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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°4671 |
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La baisse des prix à la consommation inquiète les producteurs
 
La FRSEAO (Bretagne – Pays de la Loire) a fait le point en ce début de semaine sur la situation laitière. Une situation qui ne devrait pas se traduire par une baisse sensible du prix au premier trimestre, mais qui semble plus inquiétante pour la suite.
La collecte à la hausse
Alors que la collecte laitière accusait un déficit sur l'année passée, elle est actuellement repartie à la hausse de manière assez sensible. Cette progression inquiète la FRSEAO du fait de l'état de dégradation actuelle des marchés : "Quand les marchés ne sont pas bons, il ne faut pas produire plus pour ne pas accentuer la baisse des prix".
Le président, Marcel Denieul, invite de ce fait les producteurs à ne pas forcer et appelle également les entreprises laitières à ne pas pousser à la production (prêts de quotas…) : "Dans le contexte de marché dégradé, ce serait inconséquent".
Bataille pour des parts de marchés
Cette progression de la collecte inquiète d'autant plus que les marchés sont actuellement difficiles, tant pour les produits industriels que les produits de grande consommation.
Après une bonne période en automne dernier, les marchés de la poudre et du beurre se sont dégradés à partir de décembre dernier : "La Commission européenne finit par arriver à ses fins avec la réduction des restitutions".
Mais, plus encore que celle des produits industriels, c'est la baisse des produits de grande consommation qui inquiète les producteurs : "Les entreprises laitières françaises se livrent une lutte pour des parts de marchés, suicidaire pour elles et les producteurs". Ceci est particulièrement évident pour le lait de consommation où les capacités de productions sont bien trop importantes (de 400 millions de litres en France) mais aussi pour d'autres produits : "Ce qui se passe actuellement est dramatique pour la filière française, on est en train d'écrouler les marchés. Il faudra que nous prenions des mesures si la raison ne prévaut pas".
Les producteurs ne demandent pas une concentration à tout prix des entreprises mais au moins une approche plus collective des marchés : "Le schéma du chacun pour soi est inadapté à la nouvelle donne laitière. En particulier pour les "1er prix" et les marques distributeurs, il peut y avoir des alliances d'entreprises. Déjà en 98 nous disions que les entreprises étaient trop atomisées et depuis rien n'a été fait. Nous ne voulons pas de course par élimination car dans ce cas il y a toujours des gens qui payent (producteurs et salariés). Mais actuellement, le bon sens ne prévaut pas dans la filière, chacun en se débattant enfonce le voisin. Il faut aussi que les coopérateurs comprennent que leur avenir dépasse les frontières de leur entreprise".
Une baisse modérée du prix au 1er trimestre
La dégradation actuelle des marchés ne devrait pas avoir une trop forte incidence sur le prix payé aux producteurs au premier trimestre 2005, compte tenu su système de calcul mis en place en septembre dernier. Marcel Denieul parle "d'une baisse très modérée, à mettre aussi en parallèle avec l'aide laitière".
Pour la suite par contre, il est beaucoup moins optimiste. Et, ce qu'il craint par dessus tout c'est "le risque d'explosion du système de fixation du prix mis en place en septembre à cause des difficultés de certaines entreprises".

Jean Louis Le Rest


En bref

Pour le paiement des grammes différentiels, la FRSEAO constate la pression des entreprises pour les payer moins cher, alors qu'elles ont par le passé incité les éleveurs à produire un lait plus riche : "Si le prix global restait le même, on pourrait discuter, mais l'objectif très clair est de payer le lait moins cher et nous seront très vigilants sur ce point".
Pour le plan de modernisation des bâtiments, les responsables syndicaux regrettent l'insuffisance du budget et de ce fait de donner la priorité à ceux qui réalisent des travaux de modernisation dans le cadre de la mise aux normes : "Tout ce qui peut inciter à la mise aux normes, il faut le faire".
Le congrès de la FNPL (Fédération Nationale de Producteurs de Lait) se déroulera à St Malo (Palais du Grand Large) les 16 et 17 mars prochains.

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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 28 Janvier 2005
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