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La Section Départementale des Anciens Exploitants (SDAE) du Morbihan, affiliée à la FDSEA, tenait son assemblée générale la semaine passée à Vannes. Des anciens dont les préoccupations majeures, en plus de leur place dans la société, tournent naturellement autour des retraites et de la dépendance. Forte de ses presque 3 000 adhérents, la section des anciens travaille en particulier à faire respecter les engagements et à faire améliorer la situation de certaines catégories.
Trop
de laissés pour compte
En plusieurs étapes, les plus petites retraites pour une carrière complète ont été portées au niveau du minimum vieillesse. Avec 587,75 euros, c'est un niveau qui reste encore très faible. La réforme des retraites a prévu (à terme de 5 ans) qu'elles atteindraient 85% du Smic pour les salariés à carrière complète au Smic et que les retraites agricoles suivraient. On en est pour l'instant très loin puisque sur 44 000 retraités non salariés agricoles dans le Morbihan, moins de la moitié touche le minimum vieillesse.
Et surtout, il reste différentes catégories qui n'ont pas bénéficié, ou peu, des revalorisations, en raison de carrières insuffisantes, de perception de plusieurs retraites (en particulier des mères de famille).
Pour les retraites de base, il reste également encore à satisfaire la revendication d'une bonification pour enfants égale pour tous alors qu'elle est proportionnelle actuellement. Une réforme qui ne coûterait rien à l'État et qui régulariserait une situation particulièrement injuste.
L'obtention de la mensualisation a bien sûr été une satisfaction. Il reste maintenant à régler le problème fiscal puisqu'il y aura 14 mensualités cette année, ce qui entraînerait éventuellement des majorations d'impôts et des pertes sur d'autres prestations. On peut penser que les 2 mois supplémentaires seront ramenés en fin de vie.
Des promesses à tenir pour la retraite complémentaire
La mise en place d'une retraite complémentaire obligatoire est également une victoire récente pour les agriculteurs et plus encore pour les retraités chefs d'exploitation, qui n'ont pas cotisé et la perçoive. Toutefois, celle-ci reste particulièrement faible. Dans le département, un peu moins de 10 000 personnes en bénéficient, dont seulement 4 500 sont au maximum (90 euros par mois).
Les femmes et les aides familiaux en restent exclus, des anciens exploitants n'ont pas assez d'années de chef d'exploitation, ou encore à certains retraités il manque quelques trimestres. De plus, il n'est pas prévu de réversion pour les retraites complémentaires pour lesquelles il n'y a pas eu de cotisations, en pratique pour l'ensemble des retraités actuels.
Il reste également à pérenniser la participation de l'État, en raison de l'indispensable (et juste) compensation démographique. Celle-ci s'applique pour les retraites de base, les cotisations des actifs agricoles ne couvrant que 10% des prestations servies aux retraités.
Pour la retraite complémentaire, le ministère de l'Agriculture avait annoncé une participation de l'État de 50%. Puis elle serait descendue à 40% alors qu'une véritable compensation démographique correspondrait à 84%. Pour l'instant il n'y a pas de véritable garantie sur la participation de l'État et la SDAE demande à ce qu'il y ait un engagement définitif.
Accompagner
la vieillesse
Les anciens agriculteurs, comme l'ensemble des catégories sociales voient leur durée de vie s'allonger (1 an tous les 4 ans). L'APA a été mise en place pour répondre aux problèmes de dépendance et elle est même victime de son succès avec 11 000 bénéficiaires au total dans le département, se répartissant presque à égalité entre les aides à domicile et en établissements.
Mais, avant d'être dépendantes et de bénéficier de l'APA, les personnes âgées ont souvent besoin de se diriger vers diverses structures, en particulier pour le maintien à domicile : «La vieillesse implique un accompagnement spécifique, de nouveaux services auxquels il faudra faire face. L'une de nos préoccupations est de s'assurer notamment que le nombre d'intervenants à domicile sera suffisant».
Un nouveau plan gérontologique
Le plan gérontologique départemental (2000 – 2005) arrive à échéance. Yvette Année (Conseil Général) a fait part à l'assemblée des réflexions sur les orientations d'un nouveau plan pour 2005 à 2010. L'objectif directeur est de permettre de bien vieillir là où l'on se trouve et en particulier à domicile.
Ainsi pour apporter une réponse à toutes les formes de dépendances, en plus des foyers logements, Mapa et Maisons de retraites, le département va développer les appartements pour personnes à mobilité réduite ainsi que les domiciles collectifs pour personnes semi-autonomes (8 personnes).
Les accueils familiaux (pour 1 à 3 personnes) vont être développés, un domaine où les agriculteurs devraient se sentir concernés.
L'équité entre la campagne et la ville sera mieux assurée.
La coordination des Services de Soins Infirmiers (SSI) et des aides à domicile va être renforcée, ainsi que le service d'auxiliaires sociales.
Une tarification des services d'aide à domicile va être établie.
L'aide aux aidants et leur formation (en particulier pour la maladie d'Alzheimer) va être renforcée.
Jean Louis Le Rest
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