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Les gîtes ruraux, fermes-auberges, chambres d’hôtes, les fermes pédagogiques… sont des formules bien connues de l’accueil à la ferme. Répondent-elles aux aspirations d’une clientèle qui évolue ? En ajoutant quelques prestations nouvelles, l’offre se trouve diversifiée. De telles activités, le plus souvent complémentaires de l’exploitation, doivent donner lieu à rémunération. Elles doivent aussi être régulières ce qui n’exclut pas la saisonnalité. Ces principes ont été rappelés par Valérie Cuvelier lors d’une réunion à Domalain sur l’accueil à la ferme.
À l’hébergement classique, il est possible d’ajouter des notes supplémentaires : parcours de pêche ou de découverte des produits de la mer, activités physiques (yoga…) ou autour de la santé, du bien-être. On peut proposer des stages de cuisine ou offrir des équipements pour les jeunes enfants y compris du baby sitting. Les campings cars sont également demandeurs de lieux sécurisés. Les viticulteurs y ont vu rapidement un intérêt.
Ne pas oublier la clientèle de proximité
L’accueil à la ferme vise aussi d’autres publics. Ce sont les enfants avec des séjours vacances en accueil familial ou en groupe voire le placement permanent ou temporaire. Quelques agriculteurs accueillent aussi des handicapés ou des personnes âgées, soit lors de séjours, soit pour une visite.
La restauration peut se décliner avec du cochon grillé, une aire de pique-nique avec vente directe, des goûters d’anniversaire d’enfants ou encore une activité de traiteur avec une location de salle. Les randonnées à la ferme, les sentiers-découverte, les labyrinthes, les animations culturelles (concerts, contes, théâtre…) ont été testés par quelques-uns. On peut encore citer des formules de pension pour les chevaux, chats, chiens… La liste n’est pas limitative.
Ces offres de services ou d’activités nécessitent d’avoir « la fibre » pour réussir dans le domaine choisi. Nouer des partenariats avec d’autres professionnels pour trouver les compétences nécessaires se révélera souvent nécessaire. Et avant tout, il faut essayer de repérer la clientèle. Une activité de chef d’entreprise tout à fait différente de celle d’un producteur de lait ou de volailles.
Paul Chauvin
7 points à examiner avant de se lancer
Créer une activité d’accueil à la ferme ne s’improvise pas. Alors la Chambre d'agriculture propose une démarche pour se poser les bonnes questions.
1 – Faire le point sur sa situation personnelle, l’exploitation, repérer les compétences, les atouts et les handicaps.
2 – Préciser ses motivations pour un projet d’accueil et se définir des objectifs : revenu, travail, valeur ajoutée…
3 – Analyser l’environnement au niveau de la localisation du projet : les atouts, les handicaps, les partenaires et les concurrents.
4 – Identifier le marché. Quelle est la clientèle potentielle ? Quelles sont ses attentes ? Cela permet d’adapter le projet aux besoins. Ne pas oublier d’analyser la concurrence et son offre (prix…).
5 – Construire le projet. Les produits et les services doivent être définis ainsi que les équipements, les besoins en travail, la réglementation à respecter, les démarches à prévoir.
6 – Évaluer les investissements : plans, travaux à réaliser, devis, financement.
7 – Mesurer la rentabilité. Quel va être le chiffre d’affaires, les charges ? Où se situe le seuil de rentabilité ?
Ces différentes étapes permettront au final de ne pas être surpris ou déçu. Et surtout quand il s’agit de projets innovants, il faut bien connaître son dossier pour aller le défendre auprès de financeurs. L’appui de la Chambre d'agriculture (formations, supports…) peut se révéler utile.
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