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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4545 |
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Concevoir un bon bâtiment d’engraissement, c'est respecter les règles de base
 
Les spécialistes de l'éclairage des magasins de vêtements savent astucieusement conseiller la meilleure lumière qui donnera l'illusion à une banale personne d'être une princesse à la sortie d'une cabine d'essayage. En porcherie aussi certains néons ont ce pouvoir magique de transformer les animaux en vrais cochons de lait tout rose. Mais si dans le premier cas, la performance économique du magasin est liée à l'éclairage, il n'est pas certain qu'une simple ampoule dope les performances en élevage de porc.
Tout cela pour dire que dans un investissement, il ne faut pas se tromper de cible. On peut toujours faire clignoter davantage les boîtiers de commande, sophistiquer ceci ou cela, etc., la question première à se poser est : l'investissement supplémentaire en vaut-il la chandelle ? En d'autres termes : est-ce que le «+» se traduit par un «–» en prix de revient (et/ou un plus en conditions de travail) car le but premier de toute construction ou rénovation est bien de dégager un revenu.
Trois règles de base
Pour éclairer les choix individuels, Jean Callarec invite les éleveurs à revenir aux trois règles de base qui ont fait leurs preuves en élevage de porc. « Le cochon a besoin d'une surface, d'une température suffisante, de propreté ».
Concernant la surface, il rappelle la norme technique validée et admise depuis des années : 0,65 m2/porc. « Il apparaît donc inutile de passer à 0,70 ou 0,75 m2 sachant que la longueur d'auge – 3 porcs par mètre – sera le premier facteur limitant », dit-il. Et de conclure formellement : « Augmenter la surface n'améliore pas les performances de croissance d'un charcutier».
Deuxième critère à respecter : une température suffisante. « Mais en réalité, avec des bâtiments correctement isolés, ce facteur n'est pas limitant ». Ce qu'il faut, c'est assurer un bâtiment chaud et sec à l'entrée des porcs. Un système de chauffage mobile fait parfaitement l'affaire… à condition de l'allumer.
Troisième règle : la propreté du bâtiment. Elle pèse sur les performances techniques observées en élevage. « On a parfois tendance à conclure rapidement que telle ou telle innovation explique un gain conséquent de GMQ. Or, l'expérience montre, qu'avec ou sans innovation, les performances techniques sont toujours meilleures de 100 g dans des salles neuves ou rénovées ».
« Cette meilleure croissance est davantage à mettre au compte de la propreté d'un bâtiment neuf ou rénové qu'au compte de l'innovation elle-même ». Et de citer la même observation pour d'autres stades de production : « On entend parfois qu'en post-sevrage, on gagne 2 kg de poids de portée en équipant les salles de caillebotis métalliques. Mais on obtiendrait les mêmes résultats en rénovant des caillebotis béton. Sans oublier qu'une rénovation s'accompagne toujours d'une amélioration des performances par le simple fait que les travaux prolongent le vide sanitaire ».
Le poids du sanitaire surpasse la dernière innovation technique
Ces observations conduisent J. Callarec à dire : « Quand on respecte les règles de base, la seule chose qui apporte du mieux sur le plan des performances, c'est l'amélioration d'un aspect du bâtiment qui se traduit par un plus sur le plan sanitaire ». Autrement dit, ce que l'éleveur a intérêt de prévoir en priorité pour atteindre un niveau élevé de performances, c'est la possibilité de laver facilement et efficacement les bâtiments après chaque bande. « Car les aspects hygiène et vide sanitaire jouent incontestablement sur les performances des animaux ».
Pour ce spécialiste qui revient toujours aux normes techniques de base, tous les «+» ajoutés et surajoutés n'ont pas de justifications techniques capitales en tant que telles. « Que le plafond soit à 2,50 m ou 5 m n'apporte rien de plus. Comme il n'y a rien à gagner avec la ventilation centralisée ». Et de commenter : « Avec un petit volume d'air, la ventilation des salles est plus facile à gérer. À condition, toutefois, de ne pas oublier l'isolation des parois. Car la maîtrise des pertes autorise à ventiler davantage, ce qui permet au final d'avoir une meilleure qualité de l'air pour l’éleveur ».
Mieux vaut être dans le coût que dans le coup
C'est ce principe qui est mis en place dans la porcherie irlandaise. Porcherie qui, si elle est dans le coût, n'est plus considérée comme dans le coup… Mais rien n'empêche d'améliorer le principe.
« Certes en porcherie irlandaise en ventilation statique, ça pue. Notamment quand il n'y a pas de différence de température entre intérieur et extérieur. Mais rien n'empêche d'installer un ventilateur pour régler le débit d'air en constant. On arrive alors à un bâtiment à pas cher ».
Reste que ce spécialiste bâtiment ne rejette pas pour autant la ventilation centralisée. « Des systèmes moins coûteux que d'autres existent. Un gros ventilateur unique relié aux salles par des tuyaux munis d'une trappe fait bien souvent l'affaire. De même qu'il est inutile de rechercher la dernière nouveauté sur les ventilateurs : on connaît les principes ; inutile donc d'aller chercher la dernière innovation technologique qui complique » d’autant plus qu’avec la tendance du prix du proc, mieux vaut sans doute se garder de tout luxe.
Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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