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Ce n'est pas la folle ambiance dans la zone légumière. C'est le moins qu'on puisse dire. Au-delà de la crise économique qui, une fois de plus, atteint un des légumes-phares du Nord-Finistère, c'est une véritable crise psychologique qui gagne du terrain. Joëlle Masson, installée à Saint-Jean-du-Doigt, parle entre autres du "désarroi des femmes dans les campagnes. Des femmes qui voient Noël approcher et des cadeaux qu'elles ne pourront pas faire à leurs enfants".
12 000 ha en moins
en 3ans
"Ne venez pas parler de surproduction", poursuit-elle à l'adresse de tous ceux qui commentent sans avoir tous les éléments en main. Des propos repris par Jean-Marc Roué, légumier à Plougoulm et membre de Chambre, qui rappelle les chiffres : "En 3 ans, la surface bretonne de chou-fleur a diminué de 12 000 ha. Cette année, 100 millions de chiffre d'affaires manqueront au compte de résultat des légumiers bretons (sur un total évalué à 450 millions)" .
Parmi les cibles, Thierry Merret, secrétaire général, pointe l'effet déstabilisateur des Peco. "Nous ne sommes pas contre l'élargissement de l'UE. Mais, de grâce, qu'on nous donne les outils pour être compétitif".
La situation difficile crée en tout cas "un climat explosif dans les campagnes", répète si besoin est encore, J.M. Roué qui presse à trouver des "solutions rapides. Car d'ici à fin de la campagne, on perdra 30 % des producteurs".
Dans ce contexte enflammé, les élus de la Chambre se tournent vers les pouvoirs publics. "Arrêtons les effets d'annonce qui ne font qu'énerver les producteurs. D'autant plus qu'une enveloppe nationale représente peu quand elle est ramenée au niveau de chaque exploitation. Sans oublier que l'enveloppe de 10 millions d'euros annoncée ne concerne pas les légumes bretons hors tomate", poursuit J.M. Roué qui plaide pour des "mécanismes, fixés à l'avance, comme avant, et qui anticipent les crises". Se tournant vers le préfet, T. Merret, réclame un accompagnement immédiat. "Les producteurs ne peuvent pas attendre fin janvier".
Devenir de la gestion de marché en question
"Vous êtes moins abandonnés que vous le pensez", a tempéré Gonthier Friederici, préfet, non sans avoir pris soin de dénoncer "les exactions commises lors de la manifestation de Morlaix".
"L'opération pilote chou-fleur qui a été promise sera tenue", a-t-il assuré, en s'appuyant sur une réponse de H. Gaymard au député finistérien Jacques Le Guen. Et d'ajouter : "Un comité de suivi régional, conduit par Louis Biannic, DDA 29, sera mis en place pour le chou-fleur. Une réflexion plus large sera entamée sur l'aspect structurel de la filière légumes en Bretagne".
Au-delà des promesses et des souhaits, la question du projet pilote concernant le chou-fleur, botté en touche par les commissaires européens, reste néanmoins en suspens à ce jour. "Il n'est en tout cas pas normal qu'un dispositif, qui avait été acté, ait été rejeté par un vote des commissaires qui ont ainsi dénié l'avis de la Commission de gestion. Qui plus est, ce vote, est une première au niveau de la Commission", s'étonne T. Merret. Et de s'inquiéter : "La fin du dispositif pilote imaginé en chou-fleur, qui était un pré-modèle pour le porc et d'autres productions agricoles, signe peut-être une fin de gestion des marchés agricoles au niveau de l'Europe".
D. Le Du
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