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Les « 24 heures de l'élevage » se déroulaient cette année sans l'animation commerciale de la Foire de Pontivy. De ce fait, on a vu sensiblement moins de visiteurs que l'an dernier. Et cela, malgré la présence d'un certain nombre de visiteurs intéressés par la vente de poulains ou le concours de poulains et pouliches d'un an qui constituaient une nouveauté cette année.
De plus, la date avait été légèrement retardée pour pouvoir bénéficier des infrastructures du récent concours national de la Blonde d'Aquitaine ce qui a fait arriver en pleine période d'ensilage de maïs dans le département. Pas étonnant donc qu'il y ait eu globalement moins d'animaux en concours et moins de visiteurs. C'est bien dommage, car dans l'ensemble les présentations d'animaux étaient de très bon niveau dans toutes les races.
Les quatre principales races laitières du département étaient présentes. Les plus nombreuses étaient bien sûr les Prim'Holsteins, mais toutefois moins qu'à l'habitude avec de très nombreuses défections parmi les inscrits. À l'inverse, les éleveurs de Normandes ont réalisé un bel effort en présentant plus de 50 vaches appartenant à une vingtaine d'éleveurs. Les Pie Rouges et les Montbéliardes avaient la participation des années précédentes, mais qui reste un peu trop faible.
Quant aux races à viande, il n'y a plus de concours départemental. La Charolaise avait son concours régional (voir page 7) mais avec la participation d'un seul éleveur morbihannais. La Limousine n'a pas eu de concours, mais une simple présentation. Il était programmé un régional de génisses de 18 mois mais qui n'a pas pu se tenir.
La Blonde d'Aquitaine par contre avait une belle présentation, plus importante que les années précédentes, avec en particulier des animaux qui ont brillé lors du national de la race en ce même lieu une semaine plus tôt.
Prim’ Holstein : les adultes meilleures que les jeunes
Les éleveurs Prim'Holstein avaient inscrit 163 vaches, mais seulement 95 étaient effectivement présentes. La faute à l'ensilage en bonne partie. Le concours était jugé par Jean François Saluden, éleveur dans le Finistère et ancien responsable des inspecteurs Upra. Il a vu « un concours de niveau relevé qui reflète bien le niveau départemental actuel qui se fait remarquer depuis quelques années, et bien que les lauréates du Space soient absentes ».
On a aussi pu remarquer que J. F. Saluden va largement au-delà du « classement » des vaches : « Le travail d'un juge ne s'arrête pas à départager des animaux, sachant que l'on ne détient pas «la» vérité. Nous avons une fonction plus générale et pour ma part, je m'efforce aussi de faire passer des messages à utiliser dans l'élevage, de faire prendre conscience du modèle de vache qu'il faut viser ».
Déception chez
les jeunes vaches
Le juge a pourtant été un peu déçu par les sections de jeunes vaches en première lactation qu'il a trouvées « un peu disparates ». Pour lui, ce ne doit pas être un problème de qualité effective mais de choix des animaux : « Les éleveurs morbihannais cherchent peut-être à venir avec de jeunes vaches accomplies et n'ont sans doute pas suffisamment intégré qu'elles doivent plutôt être des vaches en devenir ».
On serait tenté de lui donner raison si l'on en juge aussi par les résultats du dernier Space où le département n'a pas brillé en jeunes vaches.
À partir des secondes lactations par contre, son jugement change très sensiblement : « À partir des deuxièmes lactations, j'ai trouvé ce que j'attendais. Bon nombre de sections étaient très serrées et reflétaient bien le niveau morphologique de ce département. J'ai rarement eu à juger des sections de vaches âgées aussi bonnes ». Ce qui tend aussi à confirmer les résultats récents des grands concours.
Quant au débat sur le type de génétique en rapport avec les résultats de concours, J. F Saluden remet les choses à leur place : « Je regrette la tendance à opposer les belles et les bonnes vaches. La bonne, c'est celle qui gagne de l'argent et pour cela, il faut savoir manier les génétiques complémentaires. C'est vrai que dans les jeunes vaches on retrouve souvent les origines canadiennes qui expriment plus vite leurs qualités mais ce qui nous nourrit c'est la rusticité et la longévité. La meilleure politique en élevage est une approche globale avec tous les géniteurs et leurs spécificités. Ce qui n'apporte pas de rentabilité n'a pas de raison d'être et il faut abandonner le dogme qui veut que l'on puisse vivre d'un élevage de collection avec des vaches uniquement belles. Il faut une approche plus pondérée de la génétique ».
Normande : une bonne mobilisation des éleveurs
De toutes les races, ce sont certainement les éleveurs de Normandes qui se sont le mieux mobilisés pour leur concours départemental. Plus de 50 vaches appartenant à une vingtaine d'éleveurs ont été classées par Jean Pierre Belleil, éleveur (en gaec) de près de 100 vaches en Loire Atlantique.
Les éleveurs présentaient également plus de jeunes vaches qu'à l'habitude, avec une vingtaine en première lactation, ce qui a permis de juger des qualités de la nouvelle génération. On a pu remarquer en particulier une section constituée de filles du taureau Joachim (qui est beaucoup remonté en Inel). Ce sont en final des vaches bonnes laitières et qui ne déçoivent pas du tout en conformation.
Pour le juge, ce concours est "une très bonne présentation avec des animaux homogènes et de bonnes mamelles. Peut-être certaines vaches fortes productrices en début de lactation manquaient-elles un peu de muscle. Nous avons vu en particulier un très bon lot de Joachim".
Montbéliarde : participation trop faible pour une race qui progresse
Les éleveurs de Montbéliardes n'ont présenté qu'une vingtaine d'animaux au concours de Pontivy. Un niveau un peu juste pour la race qui progresse le plus en effectifs et en nombre d'inséminations sur le département.
Selon le président Frédéric Geffray (de Sérent), "il y a actuellement 250 éleveurs du département à avoir plus de 5 vaches Montbéliardes, ce qui en fait la troisième race du département. Et la progression n'est pas finie, ce n'est pas un phénomène de mode".
Le concours était jugé par Dominique Macé, de St Maudan (22). Il a pu remarquer le niveau assez élevé de la présentation, avec de bons animaux tant en corps qu'en mamelle.
Au plan des résultats, Patrick Hémery (Allaire ) a trusté les prix avec deux vaches, les deux meilleures mamelles revenant cependant à l'Earl Le Clézio à Kergrist.
Pie Rouge des Plaines : qualité et homogénéité des mamelles
Les éleveurs de Pie Rouges présentaient cette année 24 animaux. C'est un peu mieux que l'an dernier mais toujours insuffisant pour avoir un véritable concours dans certaines sections. Cette année, le jury était composé de Raymond Rannou (Pleyben, 29) et Catherine Piel (Guer, 56). Globalement, ils ont remarqué la qualité et l'homogénéité des mamelles ainsi que la solidité des membres.
Une bonne partie des animaux distingués ont déjà été remarqués sur des concours précédents. Les championnes jeune et adulte sont également les meilleures mamelles.
Une mention particulière pour Story (au Gaec de Kerroc'h Vian à Guern) qui cumule les prix.
Race à viande : où sont les éleveurs ?
Après le National de la Blonde d'Aquitaine, les concours départementaux ne pouvaient sans doute que faire pâle figure à Pontivy.
Les éleveurs morbihannais de la Blonde se sont pourtant encore mobilisés pour avoir une présentation d'animaux fournie et de qualité. Avec en particulier des femelles et mâles qui ont participé brillamment au National.
Mais, pour les deux autres races, c'est la débandade et ce n'est certainement pas le bon moyen pour assurer la promotion de la race et des éleveurs. D'autant qu'ils ne peuvent plus maintenant invoquer les difficultés de la conjoncture de certaines années passées.
Au concours régional Charolais, il y avait un seul éleveur du Morbihan (Le Merdy à Plouray) et qui a d'ailleurs particulièrement bien figuré. Mais où sont tous les autres ?
En Limousin,il était prévu un concours régional de génisses de 18 mois. Celui-ci n'a pu avoir lieu faute de candidats et les visiteurs n'ont eu le droit qu'à une simple présentation de quelques excellents animaux morbihannais.
Espérons que pour ces deux races ce n'est qu'un passage à vide et que l'an prochain ce sera mieux. On peut espérer en particulier que les éleveurs Limousins se réveilleront à l'occasion du National de la race qui se déroulera à Quimper du 2 au 4 septembre 2005.
Le concours de jugement par les jeunes
Comme chaque année dans le cadre des concours départementaux à Pontivy, les Jeunes Agriculteurs du Morbihan organisent également leur concours de jugement d'animaux. Les 22 jeunes qui ont participé ont été sélectionnés par les lycées agricoles (Gros Chêne, Kerlebost et La Touche) ou lors de comices agricoles. Ils ont eu à juger deux races laitières et à viande.
Les trois premiers du trophée du meilleur pointeur et également les trois premiers en pointeur de race participeront au concours national au prochain Salon de l'agriculture à Paris.
Jean-Louis Le Rest
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