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Sommaire | " GESTION DE L'EXPLOITATION " | Article n°4534 |
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Faut-il emprunter à taux fixe ou à taux variable ?
 
Depuis trois ans, les taux bancaires n’ont cessé de baisser. Une telle tendance a bénéficié aux emprunteurs ayant contracté un prêt sur une base de taux variable. Mais les taux sont aujourd’hui à un niveau historiquement bas, ils ne peuvent que se stabiliser ou remonter. Les taux variables se situent en effet entre 0,8 et 1% en dessous des taux fixes. Pour autant, se précipiter sur les taux variables n’est pas la solution pour tous.
En effet, le taux variable est indexé sur un indice monétaire qui évolue au gré des conditions du marché financier. Or, on n’a jamais vu les taux atteindre des niveaux aussi bas qu’aujourd’hui, exception faite du bref épisode de juillet 2003. C’est dire que la probabilité d’un mouvement de baisse est quasi nulle ! Les économistes pronostiquent même plutôt une remontée des taux d’intérêts de base européen de l’ordre 0,5 à 1% en 2005. La connaissance de l’évolution des taux monétaires au-delà d’un an ou deux reste par nature aléatoire. Emprunter à taux variable, c’est donc prendre un pari sur l’évolution future du marché monétaire. L’emprunteur ne dispose d’aucune visibilité sur le coût final de son opération.

Taux variable pour une courte durée

C’est la raison pour laquelle, le taux variable devrait être actuellement privilégié pour un emprunt sur une durée courte. En cas d’augmentation des taux, il est toujours possible de rembourser l’emprunt par anticipation sans pénalité. Ceci à condition que le capital restant ne soit pas trop important. On veillera également lors de la signature du contrat à bénéficier de la clause d’ajustement de durée afin ne pas grever le point d’équilibre financier de l’entreprise.
Pour des prêts plus lourds, dans le cadre de l’acquisition de foncier ou de bâtiments par exemple, il apparaît aujourd’hui plus judicieux d’emprunter à taux fixe sur de longues durées. C’est sans nul doute la meilleure décision alliant sécurité et rentabilité.

Taux capés et taux révisables

Pour limiter les mauvaises surprises des taux variables, la solution des taux capés, ou plafonnés à +2/-2, peut être envisagée. Dans ce dernier cas, le taux de départ du crédit n’augmentera pas de plus de 2 points, même si son indice de référence a davantage progressé. Un taux capé offre ainsi une sécurité proche du taux fixe et permet d’avoir une visibilité sur la mensualité maximale.
Autre option envisageable : la clause d’ajustement de durée. Elle garantit une stabilité de la mensualité, avec pour corollaire un allongement de la durée de crédit en cas d’augmentation du taux. Une solution qui alourdit néanmoins le coût total du crédit.
Il fait retenir enfin que les emprunts à taux variable, contrairement aux emprunts à taux fixe, n’entraînent pas d’indemnités en cas de remboursement anticipé. En effet, les contrats à taux fixe prévoient une indemnité qui varie suivant la nature des emprunts réalisés.

Philippe Even
Cogedis

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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