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Fait divers au Japon : dans un centre d’affaires de Tokyo une culture hydroponique ( sans sol ) de salade et tomate a été installée au sein de l’ancienne salle de coffres d’une banque. Tout cela pour convaincre de recycler dans l’agriculture moderne, ses salariés victimes de licenciements. Et le chroniqueur du quotidien publiant cette information explique que, pour ces cultures, gros avantage : aucun engrais n’est utilisé. Pour les lecteurs de ce grand quotidien national voilà un exemple de culture écologiquement responsable puisque sans engrais... Ils se souviendront pourtant que la matière vivante se construit à partir des quatre éléments que sont le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote mais aussi grâce aux éléments minéraux apportés par la solution nutritive que l’on évite d’appeler engrais. Le plant de tomate ne vit donc pas seulement d’eau fraîche encore moins si elle est dépourvue de nitrates. C’est devenu un argument de vente pour des eaux de table qui se distinguent par la mention « zéro nitrate ». Pourquoi diaboliser cette source d’azote indispensable à la vie sous prétexte qu’en excès, ses effets sont néfastes à l’environnement ? Sans azote pas de vie. Il faudrait donc éviter aussi de manger salade et épinard. À force de nous proposer de tels arguments au lieu de faire de l’alimentation une fonction aussi essentielle qu’agréable on nous la présente comme dangereusement trop riche en ... ou trop pauvre en... L’idée d’aliment pour se soigner est née et l’on a inventé un triste mot pour le dire : alicament. Le consommateur achète et les industriels de l’agroalimentaire les fabriquent, à coup d’oméga 3 et autres anti-cholestérols. Laissons donc les médicaments à la pharmacie et si vous lisez ces lignes à l’heure du repas, bon appétit quand même.
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