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Des
expérimentations menées en particulier par les Chambres d'agriculture, EDE
et Institut de l'Élevage ont montré tout l'intérêt agronomique du lisier
de porc sur herbe, en comparaison avec de l'ammonitrate. Que le lisier
soit épandu sur l'herbe ou injecté, les résultats sont tout à fait
comparables à l'ammonitrate, même si avec le lisier épandu on constate une
hauteur d'herbe un peu plus forte à la sortie du pâturage (0,6 à 0,8 cm).
Mais encore faut - il que cet intérêt agronomique ne soit pas remis en
cause par des problèmes sanitaires car les lisiers et fumiers peuvent être
des réservoirs de salmonelles ou encore de germes de botulisme s'il
contiennent des petits cadavres d'animaux.
Le stockage est une bonne précaution
Tous les lisiers contiennent des salmonelles, en particulier les lisiers
frais, mais à des niveaux très variables qui peuvent aller pratiquement du
niveau zéro à plus de 1 000 (et parfois plusieurs milliers) par 100 g de
lisier de porc. Bien que l'on ne connaisse pas les doses infestantes pour
les bovins, on peut penser que moins il y en a, plus le risque est faible.
Une étude assez récente réalisées par les EDE bretons (avec le concours du
Cneva de Ploufragan) sur 4 ans a permis de mieux connaître les évolutions
des salmonelles dans les lisiers et sur pâture après épandage (sans
enfouissement).
Le suivi des fosses a permis de constater que dans la quasi totalité des
cas, les teneurs en salmonelles diminuaient avec le temps, du moins en
l'absence d'apport de lisier frais. Au bout de deux mois de stockage, la
contamination baisse sensiblement et l'on arrive même parfois à une
épuration quasi totale.
Dans pratiquement toutes les fosses, le niveau est descendu dans ce délai
à moins de 500 salmonelles et le plus souvent à moins de 100, que l'on
peut considérer comme un niveau bas. Un premier conseil logique est donc
non seulement de ne pas épandre du lisier frais, mais si possible de le
stocker pendant deux mois sans apport de nouveau lisier.
Persistance proportionnelle dans l’herbe
Dans le cadre de la même étude, une quarantaine de parcelles en herbe ont
été suivies pendant les mêmes quatre années. Et globalement on constate
que la persistance des salmonelles dans l'herbe est proportionnelle aux
teneurs du lisier et sans que l'on puisse a priori faire de rapprochement
avec les conditions météorologiques.
Pour des lisiers faiblement infestés lors de l'épandage (moins de 100), il
n'y a plus de salmonelles au bout d'une semaine. Pour les lisiers
moyennement infestés (entre 100 et 500), les survies ne vont guère au delà
de deux semaines. Avec des lisiers plus chargés, on peut aller jusqu'à un
mois, plus rarement au-delà.
Trois semaines de délai
En pratique pour l'éleveur il n'est pas possible de connaître la teneur en
salmonelles de son lisier lors de l'épandage (en raison des coûts et des
délais). En plus des durées de stockage, on ne peut donc que conseiller
aux éleveurs de respecter un délai entre l'épandage et le pâturage. Ce qui
exclu naturellement le lisier en cas de pâturage continu.
Avec un délai de 3 semaines (correspondant au moins à un cycle de
pâturage, les risques sont fortement limités. Comme ils le sont bien sûr
si la parcelle est destinée à la fauche pour ensilage ou foin.
Une autre solution encore pour réduire les risques est d'enfouir le lisier
par injection. Cette méthode n'est pas une garantie totale car une faible
partie de l'herbe peut quand même être souillée, mais c'est évidemment une
bonne précaution. Elle a bien sûr le tort d'être plus coûteuse mais aussi
l'avantage de supprimer les nuisances.
L'ensemble des niveaux de risques se trouvent résumés dans le tableau ci
contre (source EDE).
Peu de risque avec le fumier composté
Pour des raisons sanitaires (salmonelles, botulisme), l'épandage de fumier
de volailles sur pâtures est fortement déconseillé. Quand aux autres
fumiers (de bovin), ils ne sont pas utilisables pour des raisons
pratiques.
Pour pouvoir être utilisés sur pâture, ces fumiers doivent être compostés
et les risques deviennent alors minimes car en cours de compostage il y a
une hygiénisation grâce à la montée en température et au délai. Si l'on
utilise cette technique, ce sont les pratiques agronomiques qu'il faut
changer.
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