|
Le père et le fils connaissaient chacun un éleveur de Blondes d’Aquitaine. C’est comme cela que 13 génisses et un taureau sont arrivés au Gaec des Étoiles à Rannée. À l’époque, le quota laitier était limité, son augmentation ultérieure n’a pas remis en cause le troupeau allaitant qui compte aujourd’hui une trentaine de vaches et la suite. Et ce, malgré l’absence de primes vaches allaitantes. C’est ce que Didier Bourgine, l’un des trois associés, a expliqué aux éleveurs de Blondes en visite chez lui avant leur assemblée générale.
La conduite du troupeau est basée sur des vêlages de printemps (mars avril). Pour plusieurs raisons. Les vêlages à l’extérieur limitent les risques de diarrhées, ils ont lieu dans une prairie à proximité. Sans difficulté particulière : les trois quarts ont lieu sans aucune aide. L’éleveur essaie de les concentrer à cette période pour être plus disponible pour les semis de maïs. De plus, les bâtiments existants ne pourraient accepter un supplément de cheptel. D’ailleurs tout est fait pour rentrer le cheptel le plus tard possible (courant décembre) avec une sortie en mars. Les génisses d’un an sortent à l’herbe généralement en mai. Elles ont été sevrées en novembre.
À noter que les génisses sont systématiquement inséminées. Ce n’est plus vrai pour les vaches : l’insémination supposerait de rentrer une partie du cheptel, un travail supplémentaire difficile à assumer à cette période. L’insémination permet à l’élevage d’être connecté (ses résultats sont comparables à ceux des autres élevages de la race).
L’alimentation reste classique avec l’utilisation de maïs ensilage corrigé avec du soja et des céréales produites sur l’exploitation. « Ce qui compte avant tout, c’est le poids des animaux », précise l’éleveur. L’an passé, les vaches pesaient en moyenne 465 kg et les jeunes bovins 438 kg. En revanche, pour la finition des femelles destinées à la vente en direct, la ration de finition inclut des produits comme de la luzerne, de la pulpe de betteraves, du tourteau de lin. «Il faut tout faire pour que le client soit satisfait. Et alors il revient ».
Améliorer la finition des Blondes
Les éleveurs apprécient la Blonde pour ses facultés de développement musculaire, de rendement en viande et de faible propension à l’excès de gras. En revanche, la couleur de la viande est plutôt claire. Difficile d’améliorer ce poste, il est génétique. On sait cependant qu’avec des animaux ayant eu peu d’exercice, la viande sera plus claire. Une autre caractéristique de la Blonde est d’avoir une petite panse : 7,8 kg contre 8,5 à la Limousine et 12,2 à la Charolaise. Il lui faudra une alimentation plus concentrée.
Pour la finition des vaches, on peut retenir, selon Cédric Audonnet de Sonap (Société de conseil en alimentation des Pyrénées-Atlantiques), une consommation de 2 kg de matière sèche par 100 kg de poids vif avec 1 à 1,10 UF et 100 à 115 g de PDIE. L’intervenant insiste sur l’intérêt d’utiliser du maïs-grain en raison de son amidon qui se dégrade lentement. Il est assimilé dans l’intestin et non dégradé dans la panse. Il rappelle aussi qu’il faut développer l’activité microbienne de la panse afin de sécuriser la ration : l’utilisation de plusieurs matières premières est recommandée. Dans la technique qu’il propose, intervient l’utilisation d’un aliment très énergétique (1kg = 3,5 UF) à base d’huile de palme, (nom commercial : Végégold). Cette matière grasse a la particularité d’être assimilée dans l’intestin. Aux éleveurs d’en vérifier les résultats techniques et économiques.
Une activité 2004 centrée sur les concours
Départemental à Rennes, interrégional à Mayenne, national à Pontivy, les éleveurs de Blondes d’Aquitaine d’Ille-et-Vilaine avaient la possibilité en 2004 de se confronter sans faire de longs déplacements. L’appel n’a pas eu un grand écho. Ils étaient cinq pour le premier concours et seulement deux ensuite. Cela n’enlève rien à la qualité des animaux présentés. Henri Lemoine le président du syndicat est revenu du National, qui représente l’élite de la race, avec Terrine la championne espoir.
Il y a quelques semaines, une quinzaine d’éleveurs ont visité deux élevages en Vendée. La formule plait. Un déplacement est envisagé en Belgique en commun avec les Pays-de-la-Loire dans le cadre de la Foire de Libramont. Une porte ouverte dans un élevage en dehors de l’assemblée fait partie des projets. Comme l’année passée, les concours sont à l’ordre du jour et particulièrement le départemental prévu pour le week-end des 19 et 20 mars. Le président souhaiterait qu’un maximum d’éleveurs puisse y participer. 20 places sont disponibles. Viendront ensuite un interrégional dans l’Orne, le national à Parthenay (Deux-Sèvres) le week-end qui précède le Space.
Paul Chauvin
|
|