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Finistère (29)
Le robot, une solution au problème de la main-œuvre en système lait-légume
 
Lait et légumes. Ce système traditionnel de la zone légumière compte ses atouts, mais aussi ses contraintes. Si ce binôme séduit pour son équilibre économique et agronomique, il a été délaissé par plus d'un agriculteur parce que trop gourmand en main-d'œuvre. "Le fait d'être obligé de traire à heures fixes, tous les jours, était vécu comme une contrainte", admet Ronan Kerrien. "Sans oublier, les périodes de récolte de petits violets où, après les journées qui se terminent à 18 h 30, il fallait encore traire".

Un choix global d'organisation

Mise aux normes, parents qui décrochent un peu de l'exploitation, volonté de se projeter dans les 20 ans à venir. Autant d'éléments qui ont conduit les deux frères Kerrien à opter pour le robot de traite. "Sur notre exploitation, le choix de rationaliser le travail n'est pas nouveau. Nous adhérons depuis plusieurs années à une Cuma tracteur-chauffeur. Nous sous-traitons avec un voisin les traitements des cultures de céréales et de maïs. L'installation du robot de traite va aussi dans ce sens d'organisation du travail".
Ces priorités délimitées, le coût n'était plus le seul argument de choix. "Le robot a coûté 125 000 euros, soit environ 40 000 euros de plus qu'une salle de traite", calculent ces agriculteurs qui ont transformé un bâtiment génisses relativement récent en stabulation pour vaches. "Une aile de 500 m2 a été ajoutée à l'existant. Les veaux et les petites génisses sont logés dans un côté du bâtiment, les vaches de l'autre. Les grandes génisses occupent désormais l'ancienne stabulation des vaches". Une conception qui a été rendue possible, notamment par le faible encombrement du robot de traite comparativement à une salle de traite.

Des vaches plus calmes

Toujours avec ce regard sur le travail, ces éleveurs ont fait le choix de logettes sur tapis-sciure avec racleur. "Nous mettons 3 m3 de sciure tous les 10 jours avec le godet distributeur. Nous avons calculé que 3 ans d'achat de paille suffisaient pour payer le surcoût d'installation des logettes".
Chez ces éleveurs produisant 350 000 litres, le robot fonctionne depuis avril dernier. "Aujourd'hui, c'est un plaisir d'aller voir les vaches. Vaches qui d'ailleurs sont nettement plus calmes", note Yves qui souligne aussi le fait que la semaine est bouclée le samedi midi pour celui qui n'est pas d'astreinte. Quant aux vaches, elles semblent s'être adaptées sans difficulté à la nouvelle installation. "En 5 jours, la quasi-totalité des vaches s'est habituée à la traite robotisée, même si certaines ont mis 3 semaines à s'y faire", racontent les éleveurs.
À la belle saison, les laitières ont accès à 9 ha de pâture. "C'est suffisant dans le cadre de notre système puisque nous ne fermons jamais le silo à maïs". À remarquer aussi que les vaches, qui n'ont pas d'eau au champ, reviennent facilement vers la stabulation avec passage obligé en stalle de traite (couloir de circulation équipé de barrières anti-recul).

En Bref

Portes ouvertes
L'utilisation d'un robot de traite en système lait-légume de plein champ reste exceptionnelle (2 installations en Finistère). Ce choix suscitant de nombreuses questions de la part d'agriculteurs, Ronan et Yves Kerrien ont décidé d'ouvrir les portes de leur élevage, le samedi 8 janvier 2005, de 10 h à 17 h.
>>>> Fléchage à partir du bourg de Taulé.

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 24 au 31 Décembre 2004
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