Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
La MSA œuvre pour un travail plus sûr en exploitations agricoles
 
Depuis déjà une trentaine d'années, la MSA était chargée de la prévention des accidents et maladies professionnelles auprès des salariés agricoles. Mais ce n'est curieusement qu'en 2002 qu'elle l'a été aussi pour les exploitants agricoles. En fonction de cette nouvelle mission, la MSA élabore chaque année un programme d'actions, avec des interventions individuelles et collectives.
C'est dans ce cadre qu'elle organisait la semaine passée une réunion à destination des responsables d'organisations agricoles. Des organisations qu'elle souhaite être des partenaires pour améliorer la prévention des accidents et limiter les risques de maladies professionnelles des exploitants ou entrepreneurs. Ces responsables d'organisations semblent bien conscients de l'enjeu de cette prévention si l'on en juge par leur participation (une centaine).
Plus de 1 000 accidents par an en Morbihan
L'importance de la tâche se mesure aussi au nombre de déclarations. Depuis qu'elle est chargée de cette prévention, la MSA morbihannaise a recensé 2 139 déclarations d'accidents (95%) ou maladies professionnelles (5%) en 2 ans (avril 2002 à avril 2004). Le Morbihan se situe ainsi à une peu glorieuse 5ème place des départements français. Pour 80% elles concernent les chefs d'exploitation et pour 20% les conjoints.
C'est logiquement dans les exploitations bovines que l'on retrouve le plus grand nombre (62%), suivi des élevages avicoles et porcins (autour de 11% chacun). Pour 38%, les accidents sont liés aux animaux et pour 20% au matériel ou bâtiments.
Pour près de 60%, les accidents concernent les membres supérieurs ou inférieurs (presque à égalité) et pour 15% la colonne vertébrale. Ce sont des chiffres comparables à ceux que l'on a chez les salariés.
Pour les maladies professionnelles (une centaine), bovins et aviculture représentent la plus grosse part. De très loin, ce sont les affections péri articulaires qui dominent.
Trouver des compromis
Le plus souvent un accident n'est pas tout-à-fait le fruit du hasard. C'est souvent une faute d'inattention ou la fatigue, ou encore il peut être dû à l'habitude qui entraîne un certaine routine. On pourrait encore évoquer le manque de temps ou de moyens, la méconnaissance des animaux ou des matériels.
« Travailler en sécurité, c'est faire des compromis en faisant aussi attention, mais on ne peut pas être attentif à deux choses en même temps », affirmait un ergonome à cette réunion. « Prévenir ou corriger passe nécessairement par une connaissance de comment chacun fait pour élaborer des compromis tout en restant attentif. Cela passe par une compréhension du travail réel que l'on réalise ».
Au cours d'une table ronde, différents témoignages ont montré qu'il est possible d'avoir des compromis acceptables et souvent sans faire des réalisations coûteuses. Ainsi, Bernard Jégo (éleveur laitier) affirme : « Dans la conception des bâtiments, j'ai pensé à moi plus qu'aux animaux. Et, en pensant à l'homme on pense sécurité. Mon objectif est de gagner du temps et cela permet de gagner ensuite en sécurité. Et, là où on peut gagner du temps, c'est là où l'on passe beaucoup de temps (soins aux animaux). Ce sont souvent des choses très simples et le moderne n'est pas toujours le pratique».
Témoignage aussi de Christian Stéphan (éleveur de porc) qui a changé sa fabrique d'aliment en intégrant le plus possible la réflexion sur la sécurité en faisant une évaluation des risques : « Quand le travail est facile à faire, çà se passe bien. En automatisant des tâches, on gagne du temps et du confort et donc de la sécurité ».
Témoignage encore de Jean-Marc Chauviré (entrepreneur et de Olivier Carré (salarié ETA). Le premier a établi avec un conseiller prévention de la MSA un plan sur 3 ans pour améliorer la sécurité dans l'atelier, avec des actions prioritaires dont certaines ne coûtent rien comme le rangement.
Les actions de prévention peuvent aussi être plus collectives comme l'ont démontré Josiane Rio qui a été présidente d'un GVA qui a mené diverses actions en ce sens ou encore Dominique Guého (animateur FDCuma) qui a pu montrer comment les Cuma ont depuis longtemps intégré les notions de sécurité, même s'il reste encore beaucoup à faire, y compris au niveau des constructeurs de matériels.

Jean-Louis Le Rest


Un plan d'actions de la MSA

Pour que la sécurité et la santé au travail soit une composante de l'activité professionnelle, la MSA met en place un plan d'action avec des priorités par secteur d'activité, par type de risque ou encore par population. Cela se traduit par des actions individuelles ciblées, des actions collectives propres ou plus encore en partenariat avec les différents réseaux. C'est par exemple la prévention des risques liés aux bovins, la valorisation de la démarche sécurité des Cuma, la prévention des risques phytosanitaires.
Pour mener toutes ces actions, la MSA dispose d'une équipe pluridisciplinaire de 7 médecins du travail et de 5 conseillers en prévention qui sont à la disposition des agriculteurs et des réseaux : "Nous sommes là pour aider à mettre les personnes en situation d'agir pour construire des solutions acceptables, mais en final c'est aux agriculteurs d'agir", affirmait Hervé Guillotel, conseiller en prévention.



« Trop de vies brisées. »


« Si le travail est une nécessité économique, interrogeons nous quelques instants sur la place de l'homme dans sa réalisation.
Les accidents du travail, les conditions de travail difficiles, sont souvent révélateurs de dysfonctionnements. Ils entraînent de nos jours encore trop de vies brisées et des situations invalidantes très pénibles pour ceux et celles qui les vivent.
Nous sommes convaincus qu'il est possible, pour chacun d'entre nous de construire et d'aménager dans chaque exploitation des conditions de travail plus sûres.
Concilier prévention des risques et efficacité, l'action de la MSA s'inscrit pleinement dans cette dynamique. »



Joseph Rio,
Président de la MSA.

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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