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Sur l’exploitation de Marcel Dubois à Mellé, les plantations de haies ont débuté dans les années 80. Depuis trois ans, le bois alimente la chaudière qui assure le chauffage et l’eau chaude de la maison, de la salle de traite et de la fabrique de fromages. Chez Guy Pautonnier à Saint-Etienne-en-Cogles, le bois est aussi la source d’énergie pour la maison. « J’avais la volonté d’utiliser l’énergie produite sur l’exploitation quand j’ai installé une chaudière à bois déchiqueté », explique ce dernier.
Tous les deux (et quelques autres) utilisent la déchiqueteuse d’une Cuma de la Manche. Comme elle arrive à saturation, l’interCuma l’Entente serait partante pour un achat sur le secteur de Fougères. D’où l’idée d’une démonstration et d’un échange sur la filière bois avec les agriculteurs, mais aussi les élus locaux. Il a eu lieu à Saint-Germain-en-Cogles début décembre.
Les collectivités locales peuvent être intéressées par le chauffage au bois. Sur la région de Montfort-sur-Meu pour le domaine de Trémelin, le bois déchiqueté est fourni régulièrement par les agriculteurs locaux à un prix qui rémunère la main-d’œuvre et les frais de matériel (91,50 euros par tonne de bois sec). Pourquoi pas dans le pays de Fougères et ailleurs ? Les élus ne disent pas non, à condition de leur assurer un approvisionnement constant à un prix défini à l’avance et sans occasionner un surcroît de travail. D’ailleurs une structuration de la filière bois-énergie dans le cadre d’un territoire devrait pouvoir être accompagnée a signalé Claude Duval, le président du pays de Fougères.
La chaîne est mécanisable
Plusieurs arguments militent en faveur du bois. D’abord, c’est une énergie renouvelable qui évite de ponctionner les ressources fossiles le plus souvent à l’étranger. Ensuite le gaz carbonique produit par la combustion est à nouveau mobilisé par d’autres arbres sans augmenter l’effet de serre. La taille de la haie, qui peut être considérée comme une charge, devient alors un produit (1 m3 de bois sec correspond à 85 litres de fioul).
Sur un plan plus pratique, la chaîne du bois est mécanisable. Les lamiers et nacelle permettent une récolte du bois tous les 8-12 ans. Ensuite la déchiqueteuse broie en plaquettes des branches jusqu’à 25 cm de diamètre avec un rendement de 5 à 10 m3/heure à 3 personnes. Elle permet aussi de valoriser les petites branches, ce qui n’est pas le cas lors d’un abattage traditionnel où seules les bûches sont conservées.
Le transport des plaquettes se fait avec une remorque jusqu’à un hangar. Le stockage sur un sol propre et à l’abri de la pluie permet le séchage au bout de 4 à 6 mois grâce à une montée en température (25 % d’humidité au final). Une reprise au godet permet le remplissage d’une réserve. Elle est de 15 m3 chez Marcel Dubois (3 à 6 semaines d’autonomie), 600 litres chez Guy Pautonnier (3 jours). L’alimentation de la chaudière est automatique avec une vis sans fin. Il reste la cendre à enlever. Le premier stocke 110 m3 par an, soit 600 mètres de haies et le second un peu plus de 30 m3.
Une telle chaudière est plus onéreuse qu’un système à fioul ou gaz. Son rendement est excellent (80 %). Déduction faite de la subvention, l’investissement a été supérieur d’environ 6000 euros dans la première exploitation. Mais l’économie attendue est de 1000 euros par an. Un chiffre qui pourrait s’accroître avec l’augmentation du prix du pétrole. Le niveau des aides n’est pas encore définitif pour 2005. Jusqu’à maintenant, le crédit d’impôt était de 40 % avec une TVA au taux réduit (Contacter l’Ademe pour des précisions complémentaires au 0 810 060 050). Ainsi la haie, source de travail improductif, peut retrouver des intérêts économiques et écologiques. Sans omettre de préciser que les plaquettes peuvent aussi trouver des utilisations dans le paillage des haies ou servir comme litière à la place de la paille.
Adapter l’entretien des haies
Chacun sait que les haies présentent de multiples avantages : réguler et filtrer l’eau, protéger du vent, embellir le paysage. Elles produisent aussi du bois d’œuvre et de chauffage. Les seuls chiffres du Conseil général précisent que 680 km ont été plantés en dix ans en Ille-et-Vilaine. C’est plus en réalité.
Planter est une chose. L’entretien vient ensuite. Désormais plusieurs matériels sont sur le marché avec des utilisations différentes. L’épareuse à rotors convient pour des branches ne dépassant pas 2 cm de diamètre (au-delà, le travail devient inesthétique et les risques sanitaires s’accroissent). Avec un lamier à couteaux, la taille des branches reste la même, mais il est possible de les valoriser. Le lamier à scie convient pour des branches de 3 à 15 cm, il autorise des passages tous les 2 à 10 ans. Avec un sécateur, le diamètre maximum à respecter est de 10 cm. Avec les grosses branches, il reste la tronçonneuse et l’utilisation d’une nacelle pour travailler en sécurité.
Paul Chauvin
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