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L’Inra vient de mettre à jour les effets bénéfiques des parois de certaines levures pour protéger le bétail contre les mycotoxines. Alexandros Yiannikouris, le jeune chercheur à l’origine de ces découvertes, a même obtenu les félicitations écrites du jury, ce qui est très rare. Jean Pierre Jouany, chercheur à l’Inra de Theix (Clermont-Ferrand), a présenté les résultats le 23 novembre à la presse. C’est lui qui a supervisé la thèse du jeune chercheur, financée par la société de santé animale Alltech, spécialisée dans la production de levures.
Les mycotoxines sont un problème majeur pour les industriels de l’aliment du bétail. Ces substances produites par les moisissures peuvent être responsables de dégats importants sur le bétail, pouvant aller jusqu’à la disparition de troupeaux entiers. Elles ont été découvertes dans les années soixante-dix après la mort inexpliquée de 100 000 dindes en Grande-Bretagne. D’après la FAO, près du quart de la production mondiale de céréales est contaminée « à des doses à risques », précise Jean Pierre Jouany. Il faut dire que les doses en question sont très faibles. Elle peut être toxique à partir d’un seuil de 0,000001 gramme par jour, d’après une étude publiée dans une revue de la Commission européenne. De plus, elles sont très difficiles à détruire par voie chimique ou thermique.
Une intoxication chronique
difficile à identifier
D’après M. Jouany, « il ne faut pas dramatiser l’impact des mycotoxines, qui existent depuis toujours, mais il ne faut pas le négliger non plus. Le problème est qu’elles agissent souvent sous forme d’intoxication chronique, difficile à identifier ». Les responsables de la société Alltech avaient depuis longtemps remarqué que les parois de certaines souches de levures Saccharomyces Cerevisiae protégeaient le bétail contre les intoxications. Mais le principe actif n’avait jamais été identifié. Le partenariat entre l’Inra et Alltech a été jugé « exemplaire » par l’entreprise car il a permis de décrire jusqu’au niveau moléculaire le mécanisme en jeu. Ce sont des molécules présentes sur la face interne de la paroi des levures qui piègent les mycotoxines. Le complexe ainsi formé n’est pas digestible et se trouve évacué dans les excréments. Le produit commercialisé par Alltech, le « Mycosorb » est déjà commercialisé dans de nombreux pays, notamment la Russie qui compte une grande quantité de céréales contaminées. Mais leur commercialisation en France n’est pas autorisée. Denis Gallet, directeur général de la société Alltech, explique que « la législation veut que les aliments contenant des mycotoxines soient retirés du marché. La DGCCRF craint que les parois de levures ne servent à masquer des aliments contaminés ».
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