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L'évolution des
flores dans les parcelles de maïs est maintenant une tendance générale.
Cette évolution a été particulièrement suivie dans le réseau Observatoire
de la flore conduit dans 7 lycées agricoles de Bretagne de 1992 à 1999.
Les flores observées représentent une gamme d'espèces biologiques
diversifiées. A côté du chénopode blanc et de la morelle noire, la
présence des renouées des oiseaux, mercuriales, mourons des oiseaux,
paturins, arroches, fumeterres, spergules, lamiers, capselles est souvent
répertoriée.
Les vivaces en particulier les chardons liserons et rumex sont aussi en
nombre grandissant. La modification des flores a plusieurs conséquences et
conduit immanquablement à une modification des façons de raisonner et de
réaliser les désherbages.
La prise en compte de la nuisibilité des adventices sur la culture est un
élément dont il est nécessaire d'actualiser les données à partir du moment
où les flores sont plus variées et quelquefois pas toujours prévisibles.
Les levées d'adventices n'interviennent pas au même moment par rapport au
stade des maïs.
Les levées précoces ont un pouvoir concurrenciel important. Les levées ou
relevées tardives notamment au delà de 8 feuilles ne sont pas très
préjudiçiables à la culture. Par contre, il faudra suivre leur devenir et
leur évolution dans les cultures suivantes.
Les stratégies évoluent
Les traitements systématiques sont de plus en plus remplacés par des
interventions ciblées et adaptées au risque parcellaire et en fonction de
la flore. Que ce soit en programme avec pré-levée ou post-levée, les
possibilités d'intervention sont aujourd'hui diverses et variées.
L'arrivée de nouvelles molécules moins mobiles, utilisables soit en
pré-levée soit en post-levée, les possibilités de combiner des
interventions en culture, en interculture et dans les cultures suivantes
sont autant de solutions qui peuvent être adaptées à la situation de
chaque exploitation.
A chacun de choisir ses programmes
La recherche de solutions et de stratégies avec des techniques économes en
produits phytosanitaires commence à porter ses fruits. Les solutions et
les modalités de mise en oeuvre ne peuvent pas être les mêmes selon les
hommes, les systèmes d'exploitation, les milieux pédo-climatiques et le
territoire. Le développement de ces techniques passe par une impérieuse
nécessité d'adaptation locale en terme de faisabilité économique et
agronomique.
Les choix de stratégies sont à faire en fonction des situations diverses
qui se présentent. Il est nécessaire prendre en compte :
- les risques parcellaires :
La situation de chaque parcelle vis à vis de la proximité de l'eau et la
présence de protection et d'aménagements aux abords de parcelles et sur le
territoire sont à prendre en compte de façon prioritaire. La mise en place
d'aménagements sous forme de talus, haies, zones tampons ou bandes
enherbées constitue des outils à la fois efficaces et visibles dans le
paysage pour prévenir les risques de contamination des eaux.
- l'observation et la con-naissance des flores :
Observer avant d'agir pour mieux cibler en fonction des flores présentes
ou attendues est un réflexe à développer. La présence de vivaces, de
graminées estivales, de paturin, d'arroches, de renouées des oiseaux ou
d'amarantes sont autant d'indicateurs qui vont permettre à l'exploitant
d'orienter et de choisir ses stratégies.
Différentes stratégies
Parmi les stratégies possibles, on peut citer :
- les programmes sans atrazine
- les programmes avec des applications de pré-levée et de post-levée
- le passage unique
- la post-levée en flore simple
- la post-levée en flore mixte
- les techniques associant binages et interventions chimiques
- les interventions mécaniques
• Stratégies sans atrazine
Les stratégies sans atrazine impensables il y a quelques années sont
maintenant possibles. En situations d'infestation faible à moyenne, les
résultats sont acceptables pour un coût variant de 450 à 650 F par
hectare. Les techniques possibles sont :
- soit en prélevée avec Diplome, Frontière + Merlin
- soit en post levée avec Mikado + Milagro
Un deuxième passage peut être nécessaire pour compléter le premier
passage. En situation d'infestation plus complexe et (ou) plus importante,
les résultats sont plus problématiques.
• Les programmes de pré- levée et de post-levée
En situation de flore mixte, ces programmes restent la base des
désherbages sûrs et fiables pour un coût variant de 350 à 500 F à
l'hectare. L'intervention de pré-levée permet de contrôler une partie
importante des graminées estivales mais également quelques dicotylédones.
L'intervention de post-levée est ajustée à la flore restante avec un
complément à base soit de Mikado,Basamaïs, Lentagran, Eclat ou Emblem. Les
flores restantes sont en général assez simples car c'est l'application de
pré-levée qui a réalisé le premier contrôle précoce des adventices.
• Le passage unique
Cette stratégie est tentante car elle peut donner d'excellents résultats
en condition d'humidité satisfaisante. Pour autant, des efficacités très
insuffisantes ont été observées ces dernières années en conditions sèches.
Les produits utilisables en pré-levée sont Diplome, Frontière + Merlin,
Lasso + Lagon. En 2000, de nouvelles spécialités sont proposées avec des
performances intéressantes. On peut citer Wing, Beloga,Trophée, Harness.
• La post-levée en flore simple
Il est possible aujourd'hui de différer le désherbage du maïs après la
levée. En situation de faible infestation, les résultats sont corrects
pour un coût variant de 200 à 300 F à l'hectare. Les produits utilisés
sont Mikado, Eclat, Emblem, Lentagran.
• La post-levée en flore mixte
En situation de flore avec des graminées estivales, il est difficile de se
limiter à un seul passage : le plus souvent, il sera nécessaire de
réaliser deux passages ce qui augmentera le coût du programme pour le
porter à plus de 500 F à l'hectare.
L'association Mikado + Milagro malgré quelques problèmes de phytotoxicité
est le mélange qui donne les meilleurs résultats. Les efficacités les plus
intéressantes sont obtenues avec une première intervention suffisamment
précoce. La possibilité d'optimiser les doses en fonction du stade des
adventices est également un atout de cette stratégie à condition d'être
suffisamment pointu, de suivre sa culture et de pouvoir rapidement
intervenir.
L' association Basis + Embleme est décevante en efficacité et peut
présenter des symptômes de phytotoxicité. Le mélange Eclat + Milagro même
s'il paraît séduisant n'est pas préconisé actuellement compte tenu des
risques importants de non-sélectivité.
Les techniques associées combinant désherbage sur le rang et binage dans
l'inter- rang demandent une bonne maîtrise technique et allongent les
temps de travaux. Les techniques associant traitement en plein et binage
avec des outils de grande largeur sont plus intéressantes car elles sont
plus réalistes en terme de temps de travail.
• Les interventions mécaniques
En 1999, les essais du réseau AGPM et de ses partenaires ont porté sur
l'utilisation de la herse étrille. Cette pratique demande une technicité
importante et implique différentes contraintes. La préparation de sol doit
être fine en surface, sans motte ni cailloux, ce qui rend difficile
l'utilisation de cette technique en sols à tendance argileuse, sols
caillouteux, ou sols hydromorphes se ressuyant lentement.
On a pu observer également que l'efficacité est variable selon le type
d'adventices : le contrôle des vivaces et des adventices à racines
pivotantes est plus aléatoire. L'enquête réalisée par les FRCUMA de
l'Ouest auprès de 50 agriculteurs utilisateurs de cette technique a montré
que la herse étrille est utilisée soit seule soit en association avec une
bineuse ou un pulvérisateur.
L'itinéraire technique utilisant uniquement des interventions mécaniques
exige impérativement plusieurs passages et un savoir faire certain :
- réaliser un faux semis
- au stade pointant effectuer un passage de herse étrille. Au stade 4-5
feuilles, réaliser un binage suivi si nécessaire d'un binage avec buttage
selon l’état du maïs et des adventices à contrôler.
On voit bien qu'aujourd'hui, l'objectif de contrôle des adventices dans la
culture de maïs peut être atteint de plusieurs manières. A chacun de tenir
compte à la fois de ses contraintes spécifiques (temps de travail,
situation parcellaire, matériel disponible ) et des conditions
pédoclimatiques de l'année. Dans la diversité des situations concrètes,
les impératifs visés sont bien la recherche d'une efficacité suffisante à
un coût raisonnable et dans un respect de l'environnement. |