|
Près de la moitié de l'objectif d'azote résorbé (44 %), deux cantons (Scaër et Quimper) à plus de 100 % de l'objectif, 300 stations de traitement de lisier de porc prévues à moyen terme, montée en puissance des solutions en production avicole. "Le chantier de l'environnement avance", se félicite André Paul, membre de la Chambre d'agriculture chargé du dossier "résorption de l'azote".
Autant de raisons, aussi, pour rappeler que les agriculteurs "n'accepteront pas de nouvelles contraintes", comme prévient André Sergent, membre chargé du dossier environnement, qui fait allusion à un courrier récent de la Préfète de Région. "De nouvelles contraintes fortes sur les apports de phosphore peuvent avoir des incidences importantes sur les possibilités de valorisation des déjections animales, sur les coûts de traitement et donc sur l'avancée de la résorption".
Promouvoir les stations semi-collectives
Refus de voir l'étau se serrer donc. D'autant que le contexte global ne facilite pas les choses. "Nous ne pouvons que constater le refus des projets collectifs", déplore A. Paul qui cite Val Ouest, Comethe, le site pilote de combustion de fumier de volaille à St-Jean-du-Doigt. "Sans parler des difficultés du projet de méthanisation de Lannilis".
Dans cette situation, la Chambre cherche à promouvoir les projets semi-collectifs entre 2 et 10 éleveurs, moins coûteux que les solutions individuelles et mieux acceptés par la société. "Sept stations semi-collectives sont actuellement en fonctionnement sur le département".
Un important travail en amont consiste à rapprocher les éleveurs pour qu'ils se regroupent autour de projets communs. "Une tâche pas toujours facile", reconnaît André Paul. "Pour que ça se fasse, il faut que les éleveurs aient les mêmes projets de carrière ; qu'il y ait un éleveur qui accepte de coller une station à son exploitation". Ce type de regroupement pose également des problèmes au niveau aides financières.
Urgent de s'engager
Une estimation de la DDA 29, faite durant l'été 2004, fait état de 3 544 élevages éligibles au PMPOA2, dont environ 2 900 susceptibles de faire un Dexel ou une pré-étude. Reste qu'en décembre, 426 dossiers (Dexel + pré-études) seulement avaient été déposés. "Cela représente environ 15 % des élevages susceptibles de faire effectivement un dossier de demande d'aide", chiffre la Chambre qui conclut : "Il est urgent que les éleveurs s'engagent dans le PMPOA2".
Pour prétendre aux subventions, en tenant compte des délais d'instruction, les dossiers doivent être déposés avant fin 2005, même si un délai de 3 ans, au-delà de fin 2006, peut être accordé pour la réalisation des travaux.
"La mise aux normes, qui n'est pas forcément coûteuse, est nécessaire pour une bonne valorisation et transmission de l'exploitation", insiste le président de la Chambre qui conseille aux éleveurs de "valoriser l'existant" (lire témoignage).
Didier Le Du
|
|