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Pour le mois du film documentaire, l’Iris Cinéma de Questembert a choisi comme titre de programmation "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" La soirée de mercredi 10 novembre a été consacrée au thème de l’agriculture, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui en Bretagne.
En préambule, une fiction de 11 minutes : "Mona Lisier", de Clode Hingant évoquait les problèmes de surplus de lisier d’un éleveur de porcs et les solutions peu recommandables auxquelles il accepte de recourir …
Ensuite, un film intitulé "Les chemins de Trémargat" en présence de son réalisateur Thierry Le Vacon. Ce documentaire de 52 minutes, réalisé en 2004, parcourt les chemins d’une petite commune morbihannaise. Dans les années 60, Trémargat a été sauvée de la disparition grâce à une idée partagée par un groupe de pionniers qui s’y sont installés et qui y vivent encore : l’agriculture durable.
L’objectif de ce film, pour Thierry Le Vacon, n’est pas une polémique contre d’autres formes d’agriculture mais plutôt une rencontre avec les agriculteurs de Trémargat dans leur quotidien. Refusant d’être étiquetés de marginaux et revendiquant le titre de paysans, ils disent aimer le métier et le cadre de vie qu’ils se sont choisis parce qu’ils leur apportent du bien-être, de la qualité dans leur travail et répondent à leur désir de solidarité et de convivialité. À travers ces choix assumés, ils prouvent qu’il est encore possible de vivre de ce métier en respectant le sol, les plantes et les animaux.
Discussion sur les types d'agriculture
À la suite de cette projection, les réactions du public n’ont pas tardé, avec près de 100 personnes, issues des milieux variés du monde rural. La discussion s’est engagée sur les diverses pratiques agricoles. Exemple de question : l’agriculture bio n’est-elle pas une utopie dans notre société de consommation qui veut dépenser le moins possible pour son alimentation ? Certains agriculteurs bio ont affirmé que toute l’agriculture pourrait être progressivement convertie en bio si l’on avait le soutien non seulement des consommateurs, mais aussi des politiques, des pouvoirs publics et des syndicats, ce qui n’est que très rarement le cas.
D’autres, adeptes de l’agriculture « raisonnée », ont soutenu que leur « charte » les engageait à respecter l’environnement et les normes d’hygiène. On leur a opposé que celle-ci ne faisait que reprendre le minimum prescrit par la loi qui ne protège pas suffisamment la nature et les animaux. Cette discussion a conduit à un essai de définition des notions de « durable », de « bio », de « raisonné » qui n’étaient pas vraiment claires pour toute l’assistance. Après plusieurs échanges, on en a conclu que ce qui distinguait les deux premières de la troisième était la référence à une charte beaucoup plus exigeante, artisanale, liée au sol (pas de hors-sol) interdisant (pour le "bio") et restreignant (pour le "durable") l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, requérant le respect de l’équilibre sol/ plantes/ eau, et assurant le bien-être des animaux. Le "bio" se distingue encore du durable par les contrôles dont il est l’objet périodiquement…
La soirée s’est terminée autour d’un café dans le hall du cinéma : de petits groupes se sont formés, rassemblant ceux qui avaient confronté très fermement leurs idées dans la salle … Le dialogue, premier moyen de compréhension, commençait à s’amorcer entre les partisans de pratiques agricoles antagoniques.
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