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C'est toute une journée que l'Union des GVA consacre à son assemblée générale annuelle qui chaque année rassemble les responsables et de nombreux adhérents et adhérentes des GVA.
Le matin, 8 visites très diverses étaient proposées aux participants, axées sur des thèmes aussi divers que l'ostréiculture, le maraîchage, l'agronomie, les bâtiments, la vente directe, la Cuma, la gestion administrative, la vente directe ou encore l'habitat et l'aménagement paysager.
L'assemblée statutaire elle-même permet de découvrir l'essentiel des activités réalisées par les groupes de développement. Et cette année l'Union a en plus proposé un débat sur l'adaptation des exploitations agricoles au nouveau contexte agricole et la place des groupes.
Renforcer le lien social
"Les paysans d'aujourd'hui ont besoin de faire le point sur leur exploitation, sur leur vie personnelle et sur les enjeux de l'avenir. Les GVA sont là pour vous aider à trouver les perspectives au niveau professionnel, mais aussi personnel pour continuer à écrire la grande histoire de l'agriculture". Cet extrait du rapport d'orientation résume sans doute bien le travail des groupes de développement.
L'aspect professionnel conserve bien sûr sa place avec en particulier pour l'année à venir l'accompagnement à la mise en place de la réforme de la Pac, l'engagement dans la mise aux normes, l'optimisation technique et économique des exploitations, la gestion administrative, les conditions de travail, les formations techniques et économiques…
Mais, ce qui caractérise aussi les GVA et plus encore leurs sections féminines, c'est l'accompagnement des personnes, sur l'exploitation, mais aussi dans la relation avec leur milieu : "Il est important que les GVA soient des lieux d'expression pour les agricultrices et les agriculteurs, un lieu où se développe et se renforce le lien social. Gardons nous de l'individualisme, du retrait sur nous-mêmes par rapport à la conjoncture", concluait le rapport d'orientation.
À un moment où les agriculteurs sont de moins en moins nombreux, de plus en plus isolés, où beaucoup se posent la question de leur devenir même, il paraît évident que les GVA doivent aider à conserver et renforcer les liens sociaux.
C'est aussi en ce sens qu'est intervenue Françoise Louarn (responsable des Comités de développement du Finistère) lors du débat sur l'adaptation des exploitations agricoles au contexte actuel : "Dans les années 60, ce sont les groupes de développement qui ont fait progresser la production. Aujourd'hui, nous demandons autre chose, mais les groupes me tiennent toujours à cœur car l'individualisme étiole et tue".
Des groupes oui, mais doivent-ils être par filière ou territoriaux ? "Un agriculteur est un producteur mais pas seulement. Il a bien d'autres fonctions et préoccupations et il habite un territoire. La notion de territoire est d'autant plus importante qu'il habite une campagne où il y a beaucoup de non agriculteurs".
Lettre ouverte pour conserver une conseillère
L'assemblée générale de l'Union des GVA a été un peu "animée" par l'intervention des présidentes de Gva et de l'interGVA d'Hennebont pour demander à la Chambre d'agriculture d'assurer le remplacement de la conseillère, Marie France Coudrais, suite à son prochain départ à la retraite.
En cours d'assemblée, elles ont interpellé le directeur, Thierry Kérautret, suite à des rumeurs laissant entendre qu'elle ne serait pas remplacée. Elles ont également adressé une lettre ouverte au président et au directeur de la Chambre d'agriculture, suite à un autre courrier sans réponse pour le moment. En voici quelques extraits :
"Pour que les groupes perdurent, il est important d'avoir une personne chargée de leur animation. Les femmes, au même titre que les hommes ont besoin d'une conseillère agricole pour répondre aux besoins spécifiques de la profession auprès de femmes dans leur diversité; Il nous faut être armées humainement et accompagnées techniquement pour faire face au contexte agricole actuel. Aussi, profiter du départ à la retraite de la conseillère pour récupérer la ligne budgétaire à d'autres fins relève de pratiques que nous sommes obligées de condamner".
Le directeur, puis par la suite Marie-José Petit (Secrétaire générale de la Chambre) leur ont fait valoir qu'on ne peut pas en même temps demander une réduction des charges et le statut quo, mais que, pour l'instant il n'y avait pas de décision de prise. Pour M. J. Petit, "à une semaine de la session de la Chambre, la construction du budget a été difficile. Nous proposerons des décisions de fond qui se traduiront par des ajustements de moyens. Nous privilégions l'approche collective et l'appui aux groupes n'est pas remis en cause. Les besoins légitimes des groupes doivent être pris en compte, mais l'accompagnement doit être optimisé dans la limite des moyens. Je regrette ce mouvement d'humeur".
REPÈRES
L'Union des GVA rassemble 29 GVA, 7 inter GVA et des groupes d'échange, pour 1 569 exploitations adhérentes. Certaines activités sont bien sûr conduites en collaboration avec d'autres réseaux.
Les GVA et leurs sections féminines sont animés par des conseillers ou conseillères, mais aussi par un important réseau de responsables professionnels. L'Union des GVA coordonne leurs activités et organise elle-même certaines actions à caractère départemental.
L'activité des GVA porte moins que par le passé sur les aspects techniques et plus sur la formation, les activités de communication, d'aménagement du territoire et aussi les conditions de travail et de vie, la recherche de revenus complémentaires …
La formation reste une des activités essentielles des GVA et de leur structure départementale. À l'actif des femmes en particulier, l'obtention du BP agricultrice par 236 des leurs depuis le lancement en 1986.
Jean Louis Le Rest
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