Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Les EDE sont régionalisés
 
«Je peux vous annoncer que la réorganisation des EDE a trouvé un consensus entre les 4 départements ». C'est ainsi que le président morbihannais, Jean Paul Huet, a débuté son rapport d'orientation lors de l'assemblée générale de l'EDE. Une réorganisation qui ne s'est pas faite sans difficultés et qui crée aussi quelques craintes chez les salariés. Jean-Luc Fossé, éleveur dans le Pays de Redon et responsable de la Recherche appliquée au niveau régional a tracé les grandes lignes de cette réorganisation régionale qui à terme devrait améliorer l'efficacité et réduire les coûts
Une évolution inéluctable
La diminution du nombre d'agriculteurs et des sources de financement imposent à l'ensemble des organisations agricoles une évolution ou même une véritable restructuration. C'est ce qu'ont voulu faire les EDE bretons.
Depuis déjà une dizaine d'années, les stations expérimentales (Chambre d'agriculture – EDE) avaient été régionalisées et adaptées. Ainsi par exemple, Kerlavic (29) disparaît (en tant que station régionale), Crécom abandonne les vaches allaitantes pour se consacrer au porc, Mauron abandonne l'expérimentation mouton (mais en garde, en démonstration) mais garde la viande bovine. À ces fermes expérimentales se rajoutent des réseaux d'élevages et de parcelles.
Mais, il restait à réorganiser les EDE eux-mêmes « qui ont des ingénieurs dispersés dans 6 filières et 4 départements, avec une complexité interne et un manque de lisibilité à l'extérieur ». La diffusion des références reste aussi à harmoniser dans un souci d'économies. S'il y a une seule revue porcine, chaque département avait sa revue bovine (à partir de janvier 2006, il y en aura une seule).
Trois pôles régionaux
Les ingénieurs des EDE travaillaient en 6 pôles différents jusqu'à présents. Ceux-ci vont être réduits à 3, ce qui diminuera aussi le nombre de commissions professionnelles. Par contre, la commission scientifique (avec l'Inra, les Instituts), sera conservée.
Les 3 pôles créés s'articuleront autour des herbivores (24 équivalents temps plein + le personnel des stations), du porc et aviculture (18 équivalents temps plein) et de l'agronomie-environnement (14 équivalents temps plein). Les présidents et chefs de pôles ont été désignés. Le personnel reste identique (au moins au départ) ainsi que la localisation des agents.
Au-delà de cette réorganisation, des axes stratégiques ont été définis. Ainsi par exemple, le besoin d'une recherche appliquée créative a été réaffirmé. Il faut développer les partenariats politiques, techniques et financier en amont et en aval, ou encore jouer une totale transparence. Et aussi diminuer la recherche purement agricole au profit des aspirations sociétales. Le tout à budget constant, si ce n'est en diminution.
Un des risques de cette régionalisation est tout naturellement l'éloignement de la recherche du terrain. Pour J.-P. Huet, « il faudra organiser la proximité, maintenir la diffusion auprès des techniciens de terrain, des éleveurs, des organismes, des groupements. Le maintien des équipes en antennes départementales est sûrement un des moyens… »
Identification
et filiation à la région
Une des fonctions obligatoire des EDE est l'identification bovine et la filiation. Le plus facile n'a pas été de trouver une solution régionale dans ce secteur, d'autant qu'actuellement la loi prévoit que ce sont les EDE départementales qui assument ces fonctions.
Une solution provisoire pour 2005 a été trouvée dans le cadre de la Fédération bretonne des EDE (FEDEB) qui passera des conventions avec les EDE et les différents partenaires. Pour 2006, une autre solution juridique devra être trouvée avec le ministère. Il est évident que l'orientation prise sera très liée à celle de la réorganisation de la génétique en France et qui devrait être précisée dans l'un des volets de la Loi de modernisation à paraître normalement en 2005. Cela ne devrait pas poser trop de difficultés puisqu'il semble que la future loi préconisera une régionalisation des organisations d'élevage.
Vers la disparition
de l'EDE du Morbihan
Contrairement à d'autres départements bretons, l'EDE n'est pas un service de la Chambre d'agriculture. D'où le problème de l'affectation du personnel actuel avec une suppression prévue des EDE départementaux. « Nous devrons , au niveau du Morbihan, trouver une solution optimale avec la Chambre d'agriculture pour être le support de notre personnel, pour assurer son hébergement et son fonctionnement », affirmait le président J.-P. Huet.
Le président de la Chambre d'agriculture envisage aussi cette hypothèse en affirmant : « Pour les salariés de l'EDE, je suis attentif pour que cela se passe au mieux, mais il faut prendre le temps de la réflexion ». Il est évident qu'au moment où la Chambre d'agriculture est amenée à réduire elle-même son personnel, la solution n'est pas évidente, d'autant que l'EDE avait de plus en plus de difficulté à boucler son budget (dans le budget 2005, il est prévu un déficit global de près de 140 000 euros). Ce qui naturellement n'est pas sans inquiéter le personnel concerné.

Jean-Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 24 Décembre 2004
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