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Morbihan (56)
Le prix du lait ne devrait pas baisser en début 2005
 
La section laitière de la FDSEA du Morbihan organisait la semaine passée sa « journée laitière » annuelle, avec en particulier la présence d'Henri Brichart, président de la FNPL et Gilles Psalmon, économiste dans cette même organisation. Le prix du lait était bien sûr au centre des débats, mais aussi l'adaptation de la filière laitière, avec les points de vue de la Coopération (Joachim Trolard, 44) et des Industriels laitiers (Bertrand Posté, Unilouest).
Baisse compensée
en 2004
Le prix du lait a beaucoup mobilisé le syndicalisme cette année. Les actions menées n'ont pas été vaines puisqu'elles ont permis de limiter les baisses proposées par les laiteries et largement contribué à la mise en place d'un nouvel accord.
En début 2004, les transformateurs proposaient une baisse du prix du lait de 18 euros/1 000 L. Les réactions des producteurs ont ramené cette baisse à de plus justes proportions. Ainsi, au premier trimestre, la diminution réelle a été de 9, 9 euros, pour passer à 12,13 au deuxième trimestre. Au second semestre, la baisse est moins forte avec – 7,9 au troisième trimestre et – 6,58 au dernier. À ces diminutions de prix de la seconde moitié de l'année, il faut ajouter pour certains la conséquence de la « flexibilité additionnelle ».
Pour les éleveurs qui ont subi cette flexibilité, la baisse effective de prix sur l'année a été de 12 euros. Une diminution effectivement compensée par l'aide laitière européenne de 12,20 euros/1 000 L. Cela ne veut évidemment pas dire que les revenus n'ont pas diminué car certaines charges ont progressé et la mise aux normes se profile pour beaucoup d'éleveurs.
Maintien du prix
en début 2005
Il est de plus en plus difficile de faire des projections sur le prix du litre de lait compte tenu qu'il est de plus en plus soumis aux lois du marché, sans soutien. Toutefois, en fonction de la situation actuelle, Gilles Psalmon s'est risqué à un pronostic pour le début de l'an prochain.
Le marché du lait est actuellement dans une situation paradoxale. Alors que les prix d'intervention sur les produits industriels (beurre et poudre) ont baissé, le marché se redresse. Par contre, les produits de grande consommation tendent à baisser et surtout le lait UHT est dans une situation catastrophique, avec une baisse de 18% depuis 10 mois (prix départ usine), sans bien sûr que cela ne soit répercuté au consommateur.
Dans le même temps, les prix allemands (qui rentrent aussi dans l'accord de septembre 2004 au titre de la « compétitivité » sont plutôt en progression. De même, la diminution de prix au titre de la « flexibilité » devrait aussi diminuer du fait de l'amélioration du prix des produits industriels.
Tout cela fait que pour le premier trimestre de l'année prochaine, le prix du litre de lait devrait être assez stable par rapport à l'an dernier, voire en légère progression.
Le plus gros problème à résoudre dans l'immédiat est celui du prix du lait UHT. Pour Henri Brichart, « un intervenant a « déconné » mais c'est trop simple de dire que c'est la faute de l'un ou de l'autre. Nous sommes en surcapacité industrielle, d'autant que la consommation baisse. Actuellement, des entreprises vendent à perte et il vaut mieux maintenant faire du beurre et de la poudre plutôt que du lait de consommation. Cela ne peut pas durer ».
Le paiement à la composition en discussion
De l'avis des transformateurs, la matière protéique du lait est actuellement surpayée par rapport à sa valorisation et l'on sait aussi qu'il y a plutôt trop de matière grasse. Pour Bertrand Posté (Unilouest) : « Il faut adapter le système de paiement des grammes différentiels pour qu'ils suivent l'évolution de la valorisation de la matière protéique et de la matière grasse. Il restera un caractère incitatif au paiement de la matière grasse et protéique mais cela ne va pas aller à la hausse ». Franck Guéhennec (président de la section lait) répond : « Oui au changement mais à paiement global équivalent ».
Mais, en pratique, tout changement sensible du système de paiement pose également d'autres problèmes, tel celui des orientations génétiques des races et pourrait même, à l'extrême, condamner certaines races.

Jean-Louis Le Rest


Adapter la transformation

Après la restructuration des exploitations, c'est au tour des entreprises laitières de s'adapter, voire de se restructurer, disent les éleveurs. C'est ainsi que Chambres d'agriculture bretonnes et syndicalisme ont proposé un plan d'adaptation qui préconise entre autre de revoir le mix produits (les différentes fabrications), de restructurer des outils industriels, voire de regrouper des entreprises ou au moins de passer des accords commerciaux entre elles.
Pour les représentants des transformateurs, ce n'est pas si simple : « S'adapter, ce n'est pas regrouper des entreprises, même s'il est vrai que pour certains produits il faut des outils à dimension européenne. Il faut s'adapter sans tout bouleverser ». Un avis que n'est pas loin de partager G. Psalmon : « Il faut plus d'organisation collective et pas forcément des entreprises plus grandes. Le problème actuel du lait de consommation est sur ce point exemplaire avec une douzaine d'entreprises qui se tirent la bourre avec pour seule conséquence de vendre moins cher mais pas plus. La transformation manque d'esprit collectif. Chacun considère qu'il a la meilleure solution et va baiser les autres ».

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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 17 Décembre 2004
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