Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°4449 |
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Finistère (29)
Maîtriser la charge de travail
 
Toute modification sur l’élevage est précisément analysée en terme de cohérence du travail. Un silo tour a été préféré au silo couloir pour limiter le besoin en main d’œuvre au moment de la récolte, les terres les plus éloignées ont été gelées, l’élevage est entièrement automatisé, la fabrication d’aliment avec minéraux a été abandonnée au profit de l’utilisation de céréales ou maïs avec un complémentaire…

On n’a qu’une vie

Cette stratégie, Daniel Morvezen l’applique depuis qu’il s’est installé en 1988, mais elle a encore été plus évidente lors de la maladie de sa mère. « On n’a qu’une vie, il faut savoir lever le pied ! » constate Daniel. « A l’époque, nous avions 110 ha dont 40 ha consacrés aux légumes, un atelier de vaches allaitantes, un second de taurillons et l’atelier porc » se rappelle Daniel. Au départ en retraite de sa mère et successivement de son beau-père, les ateliers de vaches allaitantes et de taurillons ont été abandonnés, les légumes également. « Vu la crise porcine, j’ai abandonné l’idée d’avoir un salarié à temps plein. Comme c’était le cas pour mon voisin également, l’idée d’avoir un salarié à temps plein en commun a cheminé, et s’est concrétisée » explique Daniel. Sébastien a été embauché pour 60% de son temps par Daniel, et pour les 40% restant par Bruno. Cette embauche ne s’est pas faite sous forme d’un groupement d’employeurs : Sébastien bénéficie de deux contrats de travail.
Les deux exploitations sont similaires : atelier porc naisseur-engraisseur et cultures. Ainsi Sébastien est dans le même contexte dans les deux élevages « même si chacun a sa manière de faire, et que les conduites en bandes sont différentes » ajoute-t-il. Chaque semaine Sébastien passe trois jours sur l’élevage de Daniel qui compte 160 truies naisseur-engraisseur, et deux jours chez Bruno. Par exemple sur un mois, il est du lundi au mercredi chez Daniel, et les jeudis et vendredis chez Bruno, et ce, pendant deux semaines. Puis les 15 jours suivants, il est les lundis et mardis chez Bruno et du mercredi au jeudi chez Daniel. Quand Sébastien arrive le matin, il sait ce qu’il doit faire « Avec Daniel, on fait rapidement le point des tâches à accomplir lorsque l’on se croise. Chez Bruno, c’est différent, tout ce qui doit être fait est écrit sur un carnet » explique-t-il. Travailler sur deux élevages présente l’avantage de ne pas travailler toujours avec la même personne, et de ne pas faire toujours les mêmes choses. Sébastien travaille sur l’atelier porc mais aussi sur la partie cultures. « L’inconvénient de ce système, c’est qu’à chaque fois que tu reviens sur l’élevage, tout a bougé. Ça complique un peu la prise d’initiative » regrette-t-il.
Les relations entre les deux employeurs sont très simples. « On se voit très rarement. Le calendrier est établi, et il est très rare qu’il y ait des changements dans le programme » commente Daniel. Bruno ayant été lui-même salarié dans un groupement d’employeurs, les règles de fonctionnement ont été clairement établies. Pour Daniel, être employeur c’est savoir se mettre à la place du salarié et ne pas le considérer comme une machine à travailler mais comme un partenaire.

Laëtitia Le Moan,
EDE-Chambre d’agriculture du Finistère



Prendre le temps de gagner du temps !

L’équipe porc de l’EDE-Chambre d’agriculture du Finistère organise trois forums techniques ayant pour thème : « Le travail en élevage de porcs, être efficace et organisé ». Ces rencontres auront lieu le 26 novembre 2004 à Quimper, le 3 décembre à Landivisiau et le 10 décembre à St Renan de 14 h à 17 h.
Outre la présentation des résultats d’une enquête sur les temps de travaux en élevage de porcs menée sur 67 élevages de Bretagne et des Pays de Loire, des éleveurs viendront témoigner sur leurs pratiques, leurs choix de vie, leurs astuces, leur organisation,…
Chacun peut venir échanger avec ces témoins et s’interroger sur sa propre organisation.
Inscriptions : Yvette Le Coz-Yvinec, tél. 02 98 52 49 54.



OPINION

Jean Coz,
président de la commission porcine de l’EDE-Chambre d’agriculture du Finistère

Dans le contexte actuel de la production porcine, l’éleveur de porcs concentre toujours son énergie en priorité sur les choix techniques et financiers. Et pourtant l’organisation du travail est un élément majeur pour l’exploitation qui a des répercussions indéniables sur la réussite de l’élevage et bien sûr la qualité de vie. Les réponses ne se trouvent pas cette fois-ci dans des grandes études scientifiques ou économiques mais elles sont parmi nous. A nous de favoriser le dialogue pour que de nouvelles idées germent dans nos têtes. Ces forums techniques s’inscrivent dans cette démarche. Ils seront d’autant plus porteurs d’actions que vous serez nombreux à y participer.


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 12 Novembre 2004
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