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Pour vous, le yaourt Bio de Danone est-il un produit issu de l’agriculture biologique ? » Si 42 % des personnes interrogées dans le sondage effectué par CSA en novembre 2003, donnent une réponse négative, la majorité ne sait pas (35 %) ou répond « oui » (23 %). Les consommateurs et les plus de 65 ans sont davantage affirmatifs. La confusion existe et perdure. Une cinquantaine de producteurs « bio » sont montés au créneau le 22 octobre en rendant visite à plusieurs hypermarchés de la région rennaise. Ils ont collé des étiquettes sur les yaourts incriminés : « Non bio, consommateurs abusés, paysans en danger ». Et engagé les contacts avec les clients.
Le terme « bio » ne peut être utilisé que pour des produits issus de l’agriculture biologique. La réglementation européenne le précise. Sauf qu’une dérogation existe jusqu’au 1er juillet 2006 pour les marques enregistrées avant le 22 juillet 1991, à condition de préciser sur l’emballage que le produit n’est pas issu de l’agriculture biologique. « Nous avons peur, expliquent les producteurs, que face au développement actuel de la gamme et à la publicité massive autour de la marque, Danone fasse pression pour que la date soit repoussée ». Jusqu’à maintenant les rencontres avec l’industriel n’ont débouché sur rien de concret.
La solution qui les satisferait pleinement serait que les produits de la marque Bio soient élaborés avec du lait bio. L’argument, qui mettait en avant l’insuffisance des volumes, n’a plus de valeur aujourd’hui avec une part importante du lait bio valorisée en conventionnel. Quant aux prix à l’étal, l’écart n’est pas si élevé entre un yaourt nature mention « AB » (1,30 euro les quatre) et un Bio de Danone (1,24 euro). Dans l’immédiat l’industriel n’a pas de produits « bio » en France. C’est différent à l’étranger, notamment aux États-Unis. Pour le groupe, renoncer à sa marque pour en lancer une autre s’annonce être un virage coûteux.
Au rayon des yaourts chez Carrefour, les producteurs n’ont que peu apprécié le fait que les produits bio des deux origines soient placés les uns à côté des autres avec comme séparation un panneau portant de chaque côté le logo « AB ». « Cette présentation continue d’entretenir la confusion, comme d’ailleurs la couleur verte des emballages et de l’étal ». « À ce niveau, la présentation nous est imposée par la direction nationale », ont précisé les responsables de l’hypermarché. Ces derniers ne manqueront pas de remonter les remarques des producteurs à leur fournisseur.
Paul Chauvin
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