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Installé depuis 1987 à Plouescat (29), Marc Calvez a progressivement développé son entreprise de fleurs coupées. Au départ, il produisait de la tulipe (récoltée du 15 janvier au 15 mars) et du lys (printemps-été-automne) dans une serre de 2000 m2. En 1992, il agrandit ses surfaces de 2500 m2 et décide de cultiver le lys toute l'année grâce à l'éclairage, une technique importée de Hollande. Il ajoute aussi le muflier (ou gueule-de-loup) à sa gamme : une fleur récoltée de mai à la Toussaint. "Nous préférons ne pas tout miser sur la même fleur. En plus, c'est intéressant de varier les productions".
Depuis cette orientation, la production de lys a été fortement accrue avec deux autres augmentations de surface : 3500 m2 en 1998 et 3500 m2 en 2002. Aujourd'hui, la production de Marc Calvez s'élève à plus de 1 million de tiges par an pour le lys, 400 000 tiges pour la tulipe et 200 000 pour le muflier. Les plantations se font toutes en pleine terre et manuellement. L'entreprise emploie 5 personnes à temps plein (dont Marc et sa femme Anne) et un salarié occasionnel.
Un marché très évolutif
"Les agrandissements, les évolutions de produits, de variétés se font toujours en concertation avec le service commercial de la Sica Fleurs Kerisnel. Avant de produire, il faut s'assurer que des débouchés existent", précise Marc Calvez. "Même si les grands classiques reviennent (roses rouges pour la St Valentin, fleurs blanches pour les mariages…), le marché varie énormément d'une année à l'autre et selon les saisons", ajoute Jean-Michel Rolland, chef du service fleurs à la Sica de Saint-Pol-de-Léon.
La diversification de l'offre fait partie de la stratégie du groupement qui rassemble aujourd'hui 26 producteurs sur 20 ha de serres avec une production de 40 millions de tiges par an. "La gamme est passée de 7-8 produits il y a 10 ans à 30-40 aujourd'hui, avec de très petites niches. C'est un service pour les clients".
Avant de répondre aux demandes formulées par les clients auprès du service commercial, "le groupement et les producteurs doivent s'assurer que la culture soit techniquement faisable et qu'elle soit rentable". La recherche de diversification mène parfois à des échecs. Marc Calvez avait réalisé un essai de lysianthus sur son exploitation. "Trop fragile et supportant peu d'hygrométrie, cette culture a finalement été abandonnée".
Même s'ils sont encadrés par des techniciens, les producteurs font eux-même leur apprentissage des différentes cultures. "Chaque outil de production est différent. Au début quelquefois, on tâtonne". Marc Calvez se rappelle par exemple de la première année de culture du muflier. "Nous laissions les bourdons et insectes entrer dans les serres, ne sachant pas que la pollinisation qu'ils entraînaient faisait faner les fleurs précocement. Des filets ont rapidement été placés sur les ouvrants".
Très peu de traitements
Le producteur est vigilant quand à la fertilisation de ses sols : des analyses de terre sont effectuées tous les ans. Les résidus de culture sont réintégrés au sol. Pour gérer les parasites et les adventices, une désinfection des sols est réalisée tous les 3-4 ans. "Le suivi des cultures est permanent et quand un problème est détecté, l'information doit me revenir le plus rapidement possible pour traiter localement. L'arrosage au goutte à goutte permet aussi de réduire les risques". Aujourd'hui, l'utilisation de produits phytosanitaires est réduite au minimum.
Agnès Cussonneau
De lourds investissements
La production de fleurs coupées demande de lourds investissements. La dernière serre construite par Marc Calvez a représenté un coût de 107 euros/m2 prête à produire (avec écran thermique, chauffage, éclairage, ordinateur gérant le climat…). L'écran thermique sert à réduire la luminosité en été et à garder la chaleur en hiver (gain de 35 à 40% de chauffage). Divers autres outils sont utilisés dans l'entreprise : un hall de conditionnement, un chariot élévateur, un fourgon, des chariots de récolte qui apportent confort de travail et rapidité, une chaîne de conditionnement (19 800 euros) qui effeuille, coupe et lie les tiges…
Trois cellules frigorifiques ont également été mises en place il y a deux ans (38 100 euros) : l'une d'elles sert à la conservation ponctuelle des fleurs, les deux autres au stockage des bulbes à -2°C. "Cet investissement me permet de faire venir directement sur l'entreprise une semi-remorque de bulbes de Hollande environ tous les trois mois".
Concernant les charges opérationnelles, l'achat de bulbes représente le premier poste (en lys : 183 000 euros/an). "Les commande sont passées un an à l'avance avec les fournisseurs hollandais. Une relation de confiance doit s'instaurer. La réussite et l'homogénéité des cultures dépendent de la qualité des bulbes".
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