Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " PRODUCTIONS " | Article n°4533 |
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La fraise française concurrencée par l'Espagne et l'Allemagne
 
Comme dans bien d'autres productions végétales, la campagne 2004 n'a pas été favorable aux quelque 3000 producteurs français de fraise. Elle a pourtant démarré dans de bonnes conditions début mars avec les premières "Gariguette" en Bretagne et dans le Sud-Ouest.
"Jusqu'après Pâques, les cours ont été favorables du fait d'une offre nationale modérée due à la fraîcheur du climat. Par la suite, les prix se sont dégradés, les volumes augmentant dans une période traditionnellement creuse en consommation", ont expliqué les professionnels lors de la convention nationale qui a eu lieu à Bénodet les 24 et 25 novembre 2004.
Début mai, toutes les régions françaises étaient en production, avec un retard de 8 à 10 jours. Les volumes ont augmenté et l'Espagne est restée très présente. Les difficultés se sont accrues pour l'entrée dans le cœur de campagne en 2ème semaine de mai. Après une embellie pour la Fête des mères, le marché s'est à nouveau alourdi. "L'import en provenance d'Allemagne et de Belgique s'est fait vivement ressentir". Le consommateur s'est détourné de la fraise pour les fruits d'été à partir de mi-juin.

Augmentation des surfaces de 5% en Bretagne

Plus particulièrement sur la Bretagne, la production organisée a dépassé 1500 t pour la première fois depuis longtemps. Malgré une augmentation des surfaces de 5%, les quantités ont été en baisse en mars-avril. En mai-juin, les tonnages se sont repris mais les cours, surtout ceux de la variété "Cireine" (développée à côté de la "Gariguette"), n'ont pas suivi.
Les fraisiculteurs bretons se demandent par ailleurs s'ils poursuivront la production sur le créneau fin été-automne. "Malgré une diminution des volumes, nous avons rencontré des difficultés de commercialisation (comme en 2003)". En moyenne sur la campagne, les prix ont affiché une légère baisse.
La concurrence grandissante préoccupe de plus en plus les producteurs français. En 2004, 108 800 t de fraises ont été importées au total, soit 21,5% de plus qu'en 2003. Avec 81 800 t (+26% par rapport à 2003), l'Espagne est le plus gros importateur. Le Maroc augmente ses tonnages vers la France de 30% (17 400 t en 2004) et l'Allemagne de 118% (4200 t). Avec 50 000 t produites, la France demeure un acteur discret. Toutefois, les exportations s'accroissent depuis deux ans et la qualité des fraises de l'Hexagone y est certainement pour quelque chose.

Agnès Cussonneau



La production de fraise, "un travail d'artisan"

Producteur à Plougastel-Daoulas (29) et adhérant de Savéol, Jean-Jacques Le Gall juge la production de fraise plus difficile que celle de la tomate. "C'est un travail d'artisan qui demande beaucoup de précision. La gestion des températures par exemple est plus délicate". Dans la zone de Brest, le parc de serre est homogène car beaucoup de producteurs ont reconverti leur outil, qui servait à la tomate, à la production de fraises.
"L'objectif est de récolter précocement (à partir de fin février) un fruit de qualité. Nous exploitons aussi la remontée jusqu'à fin juillet si les conditions sont bonnes au niveau du marché, de la tenue, de la qualité, de l'état sanitaire des plants. C'est d'ailleurs souvent ce dernier facteur qui détermine ou non l'arrêt de production. Nous devons à ce moment réduire la masse foliaire", précise Jean-Jacques.
Les serres verres autour de Brest mesurent de 2,80 m à 3,50 m et sont pratiquement toutes gérées par ordinateur climatique. Le chauffage se fait par thermosiphon avec utilisation du gaz naturel. D'autres producteurs chauffent avec des sources d'énergie telles que le fuel lourd ou domestique, le butane, le propane.
"Les coûts de chauffage sont très variables. Ils se situent en moyenne entre 3 et 4 euros/m2. La plupart du temps, le climat breton entraîne un besoin de déshumidification qui correspond globalement au tiers du coût de chauffage. La nuit par contre, nous ne nous préoccupons pas trop de l'hygrométrie". Autre problème avec le climat breton : les nuits fraîches qui manquent parfois.
Dans ses serres, Jean-Jacques utilise des gouttières déroulées et un éclairage de 10 w par m2. Les plantations se font fin novembre - début décembre avec une densité de 10 à 12 plants au m2. "Il n'y a pas de conduite type. Nous réagissons au jour le jour en fonction du végétatif par exemple… C'est plus facile grâce aux ordinateurs dans les serres. Nous profitons au maximum des journées claires qui sont assez rares sur notre zone".


La fraise en Bretagne

- La fraise est cultivée sur 40 ha par environ 100 producteurs du Finistère et des Côtes d'Armor.
- La "Gariguette" représente 50% de la production. Viennent ensuite "Cireine", "Elsanta" et "Cirafine", des variétés plus tardives.
- 70% des fraises sont produites en serres et en cultures suspendues et 30% en pleine terre.

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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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