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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4548 |
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Un bâtiment économe à 200 euros la place
 
Le bâtiment d'engraissement économe, baptisé Éconobat, n'est pas nouveau. À ce jour, 10 000 places d'engraissement sont déjà en service. Un engraissement qui se veut simple, pas cher – « 25 % en dessous d'un bâtiment classique », annoncent ses promoteurs –, robuste dans le temps, tout en étant efficace au niveau performances techniques (voir ci-dessous).
Une organisation standardisée
La construction se fait selon un plan et une organisation standard : une salle, c'est 12 cases. « La maîtrise du coût de la construction repose sur deux points essentiels : des dimensions prédéfinies (porcherie de 15,25 m de long et 12,20 m de large) qui permettent d'utiliser des matériaux standard offrant un bon compromis qualité-prix ; des équipements simples mais solides qui assurent des bonnes performances techniques aux porcs charcutiers », cadre Gwénaël Le Floc'h, technicien bâtiment au groupement Prestor.
Pour respecter ces préceptes, tout commence par la carcasse du bâtiment. « La partie inférieure des élévations (1,40 m) est en monolithe (BME20 Marisole). Cette hauteur correspond à un panneau sortie d'usine coupée en deux ». Cet ensemble mural est rehaussé d'un bardage doublé d'un isolant.
«La conception avec plaques de 1,40 m permet aussi de limiter la surface de bardage dans la mesure où la hauteur latérale intérieure est seulement de 1,80 m ». Une hauteur souvent citée comme contre-argument négatif, mais qui ne semble pas gêner Pierre Lazénnec qui circule au quotidien dans toutes les cases. « Ça ne pose pas de problème particulier. Je passe très bien sans me baisser en fond de case ».
Certes la paroi extérieure en brique rouge n'est pas aussi protectrice qu'un isolant de 8 cm d'épaisseur. G. Le Floc'h juge cependant l'isolation « suffisante pour un engraissement ». Et d'expliquer : « Les panneaux de monolithe font 20 cm d'épaisseur et sont constituées de trois alvéoles qui permettent une inertie thermique relativement efficace. En hiver, il n'y a d'ailleurs pas de condensation ».
Gestion de grands volumes avec entrée d'air simplifiée
Au-delà de ces appréhensions secondaires, ce technicien invite à regarder l'économie engendrée par ce type de construction. Le monolithe représente 4 000 euros pour 52 m linéaires de parois. À comparer au prix des murs en béton isolé qui s'élèverait à 10 000 euros pour le même périmètre (sur toute la hauteur du mur). Premier poste d'économie donc …
Second poste coûteux dans un bâtiment : la charpente. Dans l'Éconobat, elle est de type traditionnel en bois, avec quatre appuis intérieurs reposant sur les poutres qui renforcent une structure somme toute assez légère.
L'intérieur de la porcherie est en grand volume. « La gestion de la ventilation reste simple : une prise d'air sans caisson. L'entrée dans la salle se fait sur toute la longueur du couloir central par décalage des plaques d'isolant à l'aplomb du couloir central ».
Le ventilateur, relié à « une boîte de régulation très simple, sans électronique superflue » est installé en fond de case dans un caisson à trappe réglable. « À signaler le montage des ventilateurs sur tiroirs ce qui permet de les sortir aisément du caisson ».
« Le fumigène indique une bonne circulation d'air », démontre G. Le Floc'h, désignant le déflecteur central, fixé au faîte, qui dirige efficacement l'air froid vers le couloir central.
« La sécurité est assurée par les deux portes, situées de part et d'autre du couloir central de circulation, reliées à des vérins pneumatiques ». Quand survient un coup de chaud dû à une coupure de courant, le circuit d'air est naturellement inversé. L'ouverture des portes créant en parallèle un courant d'air. Au rétablissement de l'électricité, le redémarrage des ventilateurs et la fermeture des portes enclenche un retour à la normale sans intervention humaine.
Alimentation par spire
L'équipement intérieur a été sélectionné pour sa résistance et sa simplicité. « Ce n'est pas tout de faire un bâtiment économe, mais il faut aussi qu'il vieillisse bien », rappelle le technicien.
Les cloisons en béton reposent sur les poutres de la préfosse (profondeur 0,75 m ou 1,50 m). Poutres espacées de 2,50 m qui servent également de support aux caillebotis de cette même largeur (caillebotis pleins pour le couloir central).
Les nourrisseurs doubles, posés sur des margelles, sont également en béton mais avec fond d'auge en inox. De même que les barres anti-gaspi qui sont aussi en inox. « En fait, toute la boulonnerie est en inox. De même que l'abreuvoir sucette ».
« Le remplissage des nourrisseurs est assuré par une spire », commente encore l'éleveur. Et G. Le Floc'h, d'ajouter : « Avec une conception longitudinale avec silo en bout de bâtiment, la spire convient très bien ». Son coût aussi puisque l'investissement se limite « à 2 300 euros contre 6 000 euros pour une chaîne en boucle ».

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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