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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°4527 |
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Une journée régionale pour préparer la future loi d'orientation agricole
 
Représentants du monde agricole (professionnels, salariés, syndicats…), de la société civile, d'associations, élus… Près de 100 personnes étaient présentes le mercredi 24 novembre au Rheu (35) pour discuter de la future loi d'orientation agricole. Hervé Gaymard et Nicolas Forissier, respectivement ministre et secrétaire d'Etat à l'Agriculture, ont en effet souhaité que chaque région organise un débat et puisse ainsi apporter sa pierre à l'édifice de la future loi. Jean Salmon, président de la Chambre d'agriculture de Bretagne, a d'abord tenu à saluer la qualité du dialogue et l'écoute entre les divers acteurs de l'agriculture bretonne. « La glace est en train de fondre ».
Selon Bernadette Malgorn, préfète de Région, la loi doit être éclairée d'une notion désormais reconnue : le développement durable. L'ambition est triple : renforcer la compétitivité de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire françaises, tendre vers une parité des conditions de vie et de travail avec les autres secteurs de l'économie et répondre aux attentes de la société en matière environnementale et alimentaire. La préfète a rappelé que le débat ne devait pas amener à des vœux pieux là où il n'y aurait pas de marges de manœuvre. « Nous devons être lucides et nous inscrire dans un contexte européen et international nouveau ».
Exit le modèle dominant
Parmi les nombreux thèmes, sujets et idées abordés, les nécessaires ouverture et diversification de l'agriculture sont ressorties. Bernadette Malgorn a souligné que l’agriculture bretonne ne devait plus fonctionner avec un seul modèle dominant. Entre les diverses analyses qui prônent la création de valeur ajoutée et récusent les stratégies de réduction de coûts et ceux qui ne jurent que par cette dernière, les Bretons doivent trouver leurs voies. L'amélioration du revenu des producteurs est bien sûr le point de mire.
Les participants au débat ont aussi mis en exergue l'émergence de nouveaux débouchés. « Le secteur des services touristiques, sociaux et environnementaux en milieu rural affiche un potentiel de développement en Bretagne. Par ailleurs, les collectivités considèrent que les débouchés non alimentaires (biotechnologies, biomatériaux, biocarburants…) demandent à être soutenus. L'énergie devient un vrai challenge ». Les activités complémentaires devront être plus facilement intégrables. « Il faut éviter la normalisation, ne pas brider l'innovation ».
Jugée non souhaitable, « l’évolution de la part des aides dans le revenu est pourtant nécessaire compte tenu de la pression à la baisse des prix et des contraintes réglementaires spécifiques qui pèsent sur nos productions », ont déclaré les professionnels. « Il faut donc pérenniser le soutien aux exploitations, en légitimant leur contribution à l’entretien et à la gestion du territoire auprès de la société, et éviter de se donner des réglementations franco-françaises plus exigeantes que la norme européenne ».
La notion de sécurité est également souvent revenue dans le débat. Devant les risques pris, l'incertain, les crises, ceux qui vivent de l'agriculture s'inquiètent. En plus d'outils qui pourraient être imaginés pour mieux gérer les problèmes liés au climat, au sanitaire ou au marché, « la formation à l'adaptation, à la gestion de l'incertitude doit être développée », selon Jean Salmon.

Agnès Cussonneau


Autres points abordés

– En ce qui concerne le rapport du paysan à la terre, des changements sont à prendre en considération tels que la montée en puissance des attentes collectives sur le foncier agricole et le développement résidentiel de la majeure partie de l'espace rural. Par ailleurs, la réforme de la politique agricole commune qui s'appliquera à partir de 2006 aura des conséquences sur les rapports entre propriétaires et fermiers.

– La loi devrait par ailleurs amener à une évolution des structures gravitant autour de l'exploitation agricole, jugées aujourd'hui trop nombreuses et trop coûteuses. "Les OPA doivent éviter la stratégie de survie et répondre aux besoins réels des agriculteurs. Elles pourront concilier une mutualisation régionale avec une proximité dans les actions conduites." Par ailleurs, les collectivités territoriales, dont l'action s'est renforcée avec la décentralisation, sont devenus des partenaires incontournables de l'agriculture. « Il devient nécessaire de clarifier les rôles respectifs de l’Etat et des organisations professionnelles », déclarent les agriculteurs.



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Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Décembre 2004
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