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L'exploitation de Patrick Macé de Saint-Denoual (180 truies NE et 80 ha) est répartie sur deux sites distants de 2,5 km (naissage séparé de l'engraissement). En 2001, un poulailler situé à moins de 20 mètres des porcheries d'engraissement est mis en vente. « Il était opportun d'acquérir ce bâtiment situé à proximité immédiate de mes installations. Comme je ne disposais pas de suffisamment de places d'engraissement, j'ai saisi l'occasion », explique l'éleveur.
Deux choix possibles
Le poulailler d'une surface de 1 000 m2 (64 m x15 m), est un bâtiment statique en bon état, datant de 1977. La coque n'a pas été modifiée. « J'avais deux choix possibles pour aménager ce bâtiment : prévoir un engraissement sur caillebotis ou sur paille , poursuit l'éleveur. J'ai choisi la paille pour des questions d'environnement, de respect de plan d'épandage. Avec l'évolution des attentes des consommateurs, j'avais aussi l'espoir de mieux valoriser les porcs sur paille ».
Le bâtiment a été aménagé en 4 salles avec au total 13 cases de 12,80 m sur 4,50 m abritant chacune 48 porcs (1,20 m2 par porc). Ces cases sont desservies par un couloir intérieur de 1,50 m. Un trottoir de 1,50 m facilite l'accès des porcs aux nourrisseurs. Au fond de chaque case, une porte de 3 m surmontée d'un rideau, permet de manipuler les animaux, de pailler et de sortir le fumier. Le sol du poulailler a été creusé de 50 cm et bétonné. Les cloisons entre cases (1,50 m) sont en « béton banché ». L'exploitant a monté lui-même le matériel intérieur (nourrisseurs, rideaux, barrières, abreuvoirs…). L'investissement global a dépassé les 90 000 euros pour 624 places, soit 145 euros/place.
Gourmand en temps
de travail
La conduite de ce bâtiment est plus exigeante en temps de travail. La ventilation est réglée manuellement, en fonction des températures intérieures. « L'hiver, l'air entre par les volets des trappes côté couloir et sort par le lanterneau du chapiteau. L'été, je lève les rideaux pour assurer une bonne ambiance. Cette conduite demande un suivi plus important qu'une porcherie classique sur caillebotis », confie Patrick Macé qui peut comparer chez lui les deux types de porcheries.
Le système est également gourmand en paille. « Au démarrage, j'épands trois bigs par case et j'y entrepose 5 bigs. Par la suite, j'épands en moyenne 1 big par case et par semaine ». L'approche des bigs se fait à l'aide du Bobcat. Par contre, la répartition de la paille est manuelle et demande de 1 h 30 à 2 heures par semaine car il faut manipuler plus de 3 tonnes, chaque fois. Ce bâtiment consomme au total 180 tonnes de paille par an, c'est-à-dire la totalité de ce qui est produit par les 40 ha de céréales.
Le lavage des murs, du plafond, des nourrisseurs et des trottoirs est également plus contraignant que dans une porcherie sur caillebotis. « C'est plus difficile à laver et plus long (1 heure par case) car la paille colle ». Le sol bétonné n'est pas lavé. La vidange du fumier se fait par la porte de 3 m, au fond de la case, à l'aide du Bobcat, car la hauteur (environ 2,20 m) ne permet pas le passage d'un tracteur avec cabine. Ce travail demande 1 h à 1 h 15 par case.
Des croissances identiques
Si les contraintes sont plus importantes pour l'éleveur, les porcs semblent apprécier le confort. « Ils sont vifs et se plaisent dans la paille. Les croissances sont correctes et identiques à celles des porcs sur caillebotis », constate Patrick Macé. L'indice de consommation est global pour les charcutiers et n'a pas pu être contrôlé pour les porcs sur paille. Les problèmes sanitaires sont un peu plus importants, notamment la toux qui est plus difficile à maîtriser. « Jusqu'à présent, j'avais tendance à maintenir des températures trop élevées (autour de 20 °C). J'essaie de descendre à 15°C la nuit, de manière à éviter les remontées d'ammoniac ».
« Malgré le travail supplémentaire par rapport au caillebotis, j'assume mon choix et je ne regrette pas ». Certes, le temps passé peut être réduit, à l'avenir. Mais Patrick Macé reste prudent sur ces possibles améliorations. La mécanisation du paillage comporte des risques d'apport de poussières et de pierres. Le passage en ventilation dynamique permettrait de gagner du temps mais il est coûteux. Par contre, Toutes les contraintes pourraient être compensées par une meilleure valorisation des porcs. L'éleveur place beaucoup d'espoirs dans la filière Label Rouge.
Patrick Bégos
Porc sur paille et Label
« Le porc sur paille est intéressant dans la mesure où il apporte une plus-value », annonce clairement Patrick Macé. Avec cinq autres éleveurs, il travaille depuis deux ans à la mise en place de l'association « Le Cochon de paille » pour produire du porc Label Rouge. La réglementation obligera les charcutiers industriels vendant des produits Label à s'approvisionner en porcs Label à partir du premier semestre 2006. Ce qui devrait augmenter la demande. Et le porc sur paille est bien placé pour y répondre.
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