Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Bovins Viande | Article n°45 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 17 février 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Santé des bovins par l'hygiène et l'alimentation
 

POUR DES PATURES SAINES
Des précautions avec lisiers et fumiers

Les lisiers et fumiers peuvent être en particulier source de salmonelles et de germes du botulisme. Il faut donc prendre quelques précautions pour limiter les risques avec un fertilisant qui a démontré son intérêt agronomique sur prairies.

Des expérimentations menées en particulier par les Chambres d'agriculture, EDE et Institut de l'Élevage ont montré tout l'intérêt agronomique du lisier de porc sur herbe, en comparaison avec de l'ammonitrate. Que le lisier soit épandu sur l'herbe ou injecté, les résultats sont tout à fait comparables à l'ammonitrate, même si avec le lisier épandu on constate une hauteur d'herbe un peu plus forte à la sortie du pâturage (0,6 à 0,8 cm).

Mais encore faut - il que cet intérêt agronomique ne soit pas remis en cause par des problèmes sanitaires car les lisiers et fumiers peuvent être des réservoirs de salmonelles ou encore de germes de botulisme s'il contiennent des petits cadavres d'animaux.

Le stockage est une bonne précaution

Tous les lisiers contiennent des salmonelles, en particulier les lisiers frais, mais à des niveaux très variables qui peuvent aller pratiquement du niveau zéro à plus de 1 000 (et parfois plusieurs milliers) par 100 g de lisier de porc. Bien que l'on ne connaisse pas les doses infestantes pour les bovins, on peut penser que moins il y en a, plus le risque est faible.

Une étude assez récente réalisées par les EDE bretons (avec le concours du Cneva de Ploufragan) sur 4 ans a permis de mieux connaître les évolutions des salmonelles dans les lisiers et sur pâture après épandage (sans enfouissement).

Le suivi des fosses a permis de constater que dans la quasi totalité des cas, les teneurs en salmonelles diminuaient avec le temps, du moins en l'absence d'apport de lisier frais. Au bout de deux mois de stockage, la contamination baisse sensiblement et l'on arrive même parfois à une épuration quasi totale.

Dans pratiquement toutes les fosses, le niveau est descendu dans ce délai à moins de 500 salmonelles et le plus souvent à moins de 100, que l'on peut considérer comme un niveau bas. Un premier conseil logique est donc non seulement de ne pas épandre du lisier frais, mais si possible de le stocker pendant deux mois sans apport de nouveau lisier.

Persistance proportionnelle dans l’herbe

Dans le cadre de la même étude, une quarantaine de parcelles en herbe ont été suivies pendant les mêmes quatre années. Et globalement on constate que la persistance des salmonelles dans l'herbe est proportionnelle aux teneurs du lisier et sans que l'on puisse a priori faire de rapprochement avec les conditions météorologiques.

Pour des lisiers faiblement infestés lors de l'épandage (moins de 100), il n'y a plus de salmonelles au bout d'une semaine. Pour les lisiers moyennement infestés (entre 100 et 500), les survies ne vont guère au delà de deux semaines. Avec des lisiers plus chargés, on peut aller jusqu'à un mois, plus rarement au-delà.

Trois semaines de délai

En pratique pour l'éleveur il n'est pas possible de connaître la teneur en salmonelles de son lisier lors de l'épandage (en raison des coûts et des délais). En plus des durées de stockage, on ne peut donc que conseiller aux éleveurs de respecter un délai entre l'épandage et le pâturage. Ce qui exclu naturellement le lisier en cas de pâturage continu.

Avec un délai de 3 semaines (correspondant au moins à un cycle de pâturage, les risques sont fortement limités. Comme ils le sont bien sûr si la parcelle est destinée à la fauche pour ensilage ou foin.

Une autre solution encore pour réduire les risques est d'enfouir le lisier par injection. Cette méthode n'est pas une garantie totale car une faible partie de l'herbe peut quand même être souillée, mais c'est évidemment une bonne précaution. Elle a bien sûr le tort d'être plus coûteuse mais aussi l'avantage de supprimer les nuisances.

L'ensemble des niveaux de risques se trouvent résumés dans le tableau ci contre (source EDE).

Peu de risque avec le fumier composté

Pour des raisons sanitaires (salmonelles, botulisme), l'épandage de fumier de volailles sur pâtures est fortement déconseillé. Quand aux autres fumiers (de bovin), ils ne sont pas utilisables pour des raisons pratiques.

Pour pouvoir être utilisés sur pâture, ces fumiers doivent être compostés et les risques deviennent alors minimes car en cours de compostage il y a une hygiénisation grâce à la montée en température et au délai. Si l'on utilise cette technique, ce sont les pratiques agronomiques qu'il faut changer.


 

Jean Louis Le Rest


Tous les dossiers "Bovins Viande"
Date de l'article : semaine du N° du 17 au 24 Mars 2000
Imprimer l'article Imprimer l'article



La révolution rurale des années 60





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12487 depuis 1997)