|
Qu’est-ce qui peut rapprocher Serge et Irène Guérin producteurs de porcs de Plénée-Jugon (à l’est des Côtes-d’Armor) et la salaison Debroas située dans l’Ardèche à Largentière ? Le premier est partie prenante de « Cochon de Bretagne ». À ce titre, le cahier des charges qu’il s’impose dans son élevage permet à la marque d’être présente dans la viande fraîche, mais encore insuffisamment dans les produits de première élaboration, la charcuterie cuite, les surgelés et la charcuterie sèche. C’est sur ce dernier créneau qu’intervient la salaison Debroas.
Cette entreprise est spécialisée dans le saucisson sec, une spécialité ardéchoise. Il est fabriqué suivant la technique mise au point par son fondateur : viande fraîche (épaule et poitrine), hachage traditionnel, sel et poivre exclusivement et respect de la durée d’affinage (4 à 8 semaines). Un produit artisanal avec une personnalité.
Pour faire face à l’accroissement des ventes, Alain Dutertre, originaire de Plénée-Jugon et repreneur de la société il y a huit ans, s’est tourné vers Cochon de Bretagne pour conforter son approvisionnement devenu difficile dans le Sud-Est. « J’aurais pu aller acheter en Espagne, mais j’ai eu envie de travailler avec des éleveurs bretons. J’ai les garanties de transparence, de traçabilité qui correspondent aux attentes des consommateurs ». Il peut ainsi savoir si les pièces qu’il achète viennent de l’élevage Guérin.
Le partenariat va plus loin. Debroas fabrique depuis quelques mois trois produits destinés à la grande distribution de l’Ouest avec sur l’étiquette le logo Cochon de Bretagne. L’un s’appelle d’ailleurs le « Penbaz », le bâton, une saucisse sèche droite. Daniel Picart, le président de Cochon de Bretagne se réjouit de voir la marque associée à la charcuterie sèche, des produits nobles par nature avec une image qualitative et festive. « Cela fait énormément plaisir aux éleveurs d’être reconnus pour le travail qu’ils font ».
Inutile de préciser que tout a été fait pour assurer l’approvisionnement : les commandes partent deux fois par semaine de l’abattoir Bigard avec un délai de livraison maximum de deux jours après abattage. Les volumes restent modestes, de l’ordre de 60 tonnes pour 2005, avec un doublement dans les trois ans. Debroas reste encore un « artisan » avec ses 2500 tonnes annuelles et ses 70 salariés.
Cochon de Bretagne c’est
- 15 groupements de producteurs avec 3300 éleveurs, 870 adhèrent au cahier des charges,
- Des partenaires : fabricants d’aliments et six industriels.
- Un cahier des charges avec une certification de conformité produit. Il se décline au niveau de l’alimentation, du bien-être, de l’environnement et de la traçabilité.
La démarche permet de valoriser le métier d’éleveur en prouvant que le « Cochon de Bretagne, bien né, bien élevé » mérite d’être reconnu par le consommateur comme signe distinctif de qualité.
|
|