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Chaque matin, Jean-François Lamour, en Gaec avec sa mère, Gisèle, apprécie de pousser les portes de son nouvel engraissement et de découvrir des cochons tout propres. Une situation qui n’a plus rien à voir avec ce qu'offrait ce même bâtiment jusqu’en 2003. C'était l'époque du caillebotis partiel et de son désolant spectacle de cochons tout noirs. Un spectacle que les défenseurs des animaux farouchement opposés au caillebotis intégral ne sauraient plébisciter s'ils poussaient un peu plus souvent les portes d'une porcherie. Mais là est une autre histoire.
L'histoire du Gaec des Champs d'Amour, c'est d'abord celle d'un bâtiment vieillissant avec des performances revues à la baisse. « Et le raclage qu'il fallait réaliser au moins deux fois par semaine en fin de bande », se rappellent les éleveurs qui nourrissaient aussi manuellement les charcutiers. Tout concourrait donc à repenser totalement cette activité d'engraissement réalisée en parallèle de la production principale de l'exploitation : le lait.
« Nous avons étudié les deux possibilités : construire du neuf ou rénover, raconte Jean-François. Les possibilités d'aménagement proposées par Bernard Brogard, technicien bâtiment porc à Coopagri Bretagne, et les coûts mis en face nous ont rapidement fait opter pour la rénovation. Une rénovation revenait à 190 euros hors subventions Rénobat. Du neuf montait au bas mot à 300 euros la place ».
Seule la coque
a été gardée
Démontage du matériel, évacuation des matériaux, creusement de préfosses de 80 cm de profondeur au bulldozer : seule la coque subsiste avant que ne démarre le nouvel aménagement. « Nous avons nous-mêmes réalisé le démontage et le remontage de l'aménagement intérieur (cloisons, caillebotis…) », indique l'éleveur.
D'une salle unique, avec cases disposées de part et d'autre d'un couloir longitudinal central, le nouvel engraissement se présente aujourd'hui en deux salles transversales. « Chaque salle compte 8 cases de 26 porcs. Le fait d'avoir deux salles permet de charger le bâtiment en 2 fois », note J.-F. Lamour, précisant que les deux salles ouvrent sur un couloir de service et de stockage latéral couvert qui longe toute la longueur du bâtiment. Ce couloir de 2,40 m de large fait également office de quai d'embarquement. « Le sol est en caillebotis récupérés lors du démontage. La largeur correspond à deux anciens caillebotis de 1,20 m. Les portillons rabattables pour le quai proviennent également des anciennes cases ».
L'isolation et la ventilation ont été entièrement revues. « L'isolation des rampants est réalisée en Stirodur de 5 cm d'épaisseur. La ventilation est en dépression basse avec extraction par 2 ventilateurs par salle et entrée d'air par le couloir de service avec diffusion par plafond plat perforé ». Les anciens volets latéraux conservés à leur place sont reliés à un système de sécurité pneumatique permettant une ouverture immédiate en cas de panne.
Nourrisseur «trois en un»
Les éleveurs ont choisi un nourrisseur de type « Maxi trois en un » comme système d'alimentation des porcs. « Cet équipement alimenté par chaîne permet de faire du « wean to finish » (technique ESV : engraissement-sevrage-vente) et autorise en conséquence de recevoir des porcelets de 8 kg si le marché venait à le proposer ou à l'imposer », justifie J.-F. Lamour. Ces nourrisseurs, installés à raison de deux unités pour deux cases (accès des deux côtés), permettent de travailler en granulé ou en farine et sont couplés au système d'abreuvement (2 arrivées). « Le porc peut manger à sec ou fabriquer lui-même sa soupe, ou boire son eau seule ».
Ce type de nourrisseur a également été retenu pour sa facilité d'entretien. « L'auge en béton-résine se nettoie facilement et est peu sensible à l'abrasion. Ce matériau dure donc dans le temps », note Alain Bily, technicien-conseils en équipements porcins au Culti Vert de Pontivy. Et de préciser : « Toutes les ferrures sont en inox ».
Au final, la place de charcutier est revenue à 190 euros (1 250 F), couloir de service inclus. La rénovation a par ailleurs été éligible aux aides du programme Rénobat. « Nous avons récemment reçu le courrier attestant qu'une subvention de 12 938 euros nous a été accordée ». Ce qui réduit le coût de la place à 160 euros. Tout cela en autorisant des performances similaires à celles que ces éleveurs auraient pu espérer avec un bâtiment neuf.
Didier Le Du
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