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À l'heure de la maîtrise des charges tous azimuts, dans l'optique de parvenir à un coût de production toujours mieux maîtrisé, les économies sur le poste bâtiment ne sont pas à négliger. «Attention aux constructions à pas cher qui se traduiraient par une baisse de performances des charcutiers», préviennent toutefois les observateurs.
Pour Pierre Rousseau, ingénieur à l'ITP, l'atonie que connaît actuellement le marché de la construction de porcheries – la construction pourrait toutefois être relancée avec la parution du décret sur la restructuration –, ne se traduit pas forcément par des prix négociés à la baisse.
D'une part, parce que « les remises dépassent rarement 4-5 % sur les prix traités ». D'autre part parce que l'indice de construction des bâtiments agricoles suit plus ou moins celui du bâtiment en général. « Le prix des constructions devrait poursuivre sa progression. Les années précédentes, l'indice bâtiment tous corps d'états confondus progressait de 2,5 % par an. Cette année, conséquence du prix de l'énergie, de la flambée du prix de l'acier, etc., il a augmenté de 6 %. Je n'ai jamais vu une telle progression », commente P. Rousseau.
Difficile de gagner
plus de 20 %
À défaut de pourvoir peser sur les éléments extérieurs, l'éleveur a toujours possibilité de calibrer au mieux son investissement. « Mais il s'avère qu'au-delà de 20 %, à performances identiques, les économies deviennent difficiles », chiffre l'ingénieur de l'ITP.
« C'est la surface totale au sol qui pèse le plus dans le prix d'un engraissement », souligne ce spécialiste, n'osant pas imaginer les conséquences d'une hypothétique réglementation sur le bien-être qui obligerait à augmenter la surface par porc. Et de poursuivre : « Réduire la surface d'un bâtiment passe par la réduction des surfaces en couloir. Mais nombreux sont les éleveurs qui sont revenus des grandes salles. Grandes salles qui ne se sont pas toujours révélées optimales en matière d'ambiance et de conditions de travail ». Au-delà du confort qu'il procure pour la manipulation des porcs, il apparaît également que le couloir devant toute la longueur des cases apporte un plus certain en matière de circulation de l'air.
Matériaux
et équipements
« À condition d'avoir une charpente adaptée, le grand volume se traduit par des économies en matière de ventilation », poursuit le spécialiste bâtiments de l'ITP qui cite encore la distribution d'aliment comme autre voie de maîtrise des coûts. « Avec la génétique Piétrain, les nourrisseurs n'entraînent pas de détérioration des carcasses ». Quant aux économies possibles sur les matériaux de construction et d'équipement, elles restent limitées. « Les matériaux contemporains ne sont pas forcément plus coûteux que les matériaux dits traditionnels ». Exemple : la plaque de béton est compétitive par rapport à la solution parpaings + enduit.
Dans ce contexte, le bâtiment sur paille est-il la solution ? « Aujourd'hui, on constate qu'il faut les isoler, les équiper de ventilateurs. Finalement, on arrive à des coûts similaires aux porcheries sur caillebotis ». Reste alors le plein air : mais là, c'est un autre cortège de problèmes…
Didier Le Du
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