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Depuis le 1er janvier 2004, les élevages de veaux de boucherie doivent respecter la réglementation européenne en matière de bien-être animal. Un véritable tournant pour les producteurs qui voient leurs conditions de travail modifiées par l’installation de cases collectives pour les veaux de plus de 8 semaines. Les options techniques retenues (élevage sur paille ou sur caillebotis, alimentation au seau ou au distributeur automatique de lait) bousculent incontestablement l’organisation du travail.
Les revenus marquent
le pas
C’est aussi un véritable défi économique pour de nombreux éleveurs qui ont dû investir massivement et rapidement.
En deux ans, le capital d’exploitation des élevages en intégration a presque doublé, passant de 246 € par place en 2001/2002 à 436 € en 2003/2004. Les charges directement liées à ces investissements bien-être (les amortissements de bâtiment et matériel d’élevage ainsi que les frais financiers) augmentent de 65%, faisant grimper les charges de structure totales de l’exploitation à 124 € par place. Dans le même temps, les produits de l’activité veau de boucherie progressent de plus de 20 € par place. En 2003/2004, les éleveurs ont perçu une rémunération moyenne de 91 € par veau, prime à l’abattage comprise.
En définitive, les revenus des deux dernières années marquent logiquement le pas par rapport à 2001/2002. Avec 17 600 € par UTH familiale, le revenu 2003/2004 reste cependant bien supérieur aux 13 000 € des années 1998 à 2000.
En effet, depuis trois ans, les éleveurs de veaux de boucherie bénéficient d’une conjoncture favorable. Dans un contexte plutôt agité pour les produits carnés, le veau «né, élevé et abattu en France» bénéficie d’une bonne image et répond aux exigences de sécurité du consommateur. De plus, de nouvelles spécialités, à cuisson rapide ou festives, apparaissent sur le marché pour redynamiser la consommation. Enfin, le veau, produit typiquement européen n’est pas soumis aux fluctuations du marché mondial.
Des sommes importantes engagées
L’équilibre offre/demande du marché doit s’inscrire dans le temps pour assurer la pérennité des élevages. En effet, les producteurs ont engagé des sommes importantes jusqu’en 2010 environ. L’endettement moyen est aujourd’hui de 70 % pour les exploitations spécialisées. Un éleveur sur cinq est endetté à plus de 80 %. Ce nombre est toutefois stable entre «l’avant» et «l’après» mise aux normes, ce qui est prometteur.
Sur le plan structurel, avec 19.000 places de veaux de boucherie, la Bretagne maintient son potentiel de production.
Ce premier bilan, plutôt positif, de la mise aux normes bien-être ne doit pas occulter les tensions qui se dessinent à court terme. Les nouvelles réglementations sur le transport des animaux et la réforme laitière dans le cadre de la nouvelle Pac pourraient peser sur l’approvisionnement en veau, et en renchérir le coût. La définition européenne du veau de boucherie, fixant un âge et un poids de carcasse maximum, reste un point de désaccord entre les états membres. La possibilité d’utiliser le mot «veau» au-delà de 8 mois modifierait les rapports de force sur le marché européen.
Geneviève de Lansalut
CER BRETAGNE, Ille et Vilaine
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