Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Agriculture raisonnée : Une démarche de qualité appliquée à toute l’exploitation
 
Daniel Guillermou s’est installé en 1996 après ses parents sur la commune de Coat Méal, au nord de Brest (29), après une expérience d’une dizaine d’années comme salarié dans une ETA. Il fait aujourd’hui partie du cercle encore restreint des agriculteurs bretons qualifiés Agriculture raisonnée.
L’exploitation reprise par Daniel compte 40 ha de terre, un troupeau laitier de 35 VL pour un quota de 232000 litres de lait et un atelier de porc à l’engrais de 266 places non exploité. Son épouse travaille à l’extérieur. Rapidement dès son installation, il doit investir pour remettre la porcherie en service et déplacer l’étable. «L’essentiel des surfaces se situait de l’autre côté d’un axe routier très passager. Il était donc nécessaire de transférer l’étable, pour améliorer les conditions de travail. Mais aussi pour atteindre l’objectif fixé du maxi pâturage».
Parallèlement il fait évoluer la race du troupeau laitier. « J’ai décidé d’abandonner progressivement la Prim’Holstein pour aller vers la Monbéliarde, mieux adaptée à la conduite de troupeau que je voulais . Elle valorise mieux les fourrages et a un pic de lactation moins élevé mais plus long ». Aujourd’hui, le troupeau compte 1/3 de Monbéliarde, 1/3 de Prim’hosltein, et 1/3 de croisés. « Mon objectif est de maintenir le troupeau à 7500 kg, avec une dépendance la plus faible possible de l’extérieur ». Une conduite semi-extensive dans l’optique d’une réduction des coûts. «Le silo à maïs est fermé d’avril à septembre. Les concentrés ont été divisés par trois et les frais vétérinaires considérablement réduits.»
Le quota limité et la proximité de l’agglomération brestoise l’ont également amené à s’intéresser la vente directe d’une partie de sa production de viande. «Je vends chaque année en direct une dizaine de bœufs élevés à l’herbe et quelques veaux».

Une évolution naturelle

Toute cette évolution depuis son installation s’est réalisée en intégrant aussi les démarches officielles de qualité : CQVB et CBPE. Le CTE, avec une prédominante environnement, lui a par ailleurs permis de rémunérer les pratiques respectueuses de l’environnement.
À chaque fois que l’occasion se présente, l’éleveur n’hésite pas à aller en formation, sur les techniques culturales simplifiées qu’il pratique depuis 5 ans, sur le temps de travail, sur la reproduction du troupeau laitier, sur le temps de travail, le stress … «Pour me former, mais aussi pour sortir de l’exploitation, rencontrer les autres. Il y a toujours quelque chose à apprendre ».
Homme d’ouverture et attiré par les nouveautés, c’est donc tout naturellement qui s’est intéressé à la démarche agriculture raisonnée. « Une suite logique des autres démarches qualité et du CTE.»
Pour Daniel, la progression vers la qualification de son exploitation obtenue en décembre 2004, s’est faite sans trop de difficultés. Il met en avant deux conditions : de la rigueur dans les enregistrements et un grand ménage dans le classement des documents. « Je suis bien équipé en informatique, avec notamment l’outil Agri Pocket (Isagri), qui me suit partout et toute la journée ». Chaque geste est ainsi instantanément enregistré en élevage comme en culture : la vache saillie ou inséminée, le vêlage, l’intervention sanitaire, les quantités de lisier ou fumier épandus par parcelle, la fertilisation minérale …Il lui suffit ensuite de connecter l’outil à l’ordinateur dans le bureau pour que les données soient transférées. «Pas de doubles saisies, manuelles et informatiques». Les documents de synthèses sortent automatiquement. « Un gain de temps non négligeable ».
Attente de reconnaissance

Pour autant, il reconnaît que la qualification ne s’acquiert pas d’un coup de baguette magique. « Le référentiel avec ses 98 points est copieux, surtout lorsqu’il y a plusieurs ateliers, lait, porc et culture ». Et si le pré-diagnostic réalisé avec l’aide des techniciens de la Chambre a permis de répondre à l’essentiel des différents points, l’organisme réalisant l’audit de qualification (Clave) ne lui a pas fait de cadeaux. Tout a été passé au peigne fin dans les moindres détails. « Même après un pré-diagnostic bien conduit, il y avait quelques imperfections à corriger. Il manquait par exemple l’attestation de destination des bidons phytosanitaires. Le local de stockage des produits n’était pas jugé conforme. J’ai dû fournir les attestations et les photos des modifications du local avant d’obtenir la certification». Il s’est aussi engagé à suivre des formations, sur le bien-être animal, sur la sécurité en exploitation, à participer aux opérations de collectes spécifiques des bidons et bâches …
Au final, Daniel Guillermou juge cette démarche plutôt favorable. « Cela oblige à se plonger dans le détail de son exploitation. Elle met en évidence les atouts et les faiblesses, les domaines à améliorer. Et donne des arguments pour engager le dialogue avec le reste de la société ». Il rajoute : « Dommage aussi qu’il n’y ait pas le coup de pouce financier sur les produits issus des exploitations certifiées, pour inciter plus d’éleveurs à s’y engager. Ce serait une sorte de reconnaissance.» Il attend par ailleurs l’aide promise par le conseil régional (ancienne majorité) pour l’audit de certification. Un courrier dans ce sens a été adressé au nouveau président de la Région . « J’attends la réponse » . L’annonce récente du nouveau ministre de l’agriculture, Dominique Bussereau, d’un panneau identifiant les exploitations certifiées est une bonne nouvelle. « Un plus, surtout pour la vente directe ».

Pierre Dénès


Agriculture raisonnée, un référentiel global

Agriculture raisonnée s’appuie sur un référentiel qui comprend 98 exigences : 40 % sont des mesures sont réglementaires et 60 % sont des exigences de bonnes pratiques dans les différents domaines liés à l’environnement, la maîtrise des risques sanitaires, la sécurité au travail, le bien-être animal. Le nombres d’exigences varie en fonction du type d’exploitation.
La certification se déroule par étapes. Les agriculteurs qui s’engagent sont invités à une formation , un pré diagnostic est réalisé avec l’aide de techniciens. Lorsque l’exploitation est jugée apte à répondre au référentiel, un organisme certificateur indépendant (choisi par l ‘agriculteur) réalise l’audit de qualification.


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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 28 Janvier 2005
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