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Ille et Vilaine (35)
Le plan d’épandage collectif, une solution pour résorber les excédents d’azote
 
Une des caractéristiques de l’Ille-et-Vilaine et quelques autres secteurs de Bretagne en matière de nitrates est de n’avoir que de faibles excédents. Plus concrètement, un certain nombre d’éleveurs se voient dans l’obligation de mettre en place un système de traitement pour des quantités limitées. Souvent il s’agit d’exploitations avec du lait associé à du porc ou de la volaille. Pour elles, mettre en place un traitement revient à remettre en question leur équilibre économique.
La mise en place d’un plan d’épandage collectif part de la constatation que, même en zones d’excédents structurels (ZES) et à plus forte raison hors ZES, il existe des surfaces qui ne reçoivent pas ou peu de déjections animales. Une optimisation des surfaces serait bénéfique tant pour les agriculteurs excédentaires que pour les receveurs. Les premiers seraient sécurisés en disposant d’une surface d’épandage suffisante sans crainte de perdre des surfaces d’épandage ou de voir des prêteurs se retirer (mise aux normes en bovins). La formule permet surtout des économies : pas d’investissement dans du traitement pour les uns (l’épandage coûte deux à trois fois moins cher) et les receveurs disposent d’engrais gratuit rendu racines. L’épandage collectif permet aussi l’utilisation des effluents les plus appropriés aux cultures, par exemple la possibilité d’utiliser du lisier de porc sur céréales sans avoir de porcs et sans devoir acheter de l’ammonitrate.

Comment mettre en place un plan d’épandage collectif ? Bertrand Le Bris de la Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine a travaillé la question. Sur un secteur géographique donné (canton, commune, bassin versant…) mais pas trop grand, il faut trouver un maximum d’agriculteurs excédentaires et déficitaires quelles que soient leurs productions. On réalise ensuite une évaluation des quantités d’azote disponibles par effluent, on recense les surfaces d’épandage et les besoins des cultures chez l’ensemble des agriculteurs. Avec pour idée d’optimiser besoins et fournitures d’azote pour chaque parcelle ainsi que de réduire le coût de transport.

Un groupe motivé

En pratique, le groupe concerné met en commun des quantités d’azote et des surfaces d’épandage dans une structure (type GIE). Cela suppose évidemment un engagement dans la durée et l’adoption de règles de fonctionnement. Le groupe peut aussi décider que chaque agriculteur conserve son plan d’épandage individuel et ne mette que l’excédent dans le GIE. La souplesse existe. « Dans tous les cas, les agriculteurs doivent être partants, ils doivent s’approprier leur plan d’épandage, il est pour eux et géré par eux », souligne le technicien. Qui peut les aider à la mise en place .
La structure sera au regard de l’administration détentrice du plan d’épandage pour les agriculteurs concernés. Elle se substitue à eux. Elle aura aussi la charge d’établir la traçabilité des effluents au travers d’un cahier de fertilisation. L’agriculteur conservera son cahier personnel. Si des modifications du plan d’épandage ont lieu, c’est à la structure de rechercher de nouvelles surfaces. Un travail de préaffectation des effluents sera nécessaire dès le début du fonctionnement. Ensuite, une ou deux personnes devront, essentiellement au printemps, gérer au quotidien les fournitures d’effluents et les affectations (localisation des stocks et des parcelles à épandre). Fournisseurs et utilisateurs n’auront que la structure comme interlocuteur.
Bertrand Le Bris considère que l’épandage devra se faire au moyen de matériel qui soit au top en matière d’agronomie et de nuisances. « Il y va de l’image du plan d’épandage collectif ». Sans doute faudra-t-il utiliser des stockages relais, type poche à lisier, pour réduire les coûts de transport. « Il faut absolument éviter le croisement sur les routes des tonnes et des épandeurs ». L’initiative prise par les Cuma d’investir dans le Terragator, un matériel d’épandage performant va dans ce sens.
Si aucun plan d’épandage collectif n’est encore réalisé, des groupes d’agriculteurs ont des projets et notamment sur les secteurs de Saint-Brice -en-Cogles, Montauban et Saint-Méen (1). Il reste maintenant à convaincre un maximum d’agriculteurs. Mais au final, chacun sera gagnant sur les plans économique et environnemental.

Paul Chauvin


(1) Pour en savoir plus, contacter Bertrand Le Bris, Chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine au 02 23 48 26 70.

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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