Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Deux Cuma "désileuse automotrice" pour le coût et le travail
 
Le Morbihan n'avait jusqu'à présent aucune Cuma de distribution de l'alimentation bovine par désileuse mélangeuse automotrice alors que le département voisin d'Ille et Vilaine a commencé cette démarche depuis plus de 10 ans et compte actuellement une trentaine de machines. Ce constat avait amené la FDCuma à réaliser une journée départementale d'information et de démonstration sur ce thème. Une journée qui a porté ses fruits puisque récemment deux matériels viennent d'être acquis par deux groupes très différents et deux autres sont en cours de constitution.
La Ration.Com
à Noyal-Pontivy
La création de la Cuma La Ration.Com est partie d'une réflexion du groupe lait du GVA sur l'alimentation des animaux, pour en diminuer le coût et la charge de travail. Les éleveurs ont visité d'autres Cuma de ce type puis invité tous les éleveurs du secteur à une réunion. Tout cela a abouti à la constitution d'une Cuma spécifique de 11 éleveurs, en juillet 2004. La Cuma a tout d'abord disposé d'un matériel d'occasion puis a reçu son matériel neuf (RMH) en décembre et embauché un chauffeur à mi-temps (3,5 à 4 h par jour).
Les 11 adhérents de la Cuma produisent 3 millions de litres de lait et la tournée représente 43 km par jour (sauf le dimanche), avec deux noyaux principaux, sur Noyal et sur St Maudan. Une tournée qui est réalisée en 3 heures et demie. Pour ne pas distribuer le dimanche, la ration du vendredi est portée à 130% et celle du samedi (après-midi) à 170%.
Au départ, la facturation de la distribution (amortissements, intérêts, entretien, salaires et charges …) était de 15 euros/ 1 000 litres (10 cent. de F au litre). Actuellement, pour un coût global comparable, elle est faite au temps réellement passé. L'investissement de la machine se monte à 100 000 euros (HT). En cas de panne grave, le concessionnaire s'engage à fournir un autre matériel dans les 24 heures.
Seulement 3 adhérents à la Cuma de la Vallée
Le deuxième groupe a été constitué dans le cadre de la Cuma de la Vallée à Locqueltas (une Cuma intégrale polyvalente). Il ne compte pour l'instant que trois adhérents (3 gaec) pour un quota de 1,3 million de litres mais pour une tournée de seulement 7 km qui est réalisée en une heure 30 environ (dont 35% en déplacement et 65% en chargement-distribution). C'est chaque adhérent qui à tour de rôle (sur une semaine) conduit la machine. Si le nombre d'adhérents augmente à l'avenir (ce qui est très probable), le groupe envisagera l'embauche d'un chauffeur.
Comme pour l'autre Cuma, il n'y a pas de distribution le dimanche, mais deux le samedi (matin et après midi).
La machine a été achetée d'occasion (de seulement 250 heures). Avec un amortissement sur 9 ans (du fait de l'utilisation relativement faible), le coût de revient est de l'ordre de 10 euros aux 1 000 litres (environ 7 cent. de F au litre), mais sans facturation du chauffeur. En le rajoutant, ce serait un coût tout à fait comparable à la Cuma précédente.
La facturation se fait mensuellement. Les charges fixes (amortissement, intérêts, assurances …) sont réparties en fonction du quota et les charges variables (fuel, entretien …) en fonction du temps de travail effectif.
L'exemple de cette Cuma démontre qu'il n'est pas nécessaire d'être nombreux ni d'avoir 3 millions de litres de quota pour avoir ce type de distribution. Avec cependant la petite contrainte pour chaque adhérent d'assurer la distribution une semaine sur trois.
Gain de temps et d'argent
Les objectifs premiers des deux groupes constitués étaient de gagner en temps de travail et aussi en coût de distribution par rapport à une distribution individuelle (avec désileuse mélangeuse distributrice traînée). Pour le travail, le résultat est évident. Une distribution individuelle représente au moins une heure de travail par jour alors qu'à la Cuma la ration.Com, le temps est maintenant voisin de zéro et à la Cuma de la Vallée il est de 1 h 30, mais seulement une semaine sur trois.
Pour le coût, il n'y a pas non plus photo par rapport à un équipement individuel (voir ci-dessous). Les coûts au litre de lait affichés par les deux groupes du Morbihan sont tout à fait dans les normes des Cuma de ce type qui ont déjà de longues années d'existence. Ces exemples montrent qu'il y a du temps et de l'argent à gagner en investissant en groupe et pas seulement pour le gros tracteur.
De plus, avec ces équipements de distribution, les rations sont calculées et pesées au plus juste. Ce n'est pas sans raison que les adhérents constatent en général une légère progression du lait produit, une augmentation, parfois sensible, du taux protéique et en général une diminution des problèmes sanitaires d'ordre métaboliques.
La seule contrainte est en fait l'accès du matériel aux silos et surtout dans les bâtiments. La plupart des éleveurs doivent réaliser quelques aménagements.
Conclusion des éleveurs adhérents : "Il nous serait très difficile de revenir en arrière".

En individuel, c'est plus cher
De nombreux éleveurs s'équipent individuellement en mélangeuse distributrice, pour un investissement de 23 000 à 30 000 euros. Dominique Guého (FDCuma 56) a calculé le coût annuel de ces matériels individuels.
Le prix de revient de ce matériel (amortissement sur 7 ans, frais financiers, entretien …) est de 4 200 à 5 500 euros par an. À cela, il faut ajouter le coût d'utilisation du tracteur (quand il n'y en a pas deux…) pour une heure par jour. À 11,40 euros / heure pour un 75 cv (sur 300 jours), c'est un coût annuel de 3420 euros.
Tracteur plus mélangeuse représentent ainsi un coût annuel de 7 620 à 8920 euros. Soit pour un quota de 300 000 litres, de 25 à 30 euros aux 1 000 litres. Ce qui est presque le double de l'automotrice en groupe. Si le quota est de 400 000 litres, le prix de revient est encore de 19 à 22 euros aux 1 000 litres, soit encore sensiblement plus que l'équipement collectif.
Et, il faut rajouter le temps de travail !

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 11 Février 2005
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