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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°4772 |
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Finistère (29)
La paratuberculose, l'autre chantier sanitaire
 
La lutte contre la paratuberculose fête ses 20 ans… mais pas ses succès. "Malgré des aides financières importantes à l'assainissement, avec notamment la prise en charge à 100 % par les GDS des frais d'analyses et des frais vétérinaires, associée à une indemnisation des bovins malades et contaminés, l'action paratuberculose n'atteint pas ses objectifs", constate Bernard Thibert, vétérinaire au GDS 29, indiquant que cette "maladie qui tend à être dissimulée" touche un élevage breton sur quatre. "25 % des élevages détiendraient au moins un bovin positif. Dans le département, nous comptabilisons 50 à 60 nouveaux cas déclarés par an".

Une maladie qui s'achète

Au regard des résultats de 20 années de lutte, ce spécialiste pense donc "qu'il faut changer de méthode". À ce titre, un plan plus offensif pourrait prendre le relais du programme régional BVD, une fois que ce dernier sera bien accordé. Bernard Thibert ajoute : "Aujourd'hui, le département compte seulement 10 élevages qualifiés vis-à-vis de cette maladie. Pourtant, il s'agit là d'un vrai atout commercial. À titre d'exemple, les éleveurs du berceau de la race Limousine ont sélectionné leurs animaux sans se préoccuper du sanitaire. Aujourd'hui, ils sont contraints de s'approvisionner ailleurs, notamment chez nous".
Qualifiée de "maladie qui s'achète", la paratuberculose est une pathologie qui coûte cher à l'élevage bovin. "Un mémoire d'une étudiante de l'école vétérinaire de Nantes évalue les pertes laitières de 1,2 kg/jour à 6 kg/jour selon le niveau de contamination de l'élevage". D'où les conseils répétés du vétérinaire du GDS : "N'achetez des animaux que dans des élevages qualifiés. Faites un contrôle sérologique ou PCR (bouses) sur les bovins de plus de 18 mois ou sur la mère pour les animaux plus jeunes. Enfin, et c'est valable pour toutes les introductions, isolez les animaux achetés pendant 15 jours".

Viser la qualification

Dans le cadre de cheptels faiblement touchés (moins de 5 % d'animaux atteints révélés par prise de sang), le plan d'assainissement proposé par le GDS permet d'éliminer progressivement les animaux atteints par la maladie. "On peut bien gérer la maladie sans vaccination", est convaincu ce spécialiste.
"Pour agir, en complément des plans d'assainissements et pour protéger les 75 % d'élevages sains qu'a révélés l'Observatoire de la maladie, les GDS bretons ont décidé de financer et de suivre des élevages volontaires en qualification", précise encore B. Thibert, indiquant "que ce protocole de qualification financé à 50 % cible d'abord les élevages détenus par des jeunes agriculteurs, des vendeurs de reproducteurs. Ce suivi intègre des tests annuels répétés régulièrement sur les animaux de plus de 24 mois. L'objectif est d'arriver à terme à constituer des pépinières de reproducteurs indemnes de paratuberculose". À ce jour, 112 protocoles sont en cours et sur 2 428 bovins contrôlés dans 49 élevages, 76 se sont révélés positifs (3,13 %) dans 17 élevages (34,69 %).

Pour maîtriser la maladie

Maladie contagieuse qui se transmet par contact, la paratuberculose provoque une entérite chronique (diarrhée). "Le lait n'est pas contagieux. Ce sont les bouses qui sont sur les mamelles qui contaminent".
Pour parvenir à une bonne maîtrise de la maladie au cours des plans d'assainissements, il est nécessaire de traiter conjointement différents paramètres :
- Respecter les conditions d'hygiène générale et de distribution du lait au veau (la contamination des jeunes animaux se fait essentiellement par la mamelle)
- Remettre en cause l'utilisation du lait ou du colostrum dans certaines conditions sanitaires défavorables (en système laitier, séparer le veau de sa mère après la naissance)
- Veiller au bon nettoyage des aires d'exercice
- Faire attention à l'épandage de fumier et de lisier sur pâture
- La douve peut être porteuse de paratuberculose (facteur favorisant)
- Réformer les bovins, en tenant compte des filiations de positifs
- Vérifier l'impact génétique (sensibilité de certaines familles)
- Croiser les différentes analyses qui répondent différemment en fonction des stades de l'infection
- Réaliser une véritable enquête épidémiologique.
- Isoler les animaux malades, etc.

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Février 2005
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