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Ayons foi en l'avenir". Cette exhortation n'est pas un extrait d'une homélie dominicale, mais celle de la Chambre d'agriculture qui veut redonner confiance à la profession. "L'ambiance n'est pas bonne dans les campagnes. Les agriculteurs manquent de lisibilité", observe le président, Jacques Jaouen. "Mais nous avons des atouts dans notre jeu".
D'atouts, l'agriculture bretonne n'en manque pas. Le savoir-faire, la compétence des paysans bretons font partie des certitudes souvent évoquées. La concentration des industries agroalimentaires en est une autre. Les coûts de production de l'agriculture bretonne suscitent en revanche des craintes dans le nouveau paysage commercial. "Certes. Mais, tout n'est pas catastrophique. Ainsi, oublie-t-on souvent que le coût de production du lait breton est le plus bas d'Europe", rappelle Thierry Merret, secrétaire général.
Des moyens pour ceux qui restent
Reste que l'agriculture aura beau optimiser sa technique. Aura beau s'adapter, se mettre aux normes environnementales, répondre aux multiples cahiers des charges, s'organiser, compresser ses coûts de production, etc., elle n'assurera son avenir que si elle est vraiment soutenue en tant qu'activité économique fondamentale de la région. "Nous disons à la société : N'attendez pas qu'il soit trop tard pour mesurer le rôle essentiel de l'agriculture dans l'aménagement du territoire", insistent les élus de la Chambre. "Mais la profession ne pourra pas être seule à porter ce projet. C'est pourquoi nous le répétons : il y a urgence pour un plan stratégique agricole et agroalimentaire pour la Bretagne", complète J. Jaouen.
Au-delà des aides nécessaires, apportées par les élus pour ceux qui veulent quitter le métier, la Chambre d'agriculture réclame une politique offensive qui s'adresse aux agriculteurs en place et à venir. "Nous demandons des moyens pour que nos exploitations soient viables et transmissibles, économiquement et socialement. Il faut que la réglementation rende cette équation possible". Pour atteindre cet objectif, l'organisme consulaire en appelle "au courage politique". Autrement dit, la Chambre presse les élus politiques pour desserrer les boulons administratifs. "Que l'on nous donne de l'air pour nous adapter".
L'adaptation en question concerne entre autres "l'optimisation des exploitations laitières sans qu'elles soient obligées d'investir lourdement dans le foncier". Concerne les mises aux normes au travers du traitement collectif. Concerne la restructuration en production porcine si "le décret l'autorisant était enfin signé", etc.
Le desserrement de l'étau administratif serait, selon les élus, une clé pour l'évolution des exploitations agricoles. "La profession a ses propres propositions concrètes. Donnons-lui les moyens de les mettre en œuvre", martèle J. Jaouen, proposant même, comme l'a évoqué le ministre de l'Agriculture au Space, de faire de la Bretagne une zone d'expérimentation pour l'adaptation au nouveau contexte international. "Compte tenu de la rapidité d'évolution, il y a urgence", répète le président.
Didier Le Du
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