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Le Gaec des Rencontres à Marcillé-Raoul a fait le choix d’élever toutes les génisses. « Nous avons des bâtiments disponibles, des surfaces en prairie naturelle à valoriser. Cette option nous permet de sélectionner nos génisses. Elle nous oblige à vendre des animaux, principalement des vaches en lait », explique Louis Rault, l’un des associés. Il recevait les adhérents du Contrôle laitier de la région de Dol lors de leur assemblée locale.
Tout élever est l’une des stratégies possibles en matière de génisses laitières. Ce n’est pas la seule. Il est aussi possible de se limiter aux stricts besoins, ou d’acheter la totalité du renouvellement ou encore de mettre en pension. Chaque formule présente des avantages et des inconvénients sur le plan du travail, des bâtiments, des fourrages, du sanitaire, de la trésorerie...
Alain Bazire (Bovins Croissance) a souligné devant les éleveurs présents que la tendance générale est à trop renouveler : le taux de réforme se situe à 34 %, les vaches en 1ère lactation représentent 35 % du troupeau et le numéro moyen de lactation est de 2,4. « Le problème, c’est qu’élever une génisse coûte en moyenne 915 euros, soit nettement plus que le prix de vente d’une vache à la réforme ».
Un besoin de 4 génisses par 100 000 litres
Pour coller au plus près des besoins réels de renouvellement, l’objectif est de se rapprocher de l’élevage de 4 génisses par an pour 100 000 L de lait. Ce chiffre a l’avantage de tenir compte du niveau de production du troupeau et de correspondre aux pratiques de nombreux éleveurs (entre 25 et 32 % de renouvellement).
Tout élever apporte de la sécurité dans le renouvellement et la sélection. L’argument du nombre insuffisant de génisses ne tient guère pour justifier cette option : 2,5 % des élevages ont moins d’un tiers de femelles sur le total de veaux nés, soit le renouvellement nécessaire. Élever un maximum suppose d’avoir des bâtiments, de disposer de fourrages suffisants et également d’avoir du temps disponible.
Dans cette stratégie, l’important pour Alain Bazire est de « se mettre en position de vendeur de génisses ou de vaches en lait ». L’animal doit être préparé et situé dans un lieu proche de la ferme. La décision de vente doit se prendre tôt : les marchés d’Afrique du Nord qui commencent à s’ouvrir, demandent des animaux avec 5 mois de gestation.
Points à prendre
en compte
Plusieurs éléments rentrent dans le choix d’une stratégie. D’abord les bâtiments. S’il faut construire ou agrandir, les charges de structure augmenteront pour plusieurs années. La mise aux normes peut être le point de départ d’une réflexion plus globale sur l’élevage. La contrainte des 170 kg d’azote d’origine organique peut entraîner une limitation de l’effectif de génisses.
Tout éleveur doit se poser la question du travail. Il peut être simplifié, mais jamais négligé. La constitution de lots homogènes au niveau de l’âge ne doit pas être oubliée mieux gérer le travail et la croissance de la génisse. À noter que le temps de travail moyen par génisse est estimé à 18 heures.
Avoir moins de génisses a des conséquences sur l’utilisation des terres. Y a-t-il ou non des surfaces en herbe à valoriser comme au Gaec des Rencontres ? Quelle valorisation peut-on espérer des surfaces libérées avec des cultures ou une autre production ?
Suivant la conduite en matière de génétique, la logique à adopter va varier. Difficile d’acheter tout le renouvellement à l’extérieur quand on privilégie un suivi génétique. Il n’y a pas de réponse unique. À chaque éleveur d’opérer le meilleur choix en fonction de ses contraintes et de ses atouts.
Paul Chauvin
Les réunions à venir du Contrôle laitier : Melesse le 1er février, Beaucé le 2 février et Drouges le 4 février.
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