangère. Les Anglais se sont stabilisés à 48 % alors qu’en 2002, ils représentaient 61 %. Belges et Hollandais sont en progression au contraire des Allemands. Les Français (Grand-Ouest, Paris, Nord et Est) ont compensé. « Le vacancier part plus souvent mais moins longtemps, à nous de nous adapter », souligne Louis Thébault le directeur.
Le paysage touristique est en train de changer
Devant les propriétaires de gîtes et de chambres d’hôtes, Annie Courtière directrice de l’Observatoire régional du tourisme s’est employée à souligner que le paysage du tourisme est en train d’évoluer. D’une part, l’Europe attire de moins en moins, d’autre part, la concurrence devient forte entre les différentes formes de vacances (camping-car, mobil-home…). Et fait nouveau, l’offre est supérieure à la demande. Néanmoins la Bretagne se tire nettement mieux d’affaire qu’une région comme Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Les comportements des touristes évoluent avec des réservations de plus en plus tardives (par internet en particulier), une fragmentation des séjours (le début juillet n’est plus une période de haute saison), une fidélisation qui diminue avec un accroissement de la mobilité touristique. Et surtout le prix devient un critère de choix par rapport à la destination. Face à ces mutations, Annie Courtière lance un appel aux propriétaires afin qu’ils répondent à des questionnaires permettant de chiffrer ces tendances, et ainsi les mettre en alerte. L’exemple type est la baisse de fréquentation des étrangers (-2,9 % en Bretagne, -12,3 % en France entre 2002 et 2004). Comment éviter de réagir avec retard ?
Pourquoi vient-on en Bretagne ? Les paysages, le calme, l’accueil, le grand air, la gastronomie, la culture et les traditions sont mis en avant. Les touristes sont aussi sensibles à la pollution (algues vertes), à la météo et également aux prix (la limite haute semble atteinte). Des points à prendre en compte, car les régions concurrentes s’appellent le Grand-Ouest, le Sud-Ouest ou le Pays Basque…
Paul Chauvin
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