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Au Gaec de l'Union à Pommerit-le-Vicomte, les associés n'ont pas hésité à mettre la main à la pâte pour la construction (de mai à mi-août 2003) de leur bâtiment engraissement de 624 places. Résultat des comptes : le coût de la place n'a pas dépassé 222 euros, alors qu'il aurait été supérieur à 300 euros si tout avait été réalisé par entreprises.
Le bâtiment est standard, mais dispose tout de même d'une ventilation centralisée avec échangeur d'air* et d'une fosse de 2 mètres de profondeur sous le sol qui permet un an de stockage du lisier. « Comme cela, nous n'avons pas à utiliser de station de traitement », précisent Frédéric Page, Pierre Le Floc'h et Guy Le Souder, membres du Gaec adhérent de Poraven.
Ils ont aidé les entreprises pour le terrassement, les sous-bassements, le gros œuvre… et ont effectué seuls la pose des caillebotis intégral. « Nous avons loué un télescopique et fabriqué de petits chariots pour les transporter plus facilement. Chaque m2 de caillebotis pèse 110 kg et la surface du bâtiment fait 600 m2», explique Frédéric.
Apprendre en observant et en pratiquant
Pour l'installation des murs préfabriqués, là aussi une entreprise est intervenue. «Mais, on apprend…», sourient les éleveurs qui se chargeront peut-être de cette tâche la prochaine fois. La charpente a été achetée en kit et montée par les trois producteurs. Un grutier est juste venu aider pour la déposer sur les murs. Frédéric, Pierre et Guy ont par ailleurs réalisé seuls l'isolation et la couverture en fibrociment. Ils ont également largement participé à la mise en place de l'électricité et de la ventilation.
Ces touche-à-tout avaient déjà quasiment réalisé seuls la construction d'une stabulation vaches laitières en 1996-97 et d'un bâtiment génisses en 2002. De septembre 2003 à avril 2004, ils ont reconstruit 1400 places de post-sevrage. Ce goût pour le bricolage est ancré dans l'historique de l'exploitation (qui comptait déjà 5 associés en 1963). « L'un d'eux, charpentier de métier, nous a appris beaucoup de choses. Nos parents étaient aussi très manuels ». Les membres du Gaec de l'Union se sont donc formés «sur le tas» et vont régulièrement visiter d'autres exploitations pour emmagasiner des informations.
Les éleveurs apprécient ces moments de bricolage qui « changent » de leurs occupations habituelles. « Cela nous permet de nous retrouver et de travailler ensemble, précisent les associés. Le reste du temps nous avons chacun notre métier : Frédéric s'occupe des vaches laitières, Pierre du naissage et Guy du post-sevrage / engraissement ». Du fait de l'organisation en sept bandes, les éleveurs peuvent libérer du temps certains jours de la semaine.
« Toutefois, même pendant les travaux, les animaux restent la priorité », précisent-ils. Les performances ne sont d'ailleurs pas en reste avec un IC global qui chute à 2,7 sur la période début mai - fin août 2004. Avant les nouveaux bâtiments en porc, ce repère se situait plutôt à 2,9. « Nous espérons que cette bonne performance se confirme ».
Agnès Cussonneau
* La ventilation centralisée a été choisie pour devancer une éventuelle obligation de lavage d'air. L'échangeur d'air, qui a représenté un surcoût de 15 200 euros, permet une ventilation optimale sans perte d'énergie. L'air qui sort réchauffe celui qui entre sans qu'il y ait de contact entre les deux.
L'exploitation
en bref :
•4 associés et 5 salariés
•Elevage porc : 480 truies, 2300 places engraissement sur l'exploitation et 800 places extérieur.
•Lait : 443 000 L, 76 vaches laitières.
•SAU 251 ha : blé sur 81 ha, maïs 91 ha, herbe plus de 50 ha, avoine 1,75 ha, colza jachère industrielle 13 ha, jachère 7 ha, pommiers 4 ha, betterave 2 ha.
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